‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 5)Chapitre 24 sur 134 · LA THEORIE DU BON USAGE · texte numérisé non relu

LA THEORIE DU BON USAGE

Les événements politiques qui suivirent, et qui amenèrent labais- * sèment du Parlement devant le pouvoir royal rendirent La proéminence de la Cour définitive.

Le langage de la ville et l'Usage de la cour. — Les pédants ' mis hors de cause, l'autorité du Palais ruinée, où la mode pouvaitelle et devait-elle chercher l'usage ? Dans l'usage général de ce qu'on appelait alors la Ville? Le caractère même de la société et de la littérature du temps ne permettaient pas seulement d'y penser.

bon langage ne pouvait être que celui d'une aristocratie, quelle ' qu'elle fût. J'ai dit plus haut ce qu'il fallait penser du mot de Malherbe « parler comme les crocheteurs ». Il n'a pas combattu la suprématie de la Cour, mais d'autres l'ont fait '. *

Parmi ceux-ci, se trouve naturellement Camus qui, en L625, discutait encore cette tyrannie injustifiée: « Et à quel tribunal estce que Ion traîne la pauvre éloquence pour estre jugée? Gomme si les courtisans (gens pour la pluspart sans littérature, et qui tiendroient à honte le tiltre desçavans) estoient establis pour donner le cours aux frases aussi bien qu'aux fraises... [; à la Cour, rien n'est de longue durée, et il en est des mots comme des airs : quand ils ont esté chantez quelque temps, ils importunent autant qu'ils ont pieu2, o

Mlln de (iournay refusait aussi jusqu'au bout de reconnaître pour règle de l'usage « l'opinion de trois douzaines d'aygrettes et d'autant de bien coiffées qui vont au Louvre » (0., 598). Le langage des courtisans change comme les plumes qu'ils portent sur la tête. Ce sont « les nobles cousins de l'Arc-en-Ciel » [Ibid., 603).

En 1647, il n'y avait plus deux manières d'entendre le bon usage. *" C'était pour Vaugelas « la façon de parler de la plus saine partie de la Cour ». Par Cour il ne faut pas, naturellement, entendre seulement le roi, les princes, leur entourage immédiat, mais ceux qu'ils reçoivent, « les femmes comme les hommes, et plusieurs personnes de la ville où le prince réside, qui par la communication qu'elles ont avec les gens de la cour participent à sa politesse... ' ». Vaugelas ne s'est pas lassé de le répéter : « C'est un des principes d©-*notre langue... que lorsque la cour... parle d'une façon et la ville ♦ d'une autre, il faut suivre la façon delà cour >>^La règle est absolue. X

1. Voir- A. de Laval, Dessein des professions nobles et publiques, n>l^ (4°), f° "iO'j et ';t Richer, Deanalogia,, p. 73 (le premier de ces livres est à la Mazarine sou? la

cote !"[).">!, le second sous la cote 2022i, 8° de l'ancien catalogue).

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