‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 5)Chapitre 122 sur 134 · FORMES DE DIVERSES LOCUTIONS · texte numérisé non relu

FORMES DE DIVERSES LOCUTIONS

A, suivi d'un article et d'un adjectif, féminin s'emploie toujours très librement pour faire des locutions adverbiales : boire à Vallemandc (Maynard, OEuv., 1646, 211) ; à la cavalière (Furet., Rom. bourg., II. 73), auquel s'oppose à lapédantesque (Bezançon, Les Médec. à la cens., 205). Dans Scarron, le casque de l'illustre Romule porte deux cornes a la fantasque (Virg., II, 182). Le P. Garasse reproche aux grammairiens de son temps d'alîecter des noms à la Payenne Doctr. cur., 101 9-1 020). Cf. encore : une chais ne d'or à ht soldatte (Chapel.,

1. On disait aussi au wr siècle : à V abordée Du Vair, S58, SI . Littré donne tl<^s exemples de d' abordée, trouvés dans S'-Simon : on /il marcher les régiment* nu vil-

lage de Nerwinden qu'Ut attaquèrent d'abordée ;<e<>c fureur U, L37;cf. Id.. r

2. Cf. ces exemples de d'arrivée, donnés par Littré : il n'a a point de doute.... que il' arrivée vous ne portiez île letnnneinenl où VOUt passerez Malli.. IL 'Ji»n--jo| ; Après tous ces propos (ju'on te dit iVnrrivèe Régnier, Stt., Vlll , JE. de Vendôme fait donner ses

troupet d'arrivée S'-Simon, 204, 234 .

3. Au jour lu journée a été relevé par Liltré dans Vaugelas el dans Mm' de

-né.

l'adverbe et les locutions adverbiales 375

Guzm. d'Alf., III, 511); s' étant paré à la soldat te (Scarv . , Dern . œuv., I, 158); avec des caudebecs furieusement retroussez a la mauvaise (Dub. Mont., A., 18).

Sont acceptées par Oudin : a bouchetons (281), à chevauchons (ib), à mal-aise (297), à belles ongles, à double carillon (282), à la foule (275), à porte ouvrant, à porte fermant (269) ; à soleil levant, à soleil couchant (ib).

Il suffira de se reporter au chapitre de la syntaxe des prépositions, si Ton veut comprendre pourquoi un très grand nombre de locutions adverbiales hésitent entre deux prépositions différentes. S'agit-il d'exprimer le temps, on trouvera à, en, de, par: Et vis à mesmejour De ce Dieu tout-puissant menasser et reluire Le courroux, la bonté, la justice et V amour (Racan, II, 38) ; Charment à mesme temps et Vesprit et lave uë (Mairet, Sylvie, 33, v. 314) ; Segrais(iYowu./r.,Ienouv., 137) emploie à ; ailleurs il met en (4e nouv., 167); cf. il le prit par un bras, et au mesme temps, il passa un homme (Sorel, Polyand., I, 125).

Même chose quand il s'agit de la manière : tout à bon est en concurrence avec tout de bon : « Je brise là, écrit Balzac a Conrart, et vous dis, tout-de-bon, ou tout-à-bon, que si vous n'estes très persuadé de mon innocence et de ma bonté, je suis résolu de brusler toutes mes plumes, et tous mes papiers» (15 avril 1652 ; cf. tout a bon SLAm., II, 395 ; Segrais, Nouv. fr., Ie nouv., 281). Tout à un coup et tout d'un coup se rencontrent, sans qu'on fasse grande différence entre eux. Comparez encore au contraire et du contraire l.

Il est plus surprenant à première vue de trouver ce même échange de prépositions dans des expressions marquant le lieu : me voyant tourner la teste à costé (Astrée, 1614, II, 403; cf. 848). A côté en ce sens était usuel 2.

1. La même observation doit naturellement être faite sur les locutions prépositives; de force de rire se dit aussi bien que à force (Astrée, 1614, II, 766).

2. Je ne dis rien des mots négatifs. J'ai déjà marqué (II, 379) la décadence de ceux qui devaient disparaître. On ne les retrouve au xvne siècle que là où ils peuvent fournir des rimes faciles ou burlesques. Loret fait un usage immodéré de mie.

Nenni semble un peu moins compromis. Mais, si des grammairiens attardés, comme Bernhard, l'acceptent encore, on ne le trouve plus que dans des textes spéciaux, comme chez d'Aubigné ou chez Racan (I, 31).

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