‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 5)Chapitre 29 sur 134 · Ihid., I · texte numérisé non relu

Ihid., I

i. Ihid., I. KiT.

Histoire de la Langue française. III. 3

bon gré mal gré, le gouvernement de la langue. En existant, elle agissait, fût-elle demeurée impuissante à produire. Personnifiant l'idée de la règle, elle la consacrait, et devait par conséquent l'imposer tôt ou tard aux esprits comme une loi d'Etat.

Aussi bien, l'objet spécial de l'Académie apparaît-il dès les premières délibérations. Faret, dans un discours qui contenait « comme le projet de l'Académie » disait explicitement « qu'il sembloit ne manquer plus rien à la félicité du Royaume que de tirer du nombre des langues barbares cette langue que nous parlons, que tous nos voisins parleroient bientôt, si nos conquêtes continuoient comme elles avoient commencé ;... que notre langue, plus parfaite déjà que pas une des autres vivantes, pourroit bien enfin succéder à la Latine, comme la Latine à la Grecque, si on prenoit plus de soin qu'on n'a voit fait jusqu'ici de l'élocution, qui n'étoit pas à la vérité toute l'éloquence, mais qui en faisoit une fort bonne et fort considérable partie ' ». Quelles seraient donc les fonctions des académiciens? — ^Ce serait « de nettoyer la langue des ordures qu'elle avoit contractées, ou dans la bouche du peuple, ou dans la foule du Palais et dans les impuretés de la chicane, ou par les mauvais usages des courtisans ignorants, ou par l'abus de ceux qui la corrompent en l'écrivant, et de ceux qui disent bien dans les chaires ce qu'il faut dire, mais autrement qu'il ne faut : que pour cet effet il seroit bon d'établir un usage certain des mots : qu'il s'en trouveroit peu à retrancher de ceux dont on se servoit aujourd'hui, pourvu qu'on les rapportât à un des trois genres décrire, auxquels ils se pouvoient appliquer; que ceux qui ne vaudroient rien, par exemple, dans le style sublime, seroient soufferts dans le médiocre, et approuvés dans le plus bas et dans le comique ; qu'un des moyens dont les Académiciens se serviroient pour parvenir à la perfection seroit l'examen et la correction de leurs propres ouvrages ; qu'on examineront sérieusement le sujet et la manière de le traiter, les arguments, le style, le nombre, et chaque mot en particulier 2 ». Dès la seconde assemblée, Chapelain, en approuvant le projet « de travailler à la pureté de notre langue, et de la rendre capable de la plus haute éloquence » représente que « pour cet effet il falloit premièrement en régler les termes et les phrases par un ample Dictionnaire et une Grammaire fort exacte, qui lui donneroit une partie des ornements qui lui manquoient ; et qu'ensuite elle pourroit acquérir le reste par une Rhétorique et une Poétique, que l'on com-

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