‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 5)Chapitre 28 sur 134 · Pellisson. o. cit., I, p · texte numérisé non relu

Pellisson. o. cit., I, p

2. L'Issue aux Censeurs, à la suite d'Alcime, Paris, chez Martin Lasnier, 1625. On ne saurait mettre en doute la date de cet opuscule, si intéressant et si peu connu: l'Issue aux Censeurs est paginée à la suite cl A Icime (p. 557); elle commence au milieu d'une feuille (Aa iiij); en outre il y a, au début du volume, après l'Épi tre dédicatoire d' A Icime, un Renvoy à L'Issue.

comme de petits conciles qui reduiroient les particuliers à des formes de s'expliquer plus universellement receues » (619-622).

( /est ce qu'on peut espérer de cette grande et fameuse Académie qui se commence à Paris, théâtre de la France. Entre les profits qui en peuvent revenir au public, cestui-cv ne sera pas des moindres, x puis qu'il nous apprendra comme il faut bien parler, afin que nous ne / soyons plus estrangers en notre propre terre, et que la France soit toute d'une lèvre et d'un idiome » (622-623).

*■ Le texte est très curieux, et montre que c'est dès 1625 et 1626, et non, comme l'indiquait Pellisson « environ l'année 1629 [ » que l'établissement d'une Académie officielle apparaît comme une nécessité. Richelieu, dès le début de son ministère, intervint pour la créera

En effet, la réglementation de la langue, souhaitée par tous, était voulue par lui. Il « aimoit la langue françoise », en laquelle il .< écrivoit lui-même fort bien 2 » ; surtout, il aimait l'autorité, prétendait donner, au langage comme à l'Etat, une loi officielle. Cent ans auparavant, c'était tout autrement qu'un autre ami des lettres entendait les servir: contre la Sorbonne latine, François Ier fondait un collège de recherches plus libres, ouvert aux langues proscrites, aux sujets les plus controversés; Richelieu insti-^ tuait, lui, une Faculté de langue française, un corps destiné à devenir ; le maître, mais en même temps le juge du langage et des productions littéraires. Dès le début, il impose sa volonté, très nette. Si l'Académie consume son temps aux discours hebdomadaires, il » témoigne « qu'il attend de ce corps quelque chose de plus grand I et de plus solide ;î » ; et plus tard encore, quand chacun boude à \ Y l'ouvrage du Dictionnaire, le Cardinal se fâche : « l'Académie ne J fait rien d'utile pour le public J ».

Les hommes à qui fut confiée cette mission, il faut leur rendre justice, ne témoignèrent aucun enthousiasme, quoiqu'il y eût de quoi flatter leur vanité. Ils se laissèrent constituer en Académie plus qu'ils ne le demandèrent. Quand Sirmondleur proposa de s'engager par serment à suivre leurs propres règles, ils ne voulurent pasmême pour eux de ce sacrifice solennel de la liberté. Lorsqu'il s'agit de faire, vis-à-vis de Corneille, acte d'autorité, il fallut presque les contraindre. Mais, quelque répugnance que la compagnie témoignât à accepter et à exercer le pouvoir, elle n'en prenait pas moins.

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