I. OPPOSITION \ V\l GELAS i
bien que la est la clef du livre de Vaugelas, et il élève toutes sortes de doutes. Comment saura-t-on quelle est la plus saine partie delà Cour et des auteurs? La déférence montrée aux femmes est trop grande, et conduit l'auteur à se contredire. Dans le principe 2, sur la prépondérance de la Cour, mêmes inconséquences. Tantôt Vaugelas est obligé de corriger les courtisans parles auteurs, tantôt il abandonne eeux-ci en faveur des premiers. Alors où est la règle ferme9 Tout est fondé sur le capriee et le sentiment.
En dehors de l'usage, Vaugelas ne connaît que l'analogie principe 5). Il oublie l'anomalie, qui lui eût expliqué les choses prétendues faites contre raison. Les principes 17 et 18 : qu'il n'est jamais permis de faire des mots, sont deux des plus discutables. Dupleix objecte que Vaugelas se contredit, en acceptant quelques nouveautés ; que c'est une maxime des jurisconsultes que celui qui a le droit de détruire l'a pareillement d'édifier ; qu'il y a des choses naturelles qu'on découvre, et plusieurs artificielles que l'on fait de nouveau, pour lesquelles il faut de nouveaux termes ; qu'Horace a autorisé ces créations ; que les gens qui ont connaissance des choses, ont le droit de leur imposer des noms ; que notre langue étant plus stérile que la latine a bien le droit de l'imiter ; que Ronsard, Du Perron, Du Vair, Vigenère y ont travaillé heureusement ; que si on évite même les phrases nouvelles, il n'y aura plus qu'un style.
Il suffirait de lire un article comme celui-ci pour voir, tout ù nu. les défauts comme les mérites de Dupleix. Mais ce n'est là pour ainsi dire que la préface de son livre. Les bases posées, il examine, dans l'ordre alphabétique, une grande quantité des Remarques, qu'il reproduit, jusqu'au moment où, abandonnant la critique, il extrait celles qui lui paraissent bonnes et utiles (p. H35 à la fin . Beaucoup de ses objections lui sont inspirées par La Mothe Le Vayer, qu'il copie quelquefois sans le nommer 1 , qu'il cite loyalement en beaucoup d'endroits. Beaucoup sont originales, et celles-là sont de nature et de valeur très différentes. Il serait facile de présenter Dupleix comme tout à fait ridicule : il ne lui en coûte pas d'en appeler à l'Ecriture et de remonter au déluge, plus haut même, pour prouver par exemple la force de la lettre a (115, 85, etc.); il serait possible d'autre part de trouver dans le pêle-mêle de son livre quelques observations fines d'un grammairien supérieur ; ni l'un ni l'autre de ces aspects ne serait le vrai, et s'il fallait porter un jugement sur lui, on devrait y faire ressortir avec soin les contradictions.
Il lâche quelques gros mots, mais, en général, malgré les démê-