PRÉPOSITIONS SUIVIES DE DE
Un certain nombre de prépositions se faisaient suivre ou non de la préposition de. On essaya de fixer la syntaxe.
Près. — Il commence à ne plus se construire sans de. Dupleix enseigne à de Morgues que ce sont les crocheteurs qui disent prez la porte Montmartre (Lum., 320). Vaugelas préfère qu'on dise près du palais royal, mais il convient que « enseignant un logis à Paris, il est assez ordinaire d'ouïr dire près la porte S1 Germain, peut-estre pour abréger. » Il tient du moins que, quand le régime est un nom de personne, il faut de : près de moy, près de cette Dame. Au reste, il est mieux, en pareil cas, de se servir d'auprès (II, 72) 2.
Après. — Devant un infinitif, on mettait après à ou après de : La nature est toujours après à produire (Malh., II, 5) ; être après de faire une chose (II, 507) ; Je suis après de les achever (Id., IV, 176; cf. 1,418, II, 6il-i2, III, 320) K
Vaugelas a fait une observation sur ces deux passages (II, 11). Il trouve ces façons de parler basses. Chapelain préférait la première, mais bientôt l'une et l'autre cessèrent de plaire. Thomas Corneille eût même rejeté être après sans infinitif . Cf. Les livres n en apprennent
1. A consulter quelques ouvrages particuliers du temps : J. de Ghabanel. Les Sources de V Eloquence françoise, Toulouse, J. Colomiès.Ce livre roule sur l'usage des prépositions li. X., X, 13297, S»« Gen., 12°, X, 373. Max., i»oi>;ii ;Ogier, InvenUiredet parlicules françoises (Mazar., iilon ; A. Oudin,Pe//7 Recueil de phrases proverbiale* ri autres locutions. Paris, Ant. de Sommaville, 1646, in-12° Bibl. Brunol el Ma/.ar.. 10279 v .
2. Loret mélange encore près de et près : Près la ville de Périgueux Loret, II» juil. 1653, v. 123) ; Ce fut près le Port de Toulon Id.,22 nov. 1664, v. 87] : Me plaça prêt trois demoizelles Id., 19 avril l»>:>». v. 43).
On trouve aussi auprès sans de : Lf/sandre se retirant d'auprès les boulii/nes Corn.. Gui. du Pal., 1,7 : // en rint un autre d'auprès h Croi.r-du-Tiroir [Conf.det serv. de Paris, V.U.L., 1,316).
3. Cf. Je veus croire <///'// est après h travailler ii fous ces beaoi ouvrage* [Let. de
Phyll., II- part, 1 16;) encore dans Regnard : I.;<issez-inoi faire: je suis aj>rès à établir une ma nu facture de fflaces exprès pour les vieilles Regn. et Dufr . , La /bire de Saint- Germain, a. I, s» . xi .
rien ; et je m'assure que les Jésuites, que vous me dites être après, en savent aussi peu (Malh., IV, 7). L'Académie sauva la locution.
Hors. — Selon Oudin, il faut dire hors de son sens, hors de la maison. Hors temps est une phrase défectueuse, et nécessairement la préposition hors régit le génitif (Gr., 306).
Cette règle, qui n'avait pas été donnée par Malherbe, ne fut pas confirmée par Vaugelas(I, 218), et elle n'est pas toujours observée, tant s'en faut, pendant le xvne siècle: Ils la menoient hors la ville pour V assommer (Malh., II, 72-73) ; Un y a point de contentement hors la jouissance du souverain bien (Id., II, 523) ; Un y a point de salut hors l'église romaine (Balz., I, 682) ; // estoit contraint... de travailler... dans un jardin hors la ville (Vaug., Q. C. , IV, I).
On trouve aussi dehors sans de : Dehors le Royaume (Har. de VÉv. de Montpel., Théât. d'Eloq., 160).