Pellisson, Hist. de l'Académie, éd. Livet, I
3. Lautrige, Abrégé de la grammaire françoise en vers burlesques. Paris, chez, l'auteur, 1652, in-12°. Bibl. Nat., X, 443.
4. Le Virgile travesti et les Poésies diverses de Scarron montrent ce que deviennent chez les burlesques, épopée, odes et stances, élégies et épithalames, satires et épîtres, sonnets et rondeaux.
Il is loi m: DE IA LANGUE FRANÇAISE
Ajoutons que Les théoriciens de la langue noble tolèrent, par mépris, ces libertés : pour eux, le burlesque est un genre à part. Malherbe, dans sa distinction des genres, accordait des licences spéciales à La satire et à la comédie (IV, 326). Vaugelas y ajoute le burlesque dou veau-né. Ce sont trois genres inférieurs (Préface, I, 26). Ainsi c'est trop peu de dire que le burlesque échappe à la règle, il est tait contre la règle. Quand on déclare d'un mot qu'il est burlesque, on déclare qu'il est ou vieux ou bas, ou que, pour une raison quelconque, il est hors de l'usage.
Un double procédé permettra de s'en rendre compte. Il suffit de contrôler, en premier lieu, un texte burlesque par les grammaires ou les dictionnaires de l'usage. Voici quelques vers de Scarron, tous h» mois soulignés sont exclus du bel usage :
Pyrrhus d'une hache tranchante
Sur la porte à grands coups charpente.
Ce maître faiseur de coupeaux,
En tranche bientôt les poteaux.
Tout ainsi qu'il eut fait des rares.
Son pore le patron des braves.
En bonne foy n'eût pas fait plus.
Priam, et son monde reclus,
\ chaque coup que sa main donne,
Dont le vaste palais resonne.
Fait de pitoyables helas,
Priant Dieu qu'il soit bien-tôt las,
Et n'achève point la besogne.
Luy, si bien laille et si bien rogne,
Qu'à la fin dans le Royal huis,
Il fait un grand vilain pertuis.
L<- Virgile travesti/, I. 152-153.
Inversement, si l'on applique les théories des grammairiens à I usage burlesque, on voit le burlesque admettre tous les mots condamnés. Il use. — jusqu'à en l'aire un procédé comique — des mots réalistes quiebuquaient le goûï des raffinés. Malgré Vaugelas, il emploie poitrine. II reprend, contre Malherbe, barbier, charogne, onguent, ulcère, rentre... Tous les mots p desbonnétes »> lui sont familiers;
A", crapuler Scarron, Vïrg. trav., Il, 213), dégobiller ïd.,
//>/'/.. 1,217 . rendre gorge Richer, Ov. /><>u/p>n. p. i>7."> .
me liberté à L'égard des mots bas. Tandis que les puristes
ertuaienl a voiler par la noblesse des termes la vulgarité «les
'•v le burlesque <-t c'esl là son essence même applique aux
k les plue nobles les termes les plus vulgaires. Il garde vitu-
père, entaché, malgracieux, taxer, à l'endroit de, quasi, etc. Les mots