‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 4)Chapitre 81 sur 189 · LES CONSÉQUENCES · texte numérisé non relu

LES CONSÉQUENCES

décidera à supprimer la difficulté, en rayant Vs non prononcée de l'orthographe. Mais ce jour ne vint qu'en 1740.

Au xvi" siècle, s, après hésitation, avait fini par s'imposer dans certains mots : bosquet, démonstration, lester, j-este et ses dérivés, sophistne, transmettre et tous les composés de trans. Au contraire, elle avait cessé de se faire entendre dans alebastre, apprester, autrusche, honnesle, jesuiste. Après 1630, elle gagna encore un peu de terrain. Il est décidé qu'on la prononce dans ajuster, bastonnade, blasphème, correspondre, destruction, destrier, isnel, pastoureau, resplendir, satisfaction, senestre, souscrire, tarabuster. Rîchelet et l'Académie l'imposent dans casuiste, presbytère, rescrit, restreindre, soustraire (en échange, on à\i juridiction).

Certains mots héréditaires furent même atteints par la contagion : yM^Hc, lorque, preque, puique, devinrent jusque, lorsque, presque, puisque '.

S + CONSONNEA UINiriALE. — Au début des mots, les groupes de consonnes sont également d'origine savante. On sait comment la phonétique populaire avait transformé stato et spata en esté, été, espée, épée. La tendance à faire précéder un groupe d'un e existait toujours, et n'était nullement propre à Paris et à sa banlieue, comme le prétend H. Estienne (Th., I, 216). Pendant tout le xvii" siècle, elle agit encore. On disait espadassin ; Richelet et Saint-Simon écrivaient estrapontin '. Ou bien on laissait tomber la première consonne, tockfisch (Th., II, 324).

Aux yeux des grammairiens, on l'imagine facilement, s^a^ue avait l'avantage d'être latin, et estalue l'inconvénient d'être vulgaire.

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