‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 4)Chapitre 70 sur 189 · MÉNAGE · texte numérisé non relu

MÉNAGE

Il n'y a pas moyen de viure plus long temps sans vous voir, et particulièrement sachant que vous estes indisposée. Quelque resolution que i'eusse prise de passer icy le reste du mois, ie m'en retourneray donc demain à Paris, et seray chez vous sur lesquatre heures au plus tard. J'ay aussi bien de l'impatience d'embrasser nostre illustre Ami, et ie vous prie de le luy bien témoigner, si vous le voyez auant moy. Mille baisemains a Agelastre. adieu iusqu'a demain. . .

(Autogr. de Vichy, s. d. ; Bib. V. Cousin.)

HuÈT :

Mons' du four m'apprend, Monsieur, lenouuel accident qui vous est arriué (J'en suis allarmé et affligé plus que je ne vous lesaurois dire) Je vous conjure par n|ost]re ancienne amitié de me faire escrire dans ces Mémoires que je reçois si ponctuellement de v[ost]re part. Testât ou vs estes, et le progrez, ou plustost la fin de v[ost]re mal.

Phoebe faue, laus magna tibi tribuetur, in uno Corpore servato restituisse duos.

Je vous remercie très humblement de l'auis que vous m'auez donné des plaintes obligeantes que Monsieur de Montausier a faites de n'auoir point receu de mes nouuelles depuis que j'estois a Bourbon (Il ne se souvient pas que je me suis donné l'honneur de luy escrire de fonteuraud) Depuis mon retour en ces quartiers, j'ay fort peu escrit, par ceque j'ay mis tout mon tems a quelques estudes, et quelques affaires indispensables. J'espère vous rendre compte detout dans peu de jours-et en vous embrassant très tendrement vous assurer que je suis auec vne fidélité a toute epreuue, Monsieur vostretrés humble et très obéissant seruiteur.

(Autogr. d'Aunay le 2 octobre 1689 ; Bib. V. Cousin.)

Racine :

L'vn trauaille heureusement a soustenir la gloii'e delà nauigation. L'autre se signale dans les premiers emplois de la guerre. L'autre donne tous ses soins a la paix, et renuerse tous les obstacles que quelques désespérez vouloient apporter a ce grand ouurage. Je ne finirois point si je vous mettois deuant les yeux tout ce qu'il y a d'illustre dans vostre maison. Vous entrez Monsieur dans une Compagnie que vous trouuerez pleine de ce mesme esprit de ce mesme zèle. Car je le répète encoi'e nous sommes tous riuaux dans la passion de contribuer quelque chose a la gloire dvn si grand Prince, Chacun y employé les différons talens que la nature lui a donnez. Et ce trauail mesme qui nous est commun ce Dictionnaire qui semble de soi mesme vne occupation si sèche et si espineuse, nous y trauaillons auec plaisir. Tous les mots de la langue, toutes les syllabes nous paroissent pretieuses parce que nous les regardons comme autant dinstrumens qui doiucnt seruir a la gloire de nostre auguste Prolecteur.

(Bib. Nat., f. fr., 12887, 100 r" et v°.)

APPENDICE ll>l

BoiLEAi:

Monsieur Racine est présentement tout occupé a finir sa pièce qui sera vraisemblablement achevée cette semaine II vous prie donc Monsieur de remettre a la semaine qui vient le récit que vous souhaittés qu'il fasse a Madame De La Moignon et au p. De la Rue Pour Auteuil il netiendra qu'a vous de l'honnorer quand il vous plairu •de vostreprésence Jcserois bien aise néanmoins que vous le vissiés dans tout sou •éclat, c'est a dire avec un Soleil digne du mois de Juin et nonpas dans unejournéo de pluies etde frimats comme celle d'aujourdui Jesuis vostre très humble et trô obéissant serviteur.

(Autogr., Coll. Bovet.)

MOLIÈKE :

J'ay rcccu de Monsieur le seig thresoricr de la bourcc des Estais du languedoc la somme de six mille liures a nous accordez par messieurs du Bureau des comptes dilaquelle somme ic le quitte faict a Pezenas ce vingt quatriesme iour de feburici- J656.

{Rapport sur la, découverte d'un autographe de Molière, par M. de la Pijardière. Montpellier, 1873.)

Lafoxtaixe :

Je vous promis par le dernier ordinaire la description du chasteau de Richelieu ; assez légèrement pour ne vous en point mentir, et sans considérer mon peu de mémoire, ny la peine que cette entreprise me deuoit donner : pour la peine, ie n'en parle point, et tout mari que ie suis ie la veux bien prendre : ce qui me retient, cVst le défaut de mémoire ; pouuant dire la pluspart du temps que ie n'ay rien veu de etque i'ay veu, tant ic sçais bien oublier les choses, auec cela, ie crois qu'il est bon de ne point passer par dessus cet endroit de mon voyage sans vous en faire la relation, quelque mal que ie m'en acquite, il y aura tousiours a profiter : et vous n'en vaudrez que mieux de scauoir, sinon toute l'histoire de Richelieu, aumoins quelques singularitez qui ne me sont point eschapéés par ce que ie m'y suis particulièrement arresti'-.

(Let. autog. non signée, de Limoges, 12 sept. 166:5 : Bib. Arsenal, ms. 5132, f" 123.)

Th. Corneille :

Je suis fâché, Monsieur, que vous ayez sujet de vous plaindre de M''. Brunet. qui m'a paru auoir toujours des procédez d'honneste homme. S'il a fait Imprimer a vostre Insccu vos fables d'Esope, il a tort, et Je l'aurois beaucoup dauantuge si J'auois eu la moindre pensée de vous chagriner, ayant une véritable estime pour vous. Je vois bien cependant, Monsieur, qu'il est bon de vous apprendre comment J'ay eu connoissance <le vostre livre.

(Autogr. à l'abbé de Bellegarde du 13 sept. 1702 ; Coll. Morrison, pi. 55.)

La Bruyère :

Monseigneur, Comme mon unique application est d'avancer les études de Monsieur le duc de Bourbon, et que je travaille à cela à Versailles du matin au soir sans nul relâchement, ma plus grande joie aussi est d'en rendre compte à Vostre Altesse Sérénissime.... J'entrerai demain dans l'histoire de Charles VIII; la vie de Louis XI nous a mené [sic] au delà de ce que je pensois, soit par le nombre et l'importance des événements, soit aussi faute de temps, que je partage avec bien des maîtres.

(Let. dans l'éd. Servois, II, 477.)

Abbé Delavau, directeur de l'Académie :

La Compagnie ayant esté avertie de bonne part que le dictionaire de F'uretiere estoit achevé d'imprimer en Holande, et qu'au mespris de son privilège, de ses arests confirmatifs, et mesme des deffenses expresses du Roy d'avoir commerce avec les Holau'-

Histoire de la Langue française. IV . 11

dois eneniis déclarez de l'Estat, un libraire de Paris intéressé à cette impression se préparoit à le faire entrer dans le Royaume pour le débiter, il fut jugé à propos de tâcher à empescher une chose aussi injurieuse que celle là à l'Académie, et aussi préjudiciable aux interests de son Imprimeur. Plusieurs moyens furent proposez, mais on s'aresta à deux seulement. . . L'autre fut d'aler au Roy qui a joint à tous les avantages qu'il a accordez à l'Accadémie celuy de vouloir estre son protecteur et de luy faire l'honneur d'en prendre le filtre. On jetta les yeux sur mons. le Président lîose pour une fonciion si importante et si délicatte. . . Deux jours aprez on fut surpris que mon dit S'" le Président raporta qu'il avoit non seulement pressenti la volonté du Roy, mais que l'ayant informé du fait, il avoit receû ordre de Sa Majesté d'aler trouver de sa part monsieur le Chancelier et M"^ de la Renie, et de leur dire que son intention estoit qu'ils envoyassent chercher le seindic des libraires et ses adjoins..

(Reg. de l'Académie, 28 nov. 1689, signé de l'abbé Delavau, directeur, éd. Marty-Laveaux, I, p. 298-299.)

Perr.^ult :

....mon dialogue de Leloquence est asheué je le reuois et me dispose a le faire imprimer incessamment. Je voudrois bien monsieur pouuoir vous mander quelques nouvelles de Lacademie, mais l\ ny a rien de nouveau a son égard. Demain expire la magistrature de M y Corneille le plus débonnaire de tous les Directeurs qu'a jamais eu lacademie et celle de M y Rose le plus vigoureux et le plus rigide des chancelliers qu'elle aura jamais, on trauaille a L S. dans vn bureau et on fit hier le mot de sien et sienne pronom possessif relatif et dans lautre bureau on trauailla au mot de tâsclier. on a beau faire le trauail ne va pas plus viste qu'a lordinaire et II ira toujours de mesme la difficulté et le retardement sont dans la chose qui demande du temps et mesme a proportion de Ihabileté des ouuriers qui nuit plus a laccelaration de louurage qu'elle ny sert. Je suis avec passion, Monsieur Vostre...

(Autogr. du l"juil. 1689, Bib. V. Cousin.)

M.\I.EBRANCHE :

Il n'est pas facile Madame, dexpliquer comment la Substance divine est représentative de tous les êtres Mais le fait est certain car Dieu ne tire que de lui même les idées qu'il a des créatures de toute éternité. Cest une propriété de Linfini, incompréhensible par conséquent a tout esprit fini, quil est un et simple et quil contient en lui toute la realite de la multiplicité infinie des êtres créez et possibles. Jai dit sur cela plusieurs choses qui seroient trop longues a écrire, dans mes deux premières réponses a M Arn. et jaurai Ihonneur de vous en entretenir. Jaurai aussi Lhonneur de voir Mad^'* votre fille a la conception puisque vous le souhaittez. Je suis avec bien du respect Madame Votre très humble et très obéissant serviteur.

(Autogr. s. d., Bibl. V. Cousin.)

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