LES SUBJONCTIFS
Le présent. — Au subjonctif présent, suivant Oudin, on dit je sois et non je soye (Gr., 150).
Mais, pour avoir, les difficultés étaient plus grandes. Malherbe semble avoir incliné pour les formes terminées en e, non seulement ayent, et non aynt, mais aye et non ait (Doctr., 413; cf. Malh., IV, 329). Maupas acceptait quil aye et quil ait, Oudin aussi. Mais Vaugelas n'admettait que ayt (1, 171), Dupleix de même ] (Lum., 307). La règle fut lente à s'imposer.
On pourra en juger d'après les impressions et les autographes de Corneille (cf. Lex. de Marty-Lav., I, 107-108 et lvi). Il est à remarquer toutefois qu'il a changé un hémistiche du Menteur, où aye comptait pour deux syllabes : Quoique j aye pu faire (IV, 181,741 varA
L'imparfait 2. — La chute de e amenait une confusion intéressante, entre j'eus et j'eusse, que, de nos jours, j'ai souvent trouvée jusque dans des copies d'étudiants.
1. A peine quelques autres parfaits, rarement usités, méritent-ils d'être mentionnés : je gesi triomphe décidément du vieux je geus (encore dans Palsgr., 395, et Meigret, 92 r°). Maupas préfère la nouvelle forme (252).
Jepondi, ou ponni est également donné par Maupas à côté de ponnu (263; cf. Garnier, Praec, 99). Bernhard et Du Val tenaient pour ponnu.
En sens inverse je signalerai l'adoption de je féru, qui n'est pas dans les grammaires avant Maup s (252).
2. Pour les formes en issions, que Godard soutient encore (L. frânç., 66), voir tome II, 240.
l°Les écrivains ne tiennent compte que de s, et dès lors emploient des formes qui semblent appartenir à l'indicatif : Que cestoit son plaisir- et son ambition Que je sortis de là (Espad. sat., 36) ; De me prier aussi que je fus de la feste [ih., 38); Mais de grâce, Monsieur, le voudriez-vous permettre, Que je fis, s'il vousplaist, response à ceste lettre? (ib., 39) ; Que jeté changeas, ma déesse, Contre ceste vieille diablesse (ib., 54) 1 ; je neus pas négligé de vous faire sçavoir mon bon portement (Disc, sur la Mort du Chap., V. H. L., V, 40) 2.
2° La confusion inverse a lieu aussi : de quelque costé que le sort tombasse, elle guariroit sa passion (Camus, Alcime, 277); f eusse esté bien marry qu'on luy eusse faict tort (Caq. des Poisson., V. H. L., II, 140) ; affin que... on peusse plus seurement fournir de productions (Ass. des Dam., V. H. L., V, 300) 3.