‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 5)Chapitre 120 sur 134 · II).. IX · texte numérisé non relu

II).. IX

2. Jadesjà Marguerite Me souhaitoit bien loin Espêd. sut.. 88).

parexemple dans Molière (Mar. forcé, se. 7), dans Balzac : l'ayant longuement escouté (éd. Moreau, I, 13), etc. I.

Lors. — « Ce mot ne se dit jamais qu'il ne soit suivi de que, s'il n'est précédé des particules dez oupour(Vs.u.g., I, 360-361)» 2. C'était une imagination toute nouvelle 3. On trouvera dans Livet (Lex. de Mol.), les exemples de Molière et lés extraits des commentateurs de Vaugelas.

Pour les textes, ils fournissent des exemples à foison : C'était visiblement encore un très beau mot au temps de Malherbe : Que pourras-tu te représenter lors, sinon ta langue parjure ? (FI. déloq., 35 r°) ; Je demeuré lors roide comme un marbre (Ib., 26 v°) ; ne pouvant mieux, je me mis à Vesgratigner et à le mordre... Ah ; courtoise Léonide, me dit-il lors, comment traitterez-vous vos ennemis puis que vous rudoyez de ceste sorte vos serviteurs ? (Astrée, 1615, I, 300 A; cf. Gomb., Endim., 111, 211, etc.). De même, trente ans plus tard : La ville toute en feu, paroist lors allumée (Scudéry, Poés. div., in-4°? 1649, 206) ; Lors je dis au seigneur d'un cœur calme et constant (Racan, II, 121) 4.

Maintefois. — « On dit maintefois à la Cour en raillant, et de la même façon qu'on dit ains au contraire » (Vaug., I, 252). Cet adverbe était encore chez Oudin (Gr., 271), mais il partagea la disgrâce de maint, et devint comique et burlesque.

Mais. — Le sens de davantage est encore donné par Nicot et Monet. Il ne s'agit plus, à vrai dire, que de la locution : n en pouvoir mais : cestoit advancer la mort de celuy qui nen pouvoit maits (Astrée, 1615, I, 371 A) ; Ce pauvre berger... n'en peut mes de tout cecy (Ib., 1614, II, 689) ; Elle nen pouvoit mes (Ib., t. II, 714 ; cf. Ib., 932. D'Urfé écrit généralement mes). Oudin trouve vulgaire : je nen puis mais (Gr., 304), et Sorel cite cette expression parmi des expressions qu'il critique 5. « Cette façon de parler est ordi-

1. A côté de longuement, on disait aussi de longue, mais les exemples en sont rares : « Il peut arriver pour un temps, que celuy qui abuse de là Religion aura quelque bon succès en ses affaires, mais il ne peut aller de longue » (Gar., Doct. cnr., 992).

2. Oudin {Gr., 271) semble déjà blâmer lors, mais dans une phrase qui n'est pas très nette. Dans une remarque sans doute antérieure, qui figure dans les Remarques posthumes, Vaugelas admettait lors au milieu de la phrase (II, 408).

3. On trouve aussi dès V heure au lieu de dès lors comme à V heure au lieu de alors : Je vis dés l'heure auprès de moy (La Pinel., Le Parn., 41).

4. Cf. Lors les misères de Sion Arriveront à ton oreille (Id., ib., 260); Je veux lors, comme ami, passer dans les EstatsDe tous nos alliez(ld.,ib., 286); Il n a goutte de sang qui ne soit lors glacée (Théoph.,I, 211); O quelors dansces deuxrivages Le Nil oyra nos combattans (Racan, dans Rec.des plus b. vers, 1638, 162); Combien nos déplaisirs parurent lors extrêmes (Corn., III, 290, Hor., 179 ; cf. Don Sanche, 401).

5. « Jay veu aussi des livres en prose, où Ton trouvoit de telles façons de parler

:)u2 HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

naire à la Cour, dit Vaugelas, mais elle est bien basse pour s'en servir en écrivant » (I, 240). Ménage la trouvait au contraire très naturelle et très française. Au milieu du xvue siècle, nen pouvoir niais ne subsiste guère que dans le genre comique '.

Malle me né. — Il est encore dans Maupas (347), Nicot et Monet; Oudin ne le juge « guères bon » (Gr., 281). Il se trouve souvent chez les burlesques.

Meshui(ct. huï). — Il est encore usuel au xvie siècle (Lar., Les EscoL,3l. III, se. iv, A. th. fr., VI, 139). Mais Gauchie, en 1576 (227), déclare qu'on dit plutôt aujourd'hui. Du Val (262), et Maupas acceptent le mot (342) ; Oudin, au contraire, le juge trop vulgaire (Gr., 266). Vaugelas l'abandonna, « quoiqu'il fust très doux à l'oreille (I, 28o) ». Dupleix eût voulu le garder (Lit)., 330 ; cf. Bary, Rhet. fr., 227-228). Je l'ai trouvé dans Sr Chantai (Ze*M LXXXII, 115) ; dans R. François (Merv. de Nat., 459) : Car qui se peut meshuij estonner de voir les heures faites par la lumière du Soleil ; ensuite dans un conte archaïque de Sénecé(OEuv., I, 99) et chez les burlesques (Martin, Éc. de Sal., 7 ; Richer, Ov. houf., 299 ; Cl. le Petit, Citron, scand., dans Paris ridic., 110).

Mêmement. — Ce mot, usuel encore à la tîn du xvie siècle, particulièrement au sens de surtout, ne survécut pas, malgré l'autorité d'Amyot. Il est dans Nicot et Monet, mais Oudin ne l'a pas, et Vaugelas considère que « cet adverbe passoit desja pour vieux » vingt-cinq ans avant lui 2 (I, 384).

Mon. — Use trouve chez les auteurs de la fin du XVIe siècle, mais

que celles-cy : Cela arriva pour l'achever de peindre : ilportoit une dent de laid a son rival; j'irai/ là mais <[ii'e VOUS y soyez; si cela arrive, je n'en puis mais: vous mettez le nez dans ceste affaire.... Tout cela est dedans des Autheurs que les ignorais trouvent très bons » [Sorel, Berg. e.vtrav., III, 553).

I. Estoit-ce a dire qu'il fallait Par une brutale colère Occire en punissant la mère Un populo qui n'enpeut mais? Richer, Ov. boa/., 217). Loret l'emploie dans ses vers : Mainte bette <{ni n'en peut mais [28 juin 1658, v. 90 . Cf. plus tard: Puis- je mais. moi. de vos distractions ? Baron, Ilom. à h. fort.. I. i : cf. Regnard, Dislr., Y. t> ; Id.. Souhaits^ V. i .

Je Signalerai quelques emplois de mais bien, mais plutost. qui sentent leur x\i*

0 Cœur! mai» bien rocher lousjours couvert d'oraqe Maire! . Si/lv.. 26, IT.205 .

Car tçachani que l'un ou l'autre de ces deux doit estre rostre propre /ils. vous serez

forcée de les aj/mer. Mais pluslost de les haj/r. puis que je suis certaine ,[iie l'un ou

Vautre est l'enfant de Li/side, repartit Iris Orph. de Chn/s.. 1. II, 36

•2. On donna des gardes au.r a mhassaileurs. et mêmement à celui d Espaqne. que le

peuple voulait tuer i t heure même [Main., NI. 170 : We tavoit-il pat que ta religion

étant haïe au.r personnes mêmement les plus douces et I railahlcs. .. Nal>r. Naudé, i loi, sidérations politiques sur les coups d Etat. éd. 1867, L. .

On le retrouve chez les burlesques : Gatïon et sa noble famille, Et metmemeni sa

grande fille. S'en viennent faire an premier jour Dans Orléans quelque séjour. (Loret, 16 août ,1653, v. 101-104; cf. 12 mai 1663, v. l i: .

beaucoup plus rarement que chez ceux du début !. Henri Estienne l'a mis dans Y Apologie : à-sçavoir-mon où ils avoyent le nez (II, 127), mais il semble bien qu'il fût déjà vraiment un peu vulgaire, car lui-même le juge populacier (Hyp., 210).

Aucommencementduxviiesiècle,ilestchezRégnier(Sa£.,XI);Maupas le donne, et en détermine l'emploi (350-2) 2. Mais pour Oudin « c'est mon, ce fay mon, ce faudra mon sont façons de parler de harangeres » (Gr., 284). On s'en moque dans le Rôle des présentations 3. Mon se trouve dans divers textes populaires ou patois 4. On le trouve aussi bien entendu dans le satirique et le burlesque, Sçay-mon, dit le laquay [Espad. sat., 12; cf. 44); On changea leurs noms sçavoir mon, De Melicerte en Palemon (Richer, Ov. bouf., 466; cf. Chap., Guzm.d'Alf., III, 263).

Moult. — Quoique déjà vieilli au xvie siècle, Maupas l'enregistre sans réserve. Mais Oudin dit qu'« il est trop vieux et tiré du latin » (Gr., 277). Balzac s'en moque (Let. à Mén., 9 août 1644). Mllc

1. A sçavoir mon (Mar., I, 224; Rabel., III, 192 ; Des Per., Joy dev., LXVI, QEuv., II, 237;Rons., VI, 275); — Ce fais mon! (Des Per., Œuv., I, 21); — ça mon (Nie. de Ti\, Par., 143); — c'est mon (N. duFail, Eulr., II, 79; Des Per., Joy. Dev., LXIX, Œuv., II, 246 et LXIV, ib., 232 ; Baïf, IV, 112, ; — Voyez mon (Id., IV, 75) ; Agardez mon (Des Per., Joy. Dev., XV, Œuv., II, 72).

2. «Mon, c'est mon, Ce fait mon, c'aymon, etc. Je pense que nous avons emprunté des Grecs ceste syllabe enclyeticque, Mon, sans beaucoup nous éloingner de leur usage. Car ce mot nous est un explétif, ou remplissage de propos interrogatif ou dubitatif, comme quand nous disons : Ascavoir mon qui est le plus sage de vous deux. Item quand nous demandons pour essay, ou par manière d'espreuve. Escrivez-mon. Lisez-mon pour voir si vous y entendez. Or là mon pour voir. Plus un remplissage de concession faite par les verbes Faire, Avoir, Estre, Faloir, et aucunefois, Vouloir, sous les observations qui s'en suivent.

Quand un propos énonciatif est régi d'un verbe pur sans auxiliaire, la concession se doit faire par le verbe Faire sans pronom nominatif: Vous escrivez, Ce fay mon. Monsieur jouera a la paume, Ce fera mon.

Quand le propos est conduit d'un des auxiliaires, Avoir, Estre, ou de l'impersonnel Faloir, la concession se doit faire par les mesmes verbes. Ex. : Vous avez escritcecy;ç'ay mon. Cet enfant aura bon esprit ; c'aura, mon. Vous estes de mes amis; ce suis mon. Vous estiez hier malade ; c'estoy mon. Il faut ay mer Dieu, ce faut mon. Mais si le propos est conduit du verbe Vouloir, vous pouvez indifféremment concéder par luy mesme ou par le verbe Faire. Vous voulez venir avec nous ; ce veux mon ou ce fay mon. Monsieur voudra diner ; ce voudra mon ou ce fera, mon ».

3. « Requérant qu'il plaise à la compagnie déclarer que vrayement, C'est mon, Voilà bien de quoy, et toutes chansons de ceste sorte composées par quelques autheurs que ce soit, ne contiennent que bon françois. — R. Soit communiqué à Jean de Nivelle » (Rôle des Présentations, 1634, V. H.L., I, 138).

4. L'on blasmoit les personnes les plus nécessaires et desquelles on ne se pouvoil passer. — Sçay mon! ma, foy, dit un relieur (Cont. et Mescont., 16i9, V. H. L., V, 342) ; C'est mon... c'est mon... Il en meurt bien d'autres qui n' 'en peuvent mais; ces diables de Rochelois. ils ne s'en soueyent point de tuer le pauvre monde (Disc, sur la Mort du Chap., Ib., 39); C'est mon, ma foy, il nous payera comme un tas d'autres qui nous ont affrontés (Bourg. Poli, Ib., IX, 155) ; Ardez, vraiment c'est mon, on vous l'endurera (Corn., 11,92, Gai. du Palais, 1392); Çamon, vraiment! ilya fort à gagnera fréquenter vos nobles (Mol., VIII, 108, Bourg, gent., a. III, se. 3); Çamon, ma foi .'j'en suis d'avis (Mol., IX, 286, Mal. imag., a. I, se. 2).

de Gournay reconnaît que c'est un « mot ancien » (O., 616 et 954 ; ci. Mon., Req. des Dict., 478). La Bruyère le regrettera (II, 206). Loret l'emploie couramment dans le sens de très, devant un adjectif 13 juin I65i, v. 23; 7 décembre 1658, v. 215 ; 21 février 1660, v. I i; 29 mai 1660, v. 191).

Xonchalamment. — Vieux mot, suivant Vaugelas(I, 380). Mais personne ne fut d'accord avec lui, le mot se trouve un peu partout.

Notamment. — D'après Vaugelas, cet adverbe n'est pas du bel usage. Il faut dire nommément ou. particulièrement, principalement, surtout (II, 6i). Mais l'opinion de La Mothe le Vayer, qui avait défendu le mot (57), triompha, comme on le verra par la suite.

One. — C'est un vieux mot, d'après deux notes de la copie B. du Commentaire sur Desportes(v. Doctr., 267). Il est dans Nicot, Maupas (343) ; Bernhard (123). Mllede Gournay prend sa défense (O., 956 et 957; cî.Adv., 636). MaisOudin le trouve fort antique (Gr., 271 ; cf. Mén., Req. des Dict., 480). Malherbe s'en est servi deux fois (1,290, v. 122 ; et 53, v. 178, var.). Toutefois il a corrigé le second deces passages. Et onc n'est plus guère employé après lui que dans la poésie légère ou parles burlesques *.

Or, ores. — Accepté par tous les grammairiens du xvic, il est condamné par Malherbe dans le sens de maintenant ou tantôt (IV, 463), et souvent barré (v. Doctr., 268). Régnier (Sat. IX, El., II, et Ep., IV), Deimier, et Malherbe lui-même à son début (I, 19, 16, 289), l'employaient '.

Or ça n'est point attaqué. Pourtant le Raminagrobis de Rabelais n'eût plus guère pu inviter ses clients à l'honorer avec ses or ça, or la, or bien. Les deux derniers étaient vieux.

Les composés oravant (Grév., Les Esb., a. II, se. 2, A. th. />.,IV, 253 : desor J. de la Taille, Gabaon., IV, Fed. Morel, 1574, p. 26) ; orendroit (Mar., Ep., Du camp dWtigni), v. 19, G.), sont morts dès Le \vir.

Oudin condamne dores en là (Gr., 269), qui est encore dans i'Astrée (1615,1, 20a, H3a, 320B).

I. E»pad.sat., 105; Scarr., ÛEu©., [, 389 ; Richer, Ov. bon/., 504,605; Loret, 18 déc. v. 94; 18 mai L656, v. iGii; 2 juin 1657, v. l'.'l : Hfévrier l « i :> T , v. 32; 22 mai- L659, v. 49; etc.

•'. Cf. PuUqu'ore» le premier de» prestres <!<• mémoire. Tu es /Us de Cythere, \f;iun.. I. m. v. 16-18 : ore» il te plaint... orè»ile»crit Diane d. boit, 16); ores je les

lis. ore» je les hnise. el ores je parle à elles SOUV. ree. île J.el.. L638, /.,•/. ;,ni.. 164) ; La rillcesl ores Iro/i sus/,eele t l'on I Xeil f. V. II. L., III. 331 : Et sur I ;i u lel ores runié De

la nouvelle deitê Pa»q. 'les Coc, ll>.. III, 228 . Maupai l'inscrit (342), mais Oudin l'écarté avec or prime» et or àprime

t Gournay le soutenait (O., 957; \<h.. 636 . Cf. Coméd. des icad. dans Livei, EUt, !.. [,424, n. i: Req. de» Dict., I. I78,»i>. ; Mén., O., I, 85, et Ob». ». Malh., M. -<•.

L ADVERBE ET LES LOCUTIOiNS ADVERBIALES 365

Doresenavant et dorénavant restent concurremment en usage (Oudin, G/\, 269) «.

Outreplus. — Encore dans Maupas (365) et Oudin (Gr., 298), il s'éteint, sans être condamné par personne 2.

Parainsi. — Ce composé était encore courant au xvie siècle (Gello, Circé, 108; d'Aub., OEuv., II, 255). Vaugelas, tout en constatant que Coeffeteau et Malherbe s'en servaient souvent, dit qu'il n'est presque plus en usage (I, 163). Il était très fréquent en effet chez Malherbe (II, 101, 151, 703 ; IV, 303, 448] K

L'expression dut se conserver dans la langue populaire(V. H. L, IX, 296). Elle reparaît chez les burlesques : Et par ainsi, peu préparé A faire aucun plaizant narré (Loret, 13 juil. 1658, v. 3 ; cf. 21 déc. 1658, v. 132 ; 28 oct. 1660, v. 234, etc.).

Paraprès. — Oudin l'acceptait encore (Gr., 260 et 268). Vaugelas trouve que par y était utile, parce que la particule servait à distinguer l'adverbe de la préposition. Mais cette forme a vieilli, ajoute-t-il (I, 357) 4. Le P. Bouhours la blâmera (D., 45). Cf. : Il viendra par après (Boursault, Méd. vol., t. I, 123).

Paravant. — Il est encore commun chez Amyot [OEuv. mor., 26 E, v°). Cf. : Je me puisse ressouvenir y avoir eu quelque chose remarquable à ma vie par avant (Mém. R. Marg., 4). Il est dans Maupas (343) ; mais Malherbe l'avait souligné (Doctr., 269), et Oudin le condamne (Gr., 268 et 275).

Je ne l'ai guère trouvé que chez les burlesques : Bien plus estroit qu'il nestoit paravant (Emprisonn., V. H. L., VIII, 211) ; quelques semaines paravant (Loret, 17 juil. 1660, v. 103 ; voir p. 381).

Parensemble. — On le trouve au xvie siècle : quelle affaire avons nous parensemble (Baïf, III, 236). Suivant Vaugelas, il ne vaut

1. Oudin remarque: « Notez icy que lors qu'on se sert de cet adverbe, on ne peut [1'] employer que commençant du poinct que la personne parle. Observez la mesme chose de n'agueres. »

2. Littré cite : Outre plus le maître à chanter qui s'est chargé du divertissement (Legrand, Usur. gentilhomm., se. 2).

3. Cf. et parainsi un Porreau est allongé de beaucoup (Jard.fr., 232); Et par ainsi le second affront fut pire que le premier (Le cour.de nuict, 60) ; cf. d'Urfé, Ep. mor., 339 r°.

4. Il est dans Chapelain (Guzm. d'Alf., III, 422); autant de plaisir, qu'elles causèrent par après de peine ( Cél. et Maril., 82) ; cuire la farce à part, et la four er par après dans le corps (Dél. de la Camp., 237).

Un autre texte de Chapelain est assez curieux : ... j'eusse mieux aymé dire, qu'il seroit premier pendu, et par après envoyé aux galères ; comme on fit autrefois à un peintre de Balle, lequel disant un jour en compagnie qu'il feroit blanchir sa maison pour la peindre en après, quelqu'un luy fit tout court cette responce : Vous feriez bien mieux de la peindre premièrement, et de la blanchir par après. (Guzman d'Alf., 111,147).

rien : il faut dire ensemble. Alemand ajoutera qu'il appartient à la langue parlée, non à la langue écrite (Vaug., N. Rem. avec les obs.dWlem., U\90. 315).

Par longtemps. — Malherbe Ta condamné dans Desportes (Doctr., 463).

Parquoi. — Oudin le donne (Phrases, 42) *,

Parsustout. — < Ilest vieux » (Vaug., II, 307). Voir p. 383.

Partant. — Vaugelas le juge nécessaire et commode, néanmoins, comme il commence à vieillir, et à « n'estre plus gueres bien receu dans le beau stile », il est bon de s'en abstenir (I, 360). La Mothe le Vayer et Chapelain eurent beau prendre sa défense, la condamnation fut ratifiée, comme nous le verrons par la suite.

Plus outre. — Cet adverbe de lieu est donné par Maupas (341), et par Oudin (Gr., 263). Il est encore fréquent dans d'Urfé (Astrée, 1615, I, 271 B, 311B ; 1614, II, 221, 614) ; il est dans Sorel, Polyand., 126 ; dans Corneille : Encore un peu plus outre, et ton heui*e est venue (III, 541, Pol., 1129). Mais, peu à peu, il semble n'être plus usité que dans la locution passer plus outre : vous feriez mieux de passer plus outre (Sorel, Polyand., I, 500) 2.

Préalablement. — Quoique donné par Maupas (344), ce mot, ainsi qu'Oudin nous l'apprend ( Gr., 275), « ne se trouve gueres » , et Vaugelas juge qu'avec au preallable, c'est un des plus mauvais mots de la langue. Il faut les laisser aux notaires et à la chicane (II, 219). Malgré la Mothe le Vayer, l'Académie les déclara indignes d'entrer dans la conversation. Au préalable est chez Molière (Pourc, II, 2), et chez La Fontaine (V, 475, Contes. IV, 9 .

Premier. — Il est dans Nicot, Monet, et aussi dans Maupas (34 i : Maynard l'employait : Quand premier je vous vis 1, 35) ; il ne « passe point pour adverbe » au dire d' Oudin (Gr., 27 i A.

Pour l'heure. — Au lieu de pour lors (cf. à Vheurepour alors) estune façon de parler bonne, mais basse (Vaug., I. 323). Cf. Mais que pour Vheure les discours (/ni se fais oient de VEmpereur dans 1rs assemblées publiques (Le t. de Phy IL, 2'' p., ill .

i. Parquoy était encore très employé par Amyol OEnv. mor.,l \ E,9r C, etc. : Cf. Scaliger : Par quoi je m'accommode Let., CIV, p. 312).

2, Cf. -le ne passeray pas plus outre Nouv. Rec.de Lettres, 1638, /.<■/ . pol., passeray plus outre Malle v., /'<>.. 232 : Car de passer plus nuire il seroit impossible (D'Ouville, VEspr. foll., III, 1 : Veux-tu que nous /hissions plus outre Le Petit, Chron. Scand., Paris Ridic., L13 : Costar, Leil.. II. AuLect.,el II.

.. < in le retrouve chez les burlesques : Quand premier je ris Marguerite, -le Vaimay dans le inesme instant Loret, Poes. burl., 1847, p. 89 ; «■!'. M.. Muzehist., 6 décembre \. 220 : Ponr ne pas pure voile sans premier avoir sondé le gué, il avoit cherché condition qui le defrayast [Chap., Gusm. d'Alf., III. 190). Malherb< te pai • au premier IV. 31 ; .

Présentement. — Encore donné par Oudin (G/\, 267), il aurait été blâmé par l'école de Malherbe, suivant Mlle de Gournay (Adv., 403). On le retrouvera dans Pascal, Sévigné, etc.

Prou '. — Du Val (269), Maupas (345), Nicot,Monet le donnent. Mais Oudin le déclare vulgaire (Gr., 277). Vaugelas en avait fait une observation qu'il n'a pas jugé bon de publier (II, 465). Livet, en recherchant la trace de ce mot à propos du vers de Molière : J'ai prou de ma frayeur (Et., II, 4), ne Fa retrouvé, en dehors de l'expression peu ou prou, que chez les burlesques 2.

Quantesfois. — Malgré l'autorité de Malherbe, Vaugelas, qui avait déjà à ce sujet ébauché deux remarques inédites (II, 388, et 410), déclare qu'il ne s'emploie plus en vers, et croit même qu'il n'a jamais été d'usage en prose3 (II, 214). Oudin le blâmait déjà (Gr., 276).

Quand et quand 4. — Maupas (343) le donne ; de même Bernhard (125) etDuVal(262). Oudin rapporte que le commun peuple dit: q uand et quand luy pour avec luy, au lieu de quand et luy, et le trouve mauvais (Gr., 272) ; Vaugelas juge qu'il ne vaut rien ni à dire ni à écrire (1,123)=.

Quand et moy. — Il est condamné comme le précédent par Vaugelas (I, 122). Il était encore tout familier à Amyot (OEuv. mor., 42 e, 32 d, 43 b, 374 e), etc. Oudin le donne dans ses Phrases (49) ; mais, dès 1632, il le trouvait un peu vulgaire (Gr., 299). Vaugelas remarque qu'on le dit ordinairement, et que cependant tous les auteurs ne l'écrivent point, bien que Malherbe s'en soit servi. Si, malgré tout, on veut en user, il faut écrire quand avec une?, et non pas avec un t (I, 122).

On le rencontre encore assez souvent : les âmes ne meurent

1. Est courant dans la première moitié du xvie siècle (J.d'Auton, IV, 59; Rab..T, 227 : Les Mary, de la Marg., Farce de trop prou, peu, moins, IV, 139; Des Per., II, 52; La Boétie, 93). On le retrouve chez les poètes delà Pléiade (v. le Lex. de M.-L., II, 348 ; cf. Mont.. 1. I, ch. 16, t. I, p. 95, var. ; du Vair, 404, 10, 368, 25.

2. Chez Loret par exemple : 8 octobre 1651, v. 89 ; 23 janvier 1655, v. 226, etc. Cf. Jamais il ne dit : fen ai prou (Cl. le Petit, Chron. Scand., Paris rid., p. 110).

3. Inutile de dire que cette affirmation est erronée. Montaigne use encore de quantesfois, (1. II. ch. 8, t. III, p. 95, var.).

4. Même les derniers écrivains du xvie siècle en usent communément. Voir Amyot, Œuv. Mor., 10 g., 24 f ., etc.; Montaigne, 1. II, ch. 12, t. IV, 31; ib., 99; ih., 81 ; etc.; Palma Cayet, Chron. sept., 17, col. I ; Fauchet, Or. de la L fr., 536 r°.

5. Voici des exemples : Ils ne s'estoienl pas rebellez quand et quand eux (J. J. Bouchard, Conf., 126); quant et quant (Sorel, Berg. extr., 1. IV, t. I, 257); Von envoya ([liant et quant deux compagnies des gardes (Malh., III, 170); ainsi vous ne cherchiez que Vhonnesté et vous avez trouvé quant et quant le délectable (Balz., Lelt., 1. V, 16); Le jour qui saugmentoit et son courage quant et quant lui/ donna l'envie {Le Cour, de Nuict, 105; cf. 87 ; cf. Har. de Turlup., V. H. L., VI, 80; Cél. et Maril., 330; Loret, 1er sept. 1652, v. 82 ; 23fév. 1658, v. 180; 16nov. 1658, v. 182. On retrouvera quant et quant chez Montfleury (Crisp. gent., IV, 4), mais dans la bouche d'un paysan.

point quand et les corps (Malh., II, 591); retournez un peu quant et moi/ (cTAudig., Six Xouv.. 142); qui s exposent aux dangers et hasards de la guerre quant-et-eux (Camus, Divers., I, 63 v°) l.

Quasi2 — Nicot recommande déjà de se servir de presque. Cependant Maupas donne quasi (345) ; de même Oudin (Phrases, 49, et Gr., 280). Vaugelas le trouve bas, sauf dans la locution : il n'arrive quasi jamais (I, 82). Cf. La Mothe Le Vayer (34). Il est fréquent dans les textes, ainsi dans les Merveilles de Nature : quasi se jouant (302) ; ne sont quasi jamais clairs (183). Balzac l'employait aussi : La Rochelle avoit esté cause cette année de mille gageures et de quasi autant de querelles (éd. Mor.. I, 13 ; cf. I, 17, etc). Il est chez son adversaire : c/uasi perpétuellement (Let. de Phyll., IIe part., 1 17 ; cf. Coif. à la mode, p. 7 ; La Mothe le V., I, 450 ; Pass. du card. de Rich., V. H. L., VII, 344 ; Costar, Let., 11,35). Il se conserva, mais resta long-temps peu littéraire. Cyrano le met dans la bouche de Gareau.

Quasiment. — Il est encore dans Maupas (345). Duez, en 1669, le dira vieilli (201).

Si. — Cet adverbe est, depuis le xvie siècle, en pleine décadence.

1° Au sens de ainsi, aussi, il est encore dans Montaigne. Maupas l'accepte dans les formules : si feray-je, si faut-il, si veut-il (126). Oudin, lui, le blâme : 77 est mort, si est bien mon père, ne vaut rien. Il faut dire : aussi est bien (Gr., 301).

Il en resta diverses façons de parler. Si! pour oui, si fait ! Mais notons que cette dernière expression se figea sous cette forme impersonnelle. Au commencement du xviie siècle, on conjuguait encore le verbe : Et quoy ! ne paroistray-je pas botté, espronné, moustache et guirlande? Si feray deaï (Grande Propr. des Bot., 1616, V. II. L., VI, 34). L'expression si fait est chère aux burlesques : Si fait, dit-il. — Non fait, dit-elle (Loret, 12 nov. 1650, v. 154) 3.

1. Faisant porter seulement quant et soy ce qu'elle avoit de plus précieux (fiel, et MariL, 350): le valet... ouvrit le bahut, en (ira l'habit et le renferma emportant la clef quand et soi/ (Ghap., Guzm. d'Alfa III. '.»! ; cf. I<1.. ib.. .ils. el »iv : avec des cordes que vous porterez quand et vous (Sorel, Francion, 1,22); et remporte quand et lui/ [d'Ouville, Contes, I, 270); fy porte quant et moy la dernière lettre que vous m'avez escrite Bal/.. I. L96 .

-i ii chaque page <lan< la Deffencede Du Bellay, el se retrouve chei les écri

vains ultérieurs : OH ne lui en ose quasi parler (l'Est., Joum. <le Heur. Ili. 296, col. I);

z quasi île tous les princes de notre sanq Himit. IV. bel. miss.. III.-. Mont., 1. I, ch. '.i, t. I. 39; I. II. ch. B, t. III

3. Si fait, il Vestet. — Non-est, ma foy! I janv.1651, v. <>i : Je la voy. —

Je ne la voy pas,Jepense que ce n'est pas-elle. — Pardonne*-moy, mademoiselle, —

J'en doute. — Ce Vest en e/'el. — Ce ne l'est jias. — Si fait. — \on fait 2'ijuin 1651, v. 118-122 : Le Roy, Monsieur. Mademoixelle, l't mainte illustre Jouvencelle, Allèrent je ne sçais pas oii.Ha ! si fais, ce fut à S;iint-<:iou (Loret, I

l'adverbe et les locutions adverbiales 369

2° Au sens de et, donc, Oudin condamne si : Si firent tant par leurs paroles. Il faut dire : et firent tant (Gr., 301). Les exemples sont rares : je crois que c'est à cause du Sel qui les racornit, et si elles gastent et noircissent le bouillon (De'l. delà Camp., 137). Mais le sens est très voisin de celui de ainsi. De même dans : Je te voudrois prier de rnestre secourahle — Si seray de bon cœur (Mairet, Sylvie, p. 83, v. 1018). On hésite entre les deux traductions.

Vaugelas dit qu'en ce sens il est à peu près équivalent de outre cela, et quil se voit encore dans les écriteaux des chambres garnies de Paris, où l'on ajoute d'ordinaire, à la lin : et si Von prend des pensionnaires, c'est-à-dire outre cela. La Mothe le Vayer le soutient dans cet emploi. Si était peut-être une simple faute d'orthographe pour ci.

3° Au sens de alors il vieillit. Dans cette phrase : lorsque César eut entendu cette nouvelle, si se prépara, il vaudrait mieux supprimer si, et dire il, observait encore Oudin (Gr., 301).

4° Au sens de et pourtant, si est admis par Maupas : Vous me blasmez, Sifay-je mon devoir. Jean ne sçait rien, si a il esté longtemps à Vescole (126). Mais Oudin le condamne. Vaugelas accepte mais si (l, 138), au contraire il refuse et si (II, 176), et confirme ainsi la sentence d'Oudin. 11 rebute la phrase : fy ay fait tout ce <juej'ay peu, j'ay remué ciel et terre, et si je n'ay peu en venir à bout .{I, 176). Chapelain acceptait cette forme de parler.

Les exemples en sont encore nombreux au xvne siècle ; et si est fréquent, mais on trouve également la forme simple si l : Desjà par ton ingratitude j'ay perdu le juste loyer du bien que je t"ay faict, et siay perdu mal-heureusement V honneur de ma pudicité (Fleurs de Véloq. fr., 31) ; vous ne dormez non plus qu'un lutin, et si vous ne laissez point dormir les autres (Com. prov., A. th. fr., IX, 23) ; je ne xeux plus aimer, Et si je veux qu'on m'aime (Com. de Chans., A. th. fr., IX, 177)2.

1. Si faut-il est commun chez Loret, mais c'est une formule analogue à si est-ce que (20 janv. 1657, v. 11, 2 déc. 1656, v. 208, 9 oct. 1660, v. 8, etc.).

2. Cf. Gar., Doctr. cur., 282 ; Ghap., Guzm. d'Alf., III, 270, et encore : Vous parlez comme un Scipion, Et si vous n estes quun pion (Rec.de Rond, de div. Aut., 1639, 20); Si vous veux-je pourtant remettre bien ensemble (Corn., 1, 243, var., v. 1700 de Mélite) ; je les chante et si je ne sçay pas la musique (Furet., Rom. bourg. ,1, 5); cf. Rotrou,Ce7ïm.,

II, 3; Bensserade, Rail. deCass., 3« entrée ; Id., OEuvr., 1697, 1, 343; Sl-Amant, II, 464; Gombauld, Epigr., 173 ; Richer, Ov. bouf., 483; la Critiq. du Tart., se. 5 ; Pascal, Pens., II, 123, éd. Molin. ; Montfleury, Ambigu com., 1er interm., 2 ; Id., Gentil. deReauce,

III, 8 ; Poisson, R. de la Crasse, se. 5 ; Scarr., OEuvr., 1, 348, 350, 359 ; Regn., Divorce, I, 7 ; Fet. impr., 4; Menech., IV, 5 ; Quinault, La Mère coq., III, 1. Pour montrer par les exemples d'un seul auteur quel usage on fait encore de et si, je citerai Racan: Mes .maux envenimés gagnent par tout mon corps... Et si tous les malheurs dont je suis

Histoire de la Langue française. III. 24

Si, dans le sens à'adeo, renforce encore très, mais cela est rare dans les écrits vraiment littéraires : dents de fer qui mordent si très fort la pièce (R. Franc., Merv. de Nat., 203). Au contraire si très est commun chez les burlesques : si très finement atournées (Loret, 10 fév. 1663, v. 70) ; Mais la finance est si très-rare (Id., 7 janv. 1652, v. 113 ; cf. 1er sept. 1652, v. 107 ; 21 fév. 1654, v. 148, etc.)1.

Somme. — Il est encore employé concurremment avec en somme. Mais Vaugelas déclare que, pour écrire purement, on ne se sert plus de l'un ni de l'autre, ni non plus de somme toute (I, 93).

Souventefois 2. — Maupas (344), Oudin (Phrases, 55, et Gr., 272) le donnent sans observation ; il est mentionné à côté de souvent par Nicot et Monet. C'est un mot très employé encore. Voir Garasse (Doctr. cur., 118); d'Ouville : Ce laquais... ctoit fort en exercice à luy servir souventes fois à boire (Cont., II, 186) ; Mairet : Vun perd souvente fois ce que l'autre conserve (Soph., IV, 4). Cf. : pour la vérité que souventefois je persuade à plusieurs (Disc, 1614, V. H. L., IX, 138). Vaugelas l'avait jugé vieilli dans une remarque qu'il ne publia pas (II, 459) ; souventefois semble ne s'être conservé plus tard que chez les burlesques 3.

Subit. — Il est encore fréquent au xvie siècle. On le retrouve dans Marot : pour veoir subit les fautes (I, 255), dans Gré vin : Subit les verrez renfrongner (Les Esbah., III, 1, A. th. fr., IV, 270), dans Rabelais (II, 424). Nicot le donne encore à côté de subitement, mais Oudin, dans sa Grammaire, ne cite que subitement, qui le remplace désormais (Gr.,272; cf. Phr., 55).

menacé A'e me sont point sensibles (II, 118); Les rochers les plus durs respondentà ma voix, Etsije nevoy rien ny ne puis rien entendre(l, 122) ; mon Roy voit ses\villes désertes... Et s'il n'a point tant d'ennemis Comme j'en porte dans mon urne (I, 171); Voicy, au bout de deux ans, ce que vous deviez recevoir dans quinze jours. et si je ne prétends pas estre obligé de vous faire des excuses de ma lonqueur (1,311).

1. On trouve si précédé de pour : Une Damotselle vertueuse doit lousjours avoir mauvaise opinion de ceux qui lui/ p&rlent d'amour, pour si respectueux qu'en soient les termes Clytie, II, 187).

2. Très usité an xvi* siècle (v. Palagr., lii;R. Kst.. 74; Cauchie, 1570, 195; cf. EUb., I, 86; Marot, I, 56 ; Du Bellay, I. 426 ; Rons., IV, 398; V. 17 1: Meigret, <>/f. Cic.

3. Souventesfois je me suis icu... recherchépar linéiques pauvres gens (Ghap., Gusm.

dyAlf..\W. 172 \Et qui toujours, tlu moins souventcs/'ois Searr.. Dem. teuv.. I. ls', ;ma

Philosophie Sonventesfois me fortifie Id., ÛBuvr., 1,273 : Souventefois dire j'entans Que, leur ame étant my -partie D'intérêts et d'antipatie.lls t'acordent réelemeni Loret,

1"févr. 1653, v. 188-191 : Maizon délicieuse et .'/■<.'/<'• Qui de nos Reines et nos Rois Kst le Séjour SOUVentefois (Id., 6octob.l657,V. 81-34 : La Heine qui. dans tout le Momie. En

bonté n'a point de seconde, El qui, soit d' honneurs, soit de bien. Comble souvente-fois les siens (Id., ■' . v. 279-82] : L 'Ouvragé mien , Lequel ne devroii valoir rien. Et

que, souvente fois je qatr. Pour le faire avec trop de hàle Id.,20 duc. 1G.">9, v. 5-8).

Au surplus. — Il était courant au xvie siècle. Il est encore donné par Nicotet Monet, par Maupas(365) et Oudin (Gr., 298 et P/i/\,56). L'Académie lavait jugé bas (Obs. sur le Cid,\, 6, Corn., XII, 487) ; mais La Mothe leVayer, dans Y Eloquence françoise, se moque de ceux qui le condamnent, et Vaugelas n'ose plus le biffer, il dit seulement qu'il est plus sûr de s'en abstenir (Préf. , 34) ; dans le corps des Remarques (II, 107), revenant à la question, il déclare qu'il n'est point dans le bel usage, bien qu'on en ait grand besoin pour commencer les périodes. La Mothe le Vayer persista à le défendre (65), de sorte que la discussion dut être reprise plus tard.

Tandis i. — Maupas (343), Oudin (Gr., 272, Phr., 56), le donnent sans observation. Malherbe l'emploie : Tandis la nuit s'en va (I, 17, v. 358); Tandis le temps faisoit mûrir (1, 124, v . 265). Les exemples en sont abondants jjartout 2.

Corneille en fait un fréquent usage dans ses Comédies (I, 450, Veuve, v. 1019 ; II, 294, PL rotj., v. 1376 ; II, 31, Gai. du Pal.,v. 244, etc. ; Cf. M.-L. , Lex. , II, 368). Il l'a même mis dans Horace (III, 333, v. 1155), et jusque dans Othon ( VI, 610, v. 809). Vaugelas le condamne formellement : « il ne se doit jamais dire ni écrire qu'il ne soit suivi de que » (I, 141). Il constate cependant qu'il y a « une grande affectation de ce mot » chez la plupart de ceux qui parlent en public, ou font profession de bien écrire. Pour Patru, en effet, tandis est plus net que pendant (I, 142). Aussi Corneille ne s'est-il pas corrigé, l'exemple d'Othon est de 1664. De même, après lui, Quinault en usera souvent (les Rivales, I, 2; la Comédie sans Comédie, I, 1; I, 4 ; V Amant indiscret, I, l)3.

Tant moins. — Il est dans Rabelais (I, 267) et dans divers textes du

1. Fréquent au xvi9 siècle. Il est donné par Rob. Estienne (74). On le retrouve dans Marot : Tandis les mains ... Vont vestu (II, 97; cf. II, 115) ; dans Ronsard (III, 45, 51, etc.; cf. M.-L. Lex., II, 346), et chez tous les poètes du xvie siècle.

2. Tandis un de ceux qui estoient presens hausse la voix disant (d'Audig., Six nouv., 48); tandis survint un chevalier Catalan de la famille des Cardones (Id., ib., 87); tandis un page s'approche de Dom Antoine (Id. ,ib., 141); tandis les autres sont tout le jour à lamenter leur misère et leur pauvreté (Lett. de Phyll., 2e part., 559) ; Tandis le cocher fouetta ses chevaux (Sorel, Berg. extr., 1. II, t. I, 90); et tandis Acaste faisant tout son possible pour... voyant qu'il estoit impossible, se résolut de le suivre [Mêlante, 1. 1,97); et tandis la vieille tansant Vautre de ce retardement (ib., 1. I, 59); mais tandis se promenant par la chambre (ib., I, 60); d'autres s en coururent tandis chez Dorante (Orph. de Chrys., I, 218) ; Essayez donc tandis A le desennuyer (Mairet, Sylvie, p. 62, v. 753-754 ; cf. p. 67, v. 817) ; tandis, le temps s'escouloit insensiblement (Caq. de VAcc, 92).

3. En tandis se trouve parfois au xvie siècle pour tandis : en tandis les deux compaignons (Nic.deTr., Par., 31 ;cf. Id., ib., 151). Au xvn9 siècle, il cède la place à tandis, mais il ne semble pas encore tout à fait mort en 1606, puisque Nicot fait observer que d'après certains la forme entière est : en temps di.

xvie siècle. Il ne semble pas avoir été d'un usage bien courant au xvue siècle. On le retrouve cependant dans Malherbe : Tant plus je sentirai sa puissance, tant moins je la r eco n noît r ai (II, 448), dans Balzac : Tant plus il y aura de bienheureux dans le ciel, tant moins il restera de gens de bien sur la terre (I, 348).

Tant plus. — Il est employé par tout le monde auxvie siècle, il est fréquent jusqu'au xvne (v. Lex. de Malh., 623 et 624) ; Corneille l'emploie : Et je le connais moins, tant plus je le contemple (IV, 307 , Suite du Ment., v. 335); Tant plus il t'enrichit et tant plus tu hasardes (VIII, 224, Imit., II, v. 996)1.

La locution tant plus, donnée encore par Oudin (Gr.,295), est blâmée par Vaugelas, qui la juge de « vieille mode » ; il veut remplacer tant plus répété par plus... plus (I, 98). Pour La Mothe le Vayer supprimer tant, c'est mener la langue à sa ruine (36) 2.

Tout plein. — La locution tout plein de déplaisait à des « éplucheurs de phrase», qui en « faisoient l'anatomie » ; Vaugelas, tout compte fait, préférait « se laisser emporter au torrent » et en user, mais il ne publia pas cette remarque (II, 474).

Tout plein est très usuel : Phagomart ancien Berger, qui avoil tout plein de crédit (Diane des bois, 43 et souv.) ; et même il lui raconta tout plain de particuliarités (Prise du cap. Car., 1622, V. H.L., IX, 272) 3.

Tout de mesme. — Vaugelas le trouve fort bien dit, quand on n'y ajoute pas que, soit pour répondre à une interrogation, soit autrement ; ainsi : L'autre est-il comme cela? tout de mesme. Vous voyez celuylà, l'autre est tout de mesme. Mais on ne doit pas faire une phrase du genre de celle-ci : Celuy-là est tout de mesme que Vautre, c'est extrêmement bas, et du dernier de tous les styles (II, 340-41). En vain La Mothe le Vayer protesta (86 ; cf. Th. Corn., II, 341). L'Académie confirma cette sentence.

1. Cf. Car tantplus j'engoustois...Et tant plus, contre macoustume. S'augmentait en mon cœur le désir d'engouster (Sl-Amant, 1, 111); tant plus on les regarde, tant plus elles s'aggrandissent (R. Franc., Merv. deNat., 185) ; Mais plus uu.r factions que je voy projetter Je demeure insensible, et tant plus ma bonté Semble 1rs irriter Kaean, II, II'.» ; l'uni j)lus je me soumets au pied de ses autels. Tant plus je me rabaisse audessous des mortels, Plus je vog ma grandeur estre au-dessus îles anges Ed., II, 401) ; Mais tant plus je nie/force à les combler de biens. Plus s'augmentent leur haine et leur ingratitude (Éd., II, 108); la sullade estant lanl [>lus agréable, qu'il g a de dirersitez d'Herbes qui la composent {Jard . fr., 233). On le retrouve aussi dans d'Ouville {Contes, II, 332), dans Scudcry (Poés. div., 253), dans Scarron (Dern. œuvr., I, lso).

Page 1