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L ACADÉMIE FRAr^ÇAISE 3j
poseroit pour servir de règle à ceux qui voudroient écrire en vers al en prose 1 ».
Aussi les stahits et règlements de l'Académie établirent-ils en trois articles le programme de son travail linguistique :
'2i. La principale fonction de l'Académie sera de travailler avec but le soin et toute la diligence possible à donner des règles certaines à notre langue, et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences.
23. Les meilleurs auteurs de la langue françoise seront distribués aux Académiciens pour observer tant les dictions que les phrases qui peuvent servir de règles générales, et en faire rapport à la Compagnie, qui jugera de leur travail et s'en servira aux occasions.
26. Il sera composé un Dictionnaire, une Grammaire, une Rhétorique et une Poétique sur les observations de l'Académie 8.
Travail de l'Académie. — Comme on sait, l'Académie tenait registre ,de ses décisions. Mais ces précieux documents ne nous sont pas parvenus '. Pellisson nous dit seulement : « L'Académie faisoit fort souvent des décisions sur la langue dont ses registres sont pleins ; elle en faisoit aussi quelquefois de semblables sur la simple proposition de quelque Académicien, et lorsqu'à la cour, comme il arrive souvent, un mot avoit été le sujet de quelque longue dispute, on ne manquoit pas d'ordinaire d'en parler dans réassemblée. Telle fut, par exemple, cette plaisante contestation, née à l'hôtel de Rambouillet, s'il falloit dire muscardins ou .muscadins, qui'fut jugée à l'Académie en faveur du dernier4 ». Pellisson a lu aussi dans les premiers registres l'examen des Séances de Malherbe pour le Roi allant en Limousin : il en donne un court résumé où l'on voit comme l'origine des Observations de Ménage sur les Poésies de Malherbe 5.
Les pamphlets des adversaires de l'Académie ne peuvent nous servir à remplacer ce qui nous manque. Elle a été moquée, il eût mieux valu pour nous qu'on la discutât6. Tout d'abord, il faut écarter le libelle que Sorel a intitulé : Le rôle des présentations aux grands jours de ï Eloquence françoise. Il est daté du 13 mars 1634.