FÉNELON
a cette demande de son anneau Acante paslit et fut embarrassé. Telemaque dont les yeux étoient toujours attachez sur lui l'apperçût. il prit cet anneau, je m'en vais, lui dit il, l'enuoyer a Adraste par les mains d'un Lucanien artificieu.x nommé Polytrope que vous connoissez et qui paroitra y aller secrettement de vôtre part. Si nous pouuons decouurir par cette voye vôtre intelligence auec Adraste, on vous fera périr impitoyablement parles tourments les plus cruels. Si au contraire vous auouez des apresent vôtre faute, on vous lapardonnera, et on se contentera de vous enuoyer dans une isle delà mer ou vous ne manquerez de rien.
(Bib. Nat., f. fr., 14944, f» 369.)
Bayle :
. . . .J'ai parcouru depuis peu quantité de lettres de feu M. Bigot à M. Nicolas Heinsius, et i'ai remarqué dans quelques unes qu'il lui avoit demandé quelle ville s'etoit qu'Ursellae, ou l'on voit quelques livres imprimes ; il lui en cotte quelques uns ; i'en ai remarqué et i'en remarque tous les iours plusieurs autres ; cependant c'est uhe Yille dont aucun dictionnaire géographique ne fait mention, je ne sai pas si M. Hein-
APPENDICE lH;i
SUIS april où elleetoit ef quclestson nom viilf^aire, car peutetre eslce un nom déguisé. ..
(Autour., Bib. Y. Cousin.)
Saint-Simon :
11 y a douze ans, Sire, que vous en essayez avec une persévérance que rien ne rebutte, essayez d'un abandon plus seur et Vostre Majesté mesme sera surprise de la facilité du succès d'une cheutte qu'elle ne peut pas ne point désirer, puisque sa gloire ny sa maison ne peuvent avoir une plus dangereuse ny une plus ingratte ennemie.
(Mémoire pour être remis au Roi, autogr. dans A. Baschct, Le Duc de Saint-Simon, Paris, 1875, p. 417.)
l""^ SÉRIE. — Dames de la Cour.
Gai». d'Esthées :
Je meurs de peur a surez moy je vous supplie en me di sant comme se porte le plus braue du monde je crains que son mal ne soit grand puis que aultre cause ne me deuoit priuer de sa presanse au jourdny diman des nouuelles mon caualie puis que tu sais combien le moindre de tes maus mest mortel conbien que par deux fois jaye seu de vostre état au jour duy je ne saurois dormir sans vous en voier mile bonsoir : car je ne suys pas douée dune ladre constanse. je suis la prinsesce constante et sansible pour tout ce qui vous touche et in sansible a tout ce qui reste au monde soit ))ien ou mal.
(Lettre autogr. à Henri l'V, s. d. ;Bib. Nat., N. acq. fr., 484, p. 45.)
M""' de Rouan :
Madame Linpacience que iay devoir v[ost]re Majesté me fait preuenir ce bonheur par ce pettit témoignage pour luy en donner une entière asseurence et puis Madame la Raine vous rendent ceste preuue de son affection par lenuoy de ce gentilhomme ieussecreu auoir mauuaise grâce de menquer a ce deuoir par luy mesme pourasseurer v[ost]re maieste que personne ne receura dens ceste entremiçe plus de contentem[ant] que moy et dens ceste impacience ie la suplie treshumblement de ne douter que nulles de celles qui sont honorées de ses bonnes soyt plus que moy Madame...
(Autogr. d'août 1620, Bib. V. Cousin.)
Marg. de Lorraine, dichesse d'Orléans:
Madamoiselle ma belle fille dans lés continuelles ennuis que cettevie maporte, iay resceu vne ires grande consolation cette sepmaine par la réception de vostre belle peinture vous maué autant obligé comme ie la souhaittois et vous asfecfione de tout mon coeur le vous rendrois volontiere la mienne, mais ma triste assiete demende plus tost que dieu mappelle de ce monde y laissant la mémoire de mes souffrances que dy faire veoire ma peinture en vie, croyé néantmoins sil vous plaist ma très chère fille quen quel lieu ou condition il plaira a la diuine prouidence me mettre ie seray touiours vostre vous ayment et estiment très parfaictement. le vous recommande Monsieur vostre bon papai et prie den continuer le parfaict soing que ie ne doute quen aué qui sera le plus grand seruice que me pouuez rendre qui suis Madamoiselle ma belle fille Vostre tresaffectionnee belle mère Marguerite.
(Autogr. de Bruxelles 16 juillet 1639, Bib. V. Cousin.)
M"" DE LONOUEVILLE :
Monsieur sy vous n'aués pas perdu le souuenir de léstime particulière que Jay tousiours eiie pour vous et de la part que jay touiours prise a tout ce qui vous a regardé vous croirés aysement que vostre afliction mést Ires sensible, mais comme
de longs compliments neradouciroicnt pas Je pense qu'il vaud mieux que J'acourcice le mien et que Je vous proteste seulement que Je suis Monsieur Votre très affectionnée a vous faire seruice 11. de bourbon. debourdeaux ce 28 Mars 1632.
(Autogr., Bib. V. Cousin.)
M"« DE MONTPENSIEH :
Si ie voules mexcuser il me seret difisille cet pour coy il vot mieux auouer ma fote et es perer que la confusion dans la quelle ie suis de lauouer en est vime ases rude penitanse pour en es perer le pardon iay este tout afaict fâchée de la mort de M'^ Girard setet unhoume de mérite et pour qui iaues de lestime et ien suis fâchée et pour luy et pour vous car set vnne grandeperte de perdre vnne sosiete pareille âla siene dans vnneprouinse ou on nentrouue pas souuant ni de gans fais comme luy.
(Lettre autogr. du 25 mars 1662 ; Bib. Nat., N. acq. fr. , 4815, f* 204.)
Henriette de France:
Mon cousin ranuoyant le s' de montegue auec tout pouuoir de conclure si vous aues enuie de continuer une amitié la reponce quil porte estant ossybonne quil se peut ne doutant point que vous ycontribueres par v[ost]re soing a acheuer une affeire que vous aves mise en vn sybon chemin je conffesse que nust estte le désir que jauois de montrer que se que jentreprand je Le peux acheuer jusse lesse alambassadeur aavoirsa reponce car il a pressée auec trop de soing pour ne luy estre envoyé que comme vous me mandes par la lettre que je viens de reseuoir de vous.
(Autogr. de 1632, Coll. Morrison, pi. 86.)
M"' de Montmorency ;
... vous sachant ancore dan des périls continuels don ie prie dieu vous retirer auec la gloire et lauantage que ie vous souete mes il fault ausi que ie vous coniure de ne vous exposer pas si souuan vous êtes trop nesesere au seruise du Roy et au oontanteman des personnes qui vous honoret conme moy ie vous coniure de le crere et de me conseruer vos bonnes grascs puis que ie suis vostre. . .
ma fille est vostre seruante elle ma priée de vous an asurer ma belle fille ne se porta iames mieus dieu merci.
(Autogr. du 1" janvier s. a., Bib. V. Cousin.)
M""' de Beauvilliers :
Mabone et chère sr Je croy q[ue] vous aurez reçeu vne lettre q[ue] ie vous ay escritte depuis quelques Jours, Jadiouste ce petit mot pr vous supplier treshumblementde mobtenir vne faueur de vos Mrs pr mes petits nepueux de st Aygnan lesquels souhaittent vne méthode francoise pr lelattin quils ont pr la ieunesse vous mobligerez parfaictement ma boneet chère sr de ceste grâce q[ue] ie vous demande auec instance et celle de me croire parfaitem[en]t Mabone et chère sr Vostre. . .
(Autogr. de Montmartre, 6 novembre s. a., Bib. V, Cousin.)
M""* DE COMBALET, DUCHESSE d'AiGUILLON :
encore quil ne soit pas besoin de vous suplier de ne point parler des choses q[ue] 1 on vo confie vo'aues tant de bonté q[ue] vo naures pas désagréable q[ue] ie vous coniure de ne parler a persome de ce qfue] ie vo ai dit ny tesmoigner en scauoir rien en cas qfue] quelqu'un vo le dit ie vo dirai pour quoi ie vo faits cette suplication quand iauray l'honner de vo voir ce Lundi a minuit.
(Autogr., Bib. V. Cousin.)
APPENDICE 16r>
M"° DE LA Vaixiérf. :
ns sauons((uil n'est trop nécessaire de vs presser et que vs faite les choses dans lordre auoc soin mais comme elle ns est recommendée par vne personne que ns estimons baucoup ns n'auons pas cru deuoir ns dispenser de vs témoigner linteret que ns y prenons ayant desja eu des marques de vrê honesteté !
(Aiitogr. à d'Hozier, 28 janvier 1693; Coll. Morrison, pi. 103 v°.)
M"" riE MONTESPAN :
M' colbert est a versaille et ie me disposest a li aler chercher an sortant de table mest comme ie parlest de mon voiasgele roy adit qui li menest lareyne aprest dinay et quil ni alet que se qui scret dans son carosse ou vrest samblableraent ie devrais auoir plasse mest il nest point dérègle sur se quy a raport amoy insy il i'ault atandre iusque a demain au soir.
(Autogr.de 1682 à M"« de Montpcnsier, Coll. Morrison, pi. 127.)
M'"" i>E Maintenon :
Ma plus grande consolation après la soumission a la volonté de dieu est ma gande vieillesse. Mon estât seroit bien triste sil pouvoit durer longtemps Notre Mère receuthier nostre seigneur, elle nest ni hors de danger ni désespérée vous auez trop de charité Monsieur et trop damilié pour moy pour moublier dans vos prières.
(Autogr. du i janv. 1716, Coll. Bovet.)
Duchesse de Bourgogne :
Je ne puis estre plus longtemps ma chère grand niere sans vous écrire mais tous ces temps icy ne mon pas donne un moment de repos car Ion estoit tousjours dans des inquiétude continuelles et avec toutes ces agitations jay eu une fluction dans la teste et sur les dans qui ma fait beaucoup soufrir et le tout joint ensemble a bien trouble ma santé mais jespere a Iheure quil est que je vais estre plus trenquille et me remettre ie souhaitte que la vostre ma cherc grand merc soit telle que ie vous la désire et que vous me continuyes tousjoiu" vostre presieuse amitié.
(Autogr. du 17 septembre I70S; Coll. Morrison, pi. 18.)
2'' sKRii:;. — Femmes m: lkttkes.
La mjîre AMiÉi.iyuE :
Mon H. Père I C. se douant a nous vous sanctifie pur sa grâce, nous avons reccu vos secondes (lettres] avec beaucoup de joyc ne nous étonnant pas des dilicultes bien <(ue jay bien compassion de vous qui les soutenes mais jespere (|ue .1 C. la gloire duquel seule vous regardes En cette negossiassion vous fera sentir son assistance très particuliei-e nous avons distribue vos lettres celles de M' vincenta luy même et liiy -celle de M' du val qui la receue de très bon coeur mais qui trou\ ant beaucoup de dificultes a lafeire En veut parler au R. P. de Condren avent que den esrrire Ce qui ne cest peu faire avent que ce courier partit ce sera dieu aydant pour le premier M' Vincent a une alTection pour lafeire tout entierre et dit que desia II jouit des frnitz quelle aportera.
[Let. autogr. du 2,i mars 1627, dans Gazier, l.'orlho(jrni>lie (le nos pères, 1890, 13.)
Catherine i>e Vivonne M"" ue Ram roui i.let :
Monseigneur Jauois desia essaye par une lettre de laquelle M' daticlii a voulu estre le porteur de vous dire auecq combien de respecq et de sentiment iapprens
iOO IIISTOIli::; de la LA^GUE FIIANÇAISE
les lioiinciirs et los boulez qui- mon fils recoil de vous mais la lellrc de Monsei};neiir que vous m'auez (aicl riionneur de mescrire mobliffc a vous en rendre de nouuelles grâces...
( D'après Vlsoifraphie.)
M'"" Dli MoTTKVII.I.E :
il ne vous ariuera jamais rien Monsieur soil de bien ou de mal que ic ny i)rennc vue part toutte entière ie me rejouis donc Monsieur de voii- (jue vous vous estes enlin destiné, alordinaire destinée des [iiomnes ie prie dieu quil bénisse votre Mariag^e et quil NOUS rende aussy heureux que vous mérites de lestre iey subjet de men rejouir doublement car Madame lauocat est despuis lonj^temps vne de mes meilleures amies.
(Let. autojjr. du 22 may, s. a ; Bib. Arsenal, Ms. 6626, f" 408 r».)
M"" i>E Sci i>KRY :
Je nous remercie, Monseigneur de mauoir ajjris ([ue nostre Ami a eu beaucoup de voix ie ne le sauois pas.M'pauillonest fort honneste homme et pardessus cela cousin germain de M° de ponchartrain, il est certain qu'il n'y pensoit pas ie le scay de certitude si M' de Meaux et M"^ Danjeau eussent esté a l'Accademie ie croy que M"^ de la Loubere l'eust emporté ce sera pour ime autre fois il se porte assez bien jjour voir une autre occasion, ie suis bienaise Monseigr que vous conties ma voix pour quelque chose mais si vous connaissies bien mon C(eur vous me mettries du moins au premier rang de vos Amies et peutestre a coste de vos premiers Amis car pei'sf>nne nest plus que ie le suis vostre très humble et très obéissante semante.
(Autogr., Hib. V. Cousin.)
>Ji>"o\ ni; Lanci.os :
Quand vous songes a moy creies bien que vous ne songes pas a vne ingrate j'auois niesme quekjue petlit dépit dauoir appris que vous esties venu chez M"''' de Scudery.
(Autogr.; Coll. Bovet.)
M"" nE L.M'AYETTE :
11 ny a jour que Ion ne parle iey de vous escrire toutes les soirées se finissent en disant mon dieu escriuont donc a ce pauure M"^ de Pomponne mandons luj' combien nous nous ennuyons de ne lauoir plus et lenuie que nous auons quil reuienne cela ce dit touts les soirs et ce remet toujours au lendemain et le plaisir de la conuersation ou le raissonnement sur les nouuelles fait qu'on ne lexecute non plus le lendemain que Ion lauoit fait le jour auparauant.
(Let. autogr. du 2i mars s. a. Bib. Arsenal, Ms. 6626, f° 3S3 r».)
M"" I>E SÉVIGi\É •
Monsieur vous me permettres de souhaittei' la paix car ietrouue auec vostre permission quune heure de Conuersation vaut mieux (pie cinquante lettres, quand vous seres iey etque iauray Ihonneur devons 'voir ievous feray demeurer dacort quela guerre est vne fort sottechose ien souhaitte la fin auec passion et la Continuation de vos bonnes grâces dont iefais une estime toute exti'aordinaire et suis avec vérité Monsieur Votre très...
Let. ù Lenet, du 25 mars 16 i9, signée M. de Uabutin Chantai, Bib. N'at. ms, Lcnet, t. XXVII. fonds français, n" 6729, f" 6, imprimée dans l"éd*" des Grands Ecrivains, I, 397. et reproduite dans V Album.)
M"" !>E i-A Saulière :
Je suis sy touciiéedela lettre que j'ay reveuë de uous, mon reucrcnd pcre que sy jâuois peu uous en aller remercier moy mesme je laurois fait mais par ce temps la je nay peu (juilter le coin démon feu je \'oy dens se <jue uous me meudés une bonté
et une vrayc pieté qui est sy rare que le ne la croy prequ'cn personne parce quelle ne se trouve poingt se que nous me dittes est bien plus capable de me toucher que tous les controoUemens des autres ie nous auoi'ie auec ma bonne foy ordinaire que ie voudrois bien estre devotte mais que ie ne la suis guerejày une sy grande idée des dcuoirs d'une véritable pieté que je nây pas la force dy songer par la quantité de choses qu'il me paroit qu'il faut abendonner et d'un autre causté quand on a de bonne mœurs comme je puis je croy sens orgueil vous dire mon reucrend perc que j'en ai...
(Autogr. au P. Rapin, s. d.; Coll. Morrison, pi. 100.)
M"" Deshoilièhes :
Que de chagrins j'aurois si ce retard deuoit vous en causer, mais je me flatte que non et ((ue les argonautes pourront l'entendre avant leur départ, qui je crois n'est pas si près que vous pensez, nous aurons samedy une lecture nouuelle d'un acte tout entier, l'auteur, yi' le duc de Neuers, et moy, nous comptons sur vous : la compagnie ne sera pas nombreuse mais elle vous plaira, ainsy, ma chère et belle heroync, ne nous manques pas et me croyes vostre bonneamye.
(Autogr. du !<"■ déc. s. a., à M"" de Scudéry ; Coll. Morrison, pi. 63 v°.)
M°" Dacieh :
...vous ni'aués fait la grâce dt me promettre de représenter a Mons' de Montausier que ce sont deux Aucteiirs, et ie suis persuadée, Monsieur, que si vous aués la bonté de le faire je serai payée sur ce pied là. Je vous assure, que s'il enestoit autrement, je ne pourrois que faire, et que je n'aurois pas dequoi payer la moitié de la despense qu'il m'a fallu faire en attendant l'Impression de cet ouvrage.
C'est ce que je vous conjure de vouloir bien représenter à Mons' de Montausier, comme aussi qu'il me faudra encore tenir ici sur mes cofres pour faire imprimer Aur. Victor.
J'espère que vous m'accorderés cette faneur, mais au nom de Dieu, Monsieur, accordés la moy promptemcnt et me pardonnes lembarasqiie je vous donne, surtout soyés bien persuade que personne n'est auec plus de i"espect que moy, Monsieur...
(Autogr., Bib., \. Cousin.)