‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 5)Chapitre 49 sur 134 · LE BURLESQUE · texte numérisé non relu

LE BURLESQUE

du Parnasse », entraînés par l'exemple, et séduits par la facilité du genre, s'écartent de plus en plus de la règle, Scarron en arrive ai prononcer la condamnation du style burlesque. Plus de motsy déshonnêtes ou bas :

Ils ont pour discours ordinaires Des termes bas et populaires, Des proverbes mal appliqués, Des quolibets mal expliqués, Equivoques à choses sales, En un mot, le jargon des halles, Des crocheteurs et porteurs d'eau, Nommé langage du Ponceau...

Plus de mots vieux :

Ils font des vers en vieux gaulois N'en pouvant faire en bon franç.ois, Et disent que c'en est la mode.

Quand l'article les incommode1, etc..

Dès lors, c'en était fait des Virgile goguenard, des Ovide en belle humeur ou des Epîtres burlesques de Pénélope à Ulysse. Dès 4652, Pellisson blâme cette « fureur du burlesque dont à la fin nous commençons à guérir ?.»

Balzac, qui s'était peut-être essayé aussi dans le burlesque :i, et dans son XXXVIIIe Entretien une condamnation formelle du style burlesque : « Ne sçauroit-on rire en bon François?... Faut-il aller chercher un mauvais jargon dans la mémoire des choses passées et tascher de remettre en usage des termes que 1 usage a condamnez ? . . . » Et en même temps que cette manie « de desenterrer une langue morte », il reprochait aux burlesques « d'amasser toute la boue et toutes les ordures du mauvais langage ». Il concluait : « On peut se travestir et se barbouiller au Carnaval, mais le Carnaval ne doit pas durer toute l'année4 ». En 1 658, le P. Vavasseur prouva, en un énorme in-quarto de 462 pages, que les Anciens n'avaient pas connu le burlesque \ Tous alors se déclaraient contre ce style et ce langage : Y Art Poétique n'eut qu'à prononcer sa déchéance G.

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