Cf. Hary, Rhét
3. Cf. plein une cuillère d'argent {Del. de la Camp., 86); Et des Flèches plein un Carquois (Scarr., Œuvr.,l, 433).
Très. — La locution plus que très disparaît. Vous estes belle plus que très (Corn., X, 174, Poés. div., 6).
Traîtreusement. — Vaugelas avait fait une longue remarque contre cet adverbe (II, 466). Il croit impossible de tirer un adverbe de traître. Malherbe avait cependant dit traîtrement : Le tuer... traîtrement, c'est mettre le crime si haut qu'il ne puisse aller plus avant (I, 353).
Un petit. — Il est encore en plein usage. Mais un petit peu est considéré par Oudin comme un mot qui « se dit aux frontières et qui n'est point à propos » (Gr., 279).
Voire *. — Au xvne siècle, Du Val note que cet adverbe, « bien que fort propre, est fort difficile à entendre» [Esch. fr., 263). Patru déclare qu'il n'est plus en usage; Oudin le juge trop vulgaire (Gr.y< 284) ; mais Mlle de Gournay, le voyant employé par les meilleurs écrivains, prend sa défense (0., 591). On le trouve chez Malherbe (I, 247 ; II, 24 et 80) ; Régnier (Sat., III) ; d'Urfé (Astrée, 1614, II, 94) ;leP. Garasse (Doctr.cur., 970, 971) ; VOrphyse de Chry santé (1. I, 209) ; Sore\(Polyand., II, 546) ; Corneille (VI, 360, Sertorius, Au lecteur); Bourg, poli, (V. H. L., IX, 157; cf. V, 303); Balzac (1,231)2.
Voire même. — Donné par Oudin dans ses Phrases (64), il est banni par Vaugelas, qui « ne le condamne point aux autres », mais ne voudrait pas s'en servir, car on ne le dit plus à la Cour (I, 110). La Mothe le Vayer soutient cette expression que, d'après lui, les plus éloquents hommes du siècle ont employée (38). Elle est commune dans les textes : Mais faut-il que... cest espoir... me tente jusques à la dernière heure? Voire mesme qu'il me survive en me faisant espérer ? (Fleurs de Véloq. /*/-., 13).
Voirement. — Il disparaît aussi. Malherbe l'employait encore (II, 186, 223), et Vaugelas, dans une remarque non publiée, le jugeait fort bon (II, 438).
Voici enfin une liste d adverbes et de locutions adverbiales blâmés plus ou moins nettement par Oudin dans sa Grammaire. Il en est qui sont encore cités par Maupas sans aucune observation, et parcon-
1. Très vivant au xvi« siècle :Marot (I, 22; 11,105, 146, etc.) ; Baïf (III, 191) ; Ronsard (II, 100 ; cf. Lex., M.-L., II, 371) ; Montaigne (1. 1, chap. 3, t. I, 15; 1. I, ch. 4, t. I, 25; 1. II, ch. 12, t. IV, 3. etc.).
2. On le retrouvera aussi chez les burlesques : Scarron {Virg., II, 256). Cf. Ils ont en extrême abondance, Des Gens si lestes, si parez, Clinquantez, brodez et dorez, Et voire, jusqu'au moindre Page, Qu'on najamaisvû d'équipage, Ny si riche, ny si brillant (Loret, 21 juillet 1657, v. 22-27) ; Les pauvres Flamans éperdus, Ayans ces discours entendus, En leur langage dizent « Voire, Vous nous en faites bien acroire » (Id., 28 sept. 1658, v. 245-248).
séquent admis par lui; je les fais suivre de l'initiale M et du numéro de la page delà grammaire de Maupas : d'ahordade (Oud., 274, M., 344 ; cf. Hardy, Gesippe, v. 152), d'abordée « (Oud., 274), alternativement (Oad., 298, M. , 362), cTarnuee^Oud., 274,M., 344), aussi conjointement (Oud., 299), su bout de tout (Oud., 300), en cependant (Oud., 271), chacun safois (Oud., 275), cinquiesmement (Oud., 274), continuëment (Oud., 270), à costiere (Oud., 262), à demeurant (Oud., 298), de par ensus (Oud., 298, M., 365), à Ventour, tout à Ventour (Oud., 263), envy (Oud., 297), de fait advisé, de fait a pens (Oud., 282), d'heure (Oud., 270), d'icy à un peu (Oud., 270, il faut dire : d'ici/ à peu, d'icy à tout temps), à V instar (Oud., 295), d'intrade (Oud., 274), de jour à jour (Oud., 275), au jour à la journée (Oud., 271) 3, maugré (Oud., 297), en outre (Oud., 298), parfois (Oud., 271, 276, 298, M., 365), par laps de temps(Oud., 212), à part moy, soy, toy (Oud., 299, M., 365), à cette pièce (Oud., 266), le passé (ne se met point, il faut par le passé, Oud., 268); il y a bonne pièce (est vulgaire, Oud., 267), pied à pied (Oud., 280, M., 349, 363), de pied à pied (Oud., 299), prestement (Oud., 283), quantes fois (Oud., 276), quartement, quatriesmement (Oud., 274), quintement (//>.), de relevée (Oud., 270), en retour (Oud., 298, M., 362), sextement (Oud., 274), à soir (Oud., 269, M., 343), à suffisance (Oud., 278), ce temps pendant (Oud., 271, M., 343), à tousjours (Oud., 273), de tousjours (Oud., 273), à la tournée (Oud., 275).