Il est dans Du Vair
2. Je ne trouve aucune condamnation de composés d'autres types, tels que les ïambes doux-coulans (René Franc, Merv.de Nat.,b2l), son œil doux esclairant (Ma\nard, II, 64). Ils disparaissent spontanément.
3. Il va sans dire que les substantifs de ce genre sont très nombreux.
ff° 90 v°), auxquels on peut ajouter quelques expressions comme larges pleurs (f° 323 v°).
Je ne vois point que Vaugelas traite spécialement du latinisme. Il se borne à blâmer quelques mots, comme fratricide. Ce qu'il pense et dit en général de la raison invincible, qui veut que chaque langue soit « maistresse chez soy » (I, 338), lui paraît suffire. C'était bon du temps de Deimier de protester encore contre les latiniseurs et les grécaniseurs, qui éprouvaient le besoin de dire le sol pour la terre (480-481). Vaugelas n'examine plus que des cas particuliers et en général sa décision est favorable. Voir à expédition, féliciter, incendie, insidieux, insulter, sécurité, transfuge, vénération.
Latin. — Agenda : Faites-en, s'il vous plaist, un article de votre agenda (Chapel., Let., 1640, I, 623); — appétence (texte de 1603, H. D. T. ; cf. Cotgr.); — armateur (Cotgr., H. D. T.); — aversion (attesté au xvie s. : M1U de Gournay le dit inventé par les Courtisans (Adv., 386) ; cf. Corn., Cid, V, 1, Racan, I, 264 ; — balsamique (1636, H. D.T.); — baptistaire (Cotgr., ib. ; cf. papier baptistaire, Cost., Let., II, 41); —bilieux (Oud., 1642, H. D. T.; cf. Chapel., Guzm. d'Alf., III, 302) ; canonicat (Cotgr., H. D. T. ; — circonvallation (Voit., ib,) ; — circonvaller ('Chapel., Let., I, 552); — cismontin (Id., ib.. I, 621); — compotation (Chap., Let., II, 304) ; — concis (Cotgr., H. D. T.); — consternation (Id., ib.) ; — contact (Id., ib.) ; — conviction (Qud., 1642, H. D. T.) ; — cooptation (Chap., Let., I, 385); — crédibilité (Balz., I, 905, H. D. T.) ; — culte (Cotgr., H. D. T.,God. cite un ex. du xvi'* s. ; cf. Vaug., Rem. posth., II, 469); — curritoire (Gar., Mém.y 51); — détectant une clause — )(Peir., Let. a Dup., I, 145); — délire (Oud., 1642, H. D. T.) ;— détergent (Cotgr., H. D. T.) ; — diffusion (texte <!e 1610, H. D. T.) ; — digladation (Chap., Le/., II, 17) ; — dissertation : A vostre exemple je l'appelle icy ma Dissertation, parce que nous vivons en pays de liberté, et que les crimes de cette nature ne sont pas de la jurisdiction des Grands Jours. Mais je n'aurois garde d'estre si téméraire à la Cour, où il n'v a plus de grâce pour les mauvais mots, ni de seureté pour les Innovateurs de la langue (Balz., Let., 1. VI, let. 45, 243 ; c'est un titre que portent beaucoup de ses opuscules); — duumvirat (Qud., 1642, H. D. T); — elumbe (Chap., Let., I . 390) ; — éluder (Oud., 1642, cf. Leurs Arêts, en de bonnes formes, Eludans des profits énormes, Loret, 18 mars 1662, 32); enodation (Chapel., Let., II, 332) ; — exact que Vaugelas croyait nouveau, et dont II. D. T. ne cite pas d'exemple avant Cotgr. est dans Du Bellay [Deff. d M. éd. Person, 121); — explanateur (Chap., Let., II, 100); — exeibiler (Id., I, 686) ; — extemporanéUé 'Balz., Let. inéd., LXXVI, p. 619-620); cf. : .le maudis de bon cœur ce que vous appeliez extemporaiwitt', et que je nie contenlerois de Dominer un inpromptu (Costar, Le*., 1, 968) ; — fortitude qq. ex. au M. A.. I.. c*es! aussi la fortitude ou courage, la tempérance et justice Théoph., 1, 32; cf, Loret, 9 fév. 1659, 14); — fratricide (voir plus haut : fratricide exécrable Onophage^
Y. II. L., III, T.-; ; cesse d'aspirer au nom <le fratricide <:<>rn.. llor.. II, ."» :
— générique (Desc, H. D. T.) ; — gladiatrice : je royavec horreur cea furieuses gtadiatrieet [Balz., L<-t.. 1. VII, Lett. 13, I. 311); — graveolenee : j«" creua qu'il falloit que sa natinerie <'t sa graveolenee ne vous eussent pas esté trop Bdel-
lement rapportées (Chap., Let., I, 264, 1638) ; — graveolent, commun dans les Let. inéd.de Balzac {Mel. hist., I, 592, 642, 658, 695); — halluciné (1611, H. D. T.); — helluon : ces helluons de livres (Chap., I, 338); — humiliation : Un prédicateur de la Cour osa se servir du mot humiliation, « mot fondé d'analogie expresse en la mesme langue, et tres-necessaire à elle et à luy prescheur . . . les dames s'en estomaquoient. » (Gourn., 0., 594); 0Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech. et C. A. Oud. ; Richel. : terme de piété; H. D. T. cite des exemples du xive, L. du xvie. Néanmoins le mot apparaissait comme un néologisme ; — incendie (Cotgr., H. D. T.; cf. Chap., I, 503, Vaugelas l'admet, I, 220) ; — infatigabilité (Scan., Dern. œuv., I, 150; cf. Chap., Let., II, 562, note et le Dict. de Richelet) ; — insidieux, mot attesté depuis le xivc siècle, mais considéré par Vaugelas comme nouveau (I, 107 ; cf. ib., Chapel. et Bouh., D., 50). Ménage seul lui était vraiment favorable. Il passa, malgré TA. Il est dans Richelet '■>
— insulter est dans le même cas ; fort ancien, il est approuvé comme une nouveauté par Vaugelas (II, 320; cf. Bary, Rhet . fr., 235); — judicatrice : «Si j'avois assez de crédit, j'introduirois en nostre langue le mot de judicatrice parce que celui de critique effarouche le peuple qui ne l'entend pas » (Balz., I, 1016) ;
— jugurthine fBalz., I, 765) ; — màrrucinile (Balz., Lett. inéd., CXXVIII, 741);
— nausée (Cotgr., H. D. T.); — obérer (Ib.); cf. Je Paul Scarron, pauvre corps obéré (Œuv., I, 369); - nasinerie (cf. à graveolent) ; — officiosité (Malh., III, 132) : Y officiosité même, s'il m'est permis d'user de ce mot; — patavinité = les admirateurs de Tite Live (Chap., .Le^., I, 224; le sens latin est dans Balzac, Le Rarhon, II, 704); — petulque : cet animal petulque et ennemy de ses présents [Menipée de Francion, 1627, V. H. L., X, 284); — perfunctoirement (Peir., Let. h Dup., I, 354); — phebus : il lui parloit tousjours phebus (Sorel, Franc, 218, H. D. T.); — plénipotentiaire (Balz., Disc, à la reg., H. D. T.; cf. plénipotentiairerie, Chapel., Let., I, 622); — populo (= enfant, Cotgr., H. D.ï.) ; cf. ils ont un petit Populo (Resp. des Serv., 1636, V. H. L., III, 106); Occire, en punissant la mère Un populo qui n'en peut mais (Richer, ()v. bouff., 217) ; — préliminaire (texte de 1648, H. D. T.); — proscrastiner (Chap., Let., I, 527); — propense: des choses où naturellement elles sont propenses (Tabar., II, 82) ; — putéane (Balz., I, 805) ; — putide (Chap., Let., 1,383); — sécurité, existait depuis le xvie siècle. Il est dans Malherbe, Vaugelas l'y a lu (I, 1 12) et il l'a entendu dire à des femmes de la Cour, il prévoit son succès, sans oser s'en servir ; — sélectes: un volume de lettres sélectes (Balzac, Lett. inéd., LVII, 564); — sévir (Cotgr., H. D. T.) ; — spirer (cf. v. fr., espirer) : ces deux ont spire un esprit sainct (Guerson, Anal, du Verbe, 33) ; — subordination P. Gar., 1624, H. D. T.); Peiresc écrivait subordinement (Let. à Dup., I, 734); — surreption : pour ne point tomber en oubli, inadvertance et surreption (Fr. de Sales, VI, 11); — temperie : la timidité des femmes... leur est ordinaire et comme donnée en partage de la nature, à cause de l'imbécillité de leur sexe et de la froideur de la temperie qui domine en elles (Tabar., II, 76- 77); — transfuge (avait paru au xivc s.); Vaugelas l'approuve (II, 175); cf. Bary, Rhet. fr., 234) ; — ursine : il me seroit aisé de prouver que mesme en qualité d'asne, de figure ursine... il devoit estre moins massif (Balz., Let. inéd., CXXVIII, 741 ; cf. Cotgr.) ;— vecordie (ld.,ih., let. X, 435); — vertige (Cotgr., H. D. T.); — vestibule: on prendrait aisément cette belle place pour une agréable anti-cour, ou pour un superbe vestibule (Segrais, Nouv. /r.,6enouv., 120).
Grec. — anachronisme (Balz., II, 378); — analyse (cTAubigné, H.D.T. ; cf. Let. dePhyll., II, 379) l; — anecdote (adj.) : cette histoire anecdote fut dépliée (Balz., Let. inéd., XXXVI, 509) ; — anonyme (d'Aubigné, H.D.T., cf. plus haut, p. 192); — apologiste (d'Aubigné, L., cf. Pasc, Prov., II, H.D.T.) ; — archaïsme (Chapel., Let., II, 74); — botanique (Cotgr., H. D. T.) ; — cetacé (Cotgr.? II. D. T.); — chorarque, maistre de musique, est si propre, si significatif, qu'il mérite d'estre receu de l'usage, aussi bien que monarque, exarque, toparque (Dupl., Lum., 296); — didascalique (Balz., I, 1054) ; — entousiastique (Chapel., Let., I, 574) ; — époque (texte de 1636, H.D.T.) ; — eutrapelie : il constitue es jeux ceste vertu que nous appelions Eutrapelie, laquelle n'est autre chose qu'une certaine joyeuseté (Tabar., II, 275); — galactophages: la pluspart Pasteurs, Galactophages (Gombauld, Endim., 250); — glyconique (Balz., I, 844);
— gryphes (Id., II, 694); — helléniste (texte de 1651, H.D.T., cf. Balz., I, 541); — hemerocentons (Id., II, 328); — homonyme (Cotgr., H.D.T.) ; — mateologie : ce né seroit plus une vraie théologie, mais une pure mateologie, (Gar., Mem., 267) ; panegyriser (Balz.,Le£. inéd., CXXI, 723; cf. Loret, 26 janv. 1658. 103); — paraphrastique (Chapel., Let., 11,790); — polémique (attesté en 1578, G), le genre polémique ou pour parler françois, dans le stile de combat (Balz.. I, 4054); — polyglotte (Chapel., Let.,\, 358); — prolégomènes (d'Aubign.. H.D.T., cf. Peir., Let. à Dup., I, 683); — protreptique (Balz., Let. inéd., XII. 444) ; — pyrauste (Gar., Rab. réf., 29) : comme une pyrauste sortit de la fournaise ; (cf. Hardy, Arist., V, 3, IV, 213, B.) ; — pyrrhonisme (Balz., II, 213, cf. Pasc, Pens., VIII, 9); — rhapsodie (Cotgr., H.D.T.); — thymelique (Peir., Let. à Dup., I, 637)2.
ITALIEN. — Deimier protestait encore contre l'emprunt inutile de mots tels que se chesmer (Acad.,iH0). Malherbe n'a guère blâmé qu'un mot, encore n'est-il pas sûr que ce mot soit italien : il pourrait être une dérivation française sur un primitif italien, c est para ngonner (v. Doctr., 298). Il est remarquable que Vaugelas n'a point publié les quelques remarques qu'il avait faites sur à poste = à dessein (II, 375); défalquer (II, 389), tandis qu'au contraire, dans la courte liste des mots qu'il accepte, se trouvent conjoncture, incognito, intrigue, jamais plus. Entrent alors dans l'usage :
accaparer (Peir., Let., 1628, H.D.T.); — alerte (Caq. de l'Ace, S, io.,cf.:e( tousjours se tenoità Verte, Saras., GEuv., 1656, II, 28) 3 ; ;t/lilti<!<> Oud., 165
— bagatelle (Cotgr., 1611;lexvie siècle avait connu hagatellerie) ; — balustrade (Oud., 1653, H.D.T.), cf. : Adieu la chambre m balustrade (Loret, 26 sept. 1654, 98); — bandit (Oud., 1640, H.D.T.); — biscoltins : La cour. . .. nous a forgé depuis trois jours « biëcottins de biscuits »(Gourn., O., 502; H.D.T. cite Furet. 1701 :
i. Gar. Rai», réf., i* , dit Analiaie.
•j. En burlesque on a des francisations bicarrés : catexoquin : Et du sieur Mahomet parlant catexoquin [Espad. tatir., 113). Il faudrait sussi ajouter d'affreux mots hybrides faite t-n partie d'éléments grecs : aiùicompliment, anticourtisan Balz.,1, mi : snftraison Id.. I. 160, II. 649 .
3. Vaugelas, dans une remarque posthume, le déclarait usité, mais barbare II.
— bilan (texte de 1617, H.D.T.) ; — bombe (Oud., 1642Ï; — bravoure (qu'on disaitrapporté parMazarinou La Calprenède, Roy, Sorel, 279); — café (texte de 1633, H.D.T.); — carafe (Oud., 1642, ib.) ; — carton (Cotgr., ib.) ; — cascade: Là mille et mille Nayades... Laissent tomber en cascades Le mobile argent des eaux
Scudér.,Po.,4° 1649, 117); — caver(= miser, Oud., 1642, H.D.T.) ; — coloris, Ib.); — compliment : comme ils sont forcés d'advouer, quand ce ne seroit que par compliment (Gar., Doctr. cur., 1624, 877, cf. 109); — conjoncture (attesté au commencement du xvie siècle, H. D. T., considéré comme nouveau par Mlle de Gournay, Adv., 386) ; Sorel (Disc. s. l'A.) sait qu'il est admis depuis longtemps (cf. Vaug., I, 345). Il est commun (Segr., Nouv. fr., /re Nouv., 148, 213 ; Mlle de Scudéry, Mathilde, 264, 343, etc.); —cortège (Oud., 1642, H.D.T. ; cf . des ex. anciens dans G.); — corteger (Scarr., Virg., II, 87); — doge (Oud., 1642); cf. : l'on vous donnera des éloges, Plus que n'en reçoivent les Doges : C'est un mot signifiant Duc (Le P. Carneau, Stimmim., 1656, 37); — esquisse (Cotgr., H. D. T.); — esquiver (Id., ib.), cf. : au premier coupque jeluy voulus donner, il esquiva (d'Urfé, Aslrée, 1614, 1, 389 A); le Grand Dict. des rimes de 1624 le donne comme nouveau et tiré de l'italien; — faïence (on le trouve dansl'Estoile, cf. Oud., 1642, et Scarr., Virg., II, 297) ; — fourniment (Cotgr., H. D. T.) ; fronton (Oud., 1653, ib.) ; — gabaline : donnerde la gabatine = faire un bon tour (de Monluc, Com. d. Prov., H.D.T. Cf. d'Ouville, Contes, II, 176; Sarasin, Œuv.,11, 35, 119: Loret, Po. burl, 1647, 85, etc.) ; —gamelle (Cotgr, H.D.T.);
— ganache : mâchoire de cheval, cî.gamache : Le capitaine, en les voyant,... Il dit : Bon, pour ma ganache (St-Am., 1,455) ; — girandole (Oud., 1642, H.D.T.);
— gobin (Brantôme, H.D.T.) ; cf. : Puis ta Rome moins ingrate Au boiteux, aucude-jate, Au gobin, à l'éhanché (Bréb., Luc. trav., 1656,134); — gourdin (Oud., 1642, H.D.T.); — gourgandine (Id., ib.); — à Vimproviste (H.D.T. le cite dans Rabelais, mais il ne remplace vraiment à Timpourreue qu'au xvne siècle) ; Vaugelas (I, 323) le trouve très bon; — incognito Vaugelas (II, 194) l'accepte; cf. : ledit Personnage... N'est à la Cour qu'incognito (Loret, 28 av. 1663, 128); — intermese (Littré cite d'Aub. ; cf. Peiresc, Let.h Dup., I, 80); — intrépide, qu'on trouve en réalité plus anciennement, est noté par Balzac, qui l'aime fort, mais n'est point sûr que M. de*** (VaugelasJ le laisse passer (Let. chois., 1647, 371, 15 nov. 1640 . Vaugelas le condamnait, mais il ne publia pas sa remarque (II, 443). Cf. : Ton neveu, Cléomede, est un brave intrépide (Mayn., GEuv., 1646, 361, et Segr., Nouv. fr., 5e nouv., 146); — intrigue ou intrique Cotgr., H.D.T.). Sorel, dans le Disc, sur VA., le donne comme nouveau. Cf. Polyand., I, 241, Le Cour, de Nuict., 196, etc.; il signifie souvent tracas : il quitte pour un temps V intrigue des affaires (Ant. Corn., Le Presb. d'Henouville, 104) ; — joindre (— arriver à) : C'est un cas estrange... que je ne puisse vous faire joindre à parler de ceque vous me devez (Gar., Doctr. cur., 901); — lazaret (Cotgr., 1611 ; cf. les Conf. de J. J. Bouchard, 218 et ailleurs); — loterie : un Commerce assez hazardeux, Intitulé la Loterie (Loret, 10 nov. 1657, 199); - loterizer {Id., 18 mai 1658, 219; cf. 25 mai, 256) ; — macaroni (texte de 1650, H.D.T.); — majordome (Regn., Sat. X); — malandrin
Cotgr.,H.D.T.); — manège (Id., ib.); — mercantile (Id., ib.); — mesquin (Id., ib. ; cf. ce qui eust esté mesquin et indigne de luy (Sorel, Polyand., I, 365); — mesquinement (Sorel, Francion , H.D.T.); — miniature (Oud., 1653, ib., cf. la peinture En excélente mignature. .. De la Reine des Polonois. Loret, 18déc. 1655, 64, et : Il est fait à ravir... Certes, sa mignature est parfaite-
ment belle. Mignnlure! MonDieu! que ce mot est bien dit. lit qu'il faut, pour le dire, avoir bien de l'esprit ! Je suis au desespoir de ne pas le comprendre, Boursault, Porlr. du peint., 1663, se. i-); — mousseline : J*a\ le Voile de Mousseline, Qu'avoit la Reyne Catherine ^ La Mesnard., P<>.. 1656, 80-81); — négociant (Oud., 1653, H.D.T.); — opéra (= œuvre capitale) : Nos deux lettres sont des choses admirables, dignes d'estre apprises par cœur, el en un mot ce qu'on appelle des opéra (Scarr., Dcrn. œuv.,], 150); — orviétan (Oud., 1642, H.D.T.); — papeger (être candidat à la papauté, Chapel . . Let . , 1, 517); — paravent (Oud.. 1642, H.D.T.); — piane (marcher/)/.-?//. Cotgr., 1611); cf. Puis la Nation castillane Va toujours piane, piane, C'est-à-dire, «mi François, toutdoux (Loret, 10 janv. 1660, 138; et Scarr., Virg.. I, 121. 243); —polichinelle : c'est un mot que la Fronde a répandu. Il entre dans le titre de plusieurs mazarinades : Le songe burlesque de Polichinel, 1649 ; cf. . Tous ces Romains, jadis si solemnels, Ne sont plus rien que des Polichinch (Scarr., Œuv., I, 145); — rebuffade (Oud., 1642, H.D.T.) ; — redoute d'Aub., Let., I, 287, H.D.T., 1616); — rémoulade (Oud., 1640, H.D.T. ; — réussite (Chap., Let., I, 465, avec ce correctif: « voyés qu'il m'a eschappé une fraze italienne », et en effet Balzac, en 1622, l'emploie pour railler les Français qui affectent l'italianisme (Let., I, p. 13 : le mot sera encore discuté par Bouhours, Suite des Rem., p. 153, et par Caillières, Bon et mauv. us., 1693, p. 132; — reussible :1e biais le plus réussible (Chapel., Let., II, 709); — riposte (Chapel., Le/, de 1636, H.D.T.; cf. St-Am., II, 415) ; —riposter Scarr., Œuv., I, 246); — saltimbanque (Oud., 1642, H.D.T.'; cf. Il n'est Saltinbanque en la Place, Qui mieux ses affaires ne fasse (Scarr., Œuv., I, 27. cf. Tabar., 11. 249); — saltinbanquer (Chapel., Let., 1,482); — solde Cotgr., H.D.T. : — simarre (la forme samarre est ancienne) : comme la chimarre de Paris à longues manches (Guers., Anal, du Verbe, 61 ) ; Ton me feroit servir de simarre aux anchois, ou d'envelope au pain d'espice (Sorel, Polyand., II, 580; cf. St-Am., OEuv., I, 397, 448, Scarr., Dcrn. œuv., 1. 231». fie. : savante* ; Si quelque sçavantasse s'élève contre luy, vous le battrez en ruine par vos bons mots Costar, Let., I, H52, cf. 968 ; on trouve plus souvent scavantas Scarr., Œuv., I, 25); — tartane (Peir., Let. à I)., H.D.T.; cf. : Les grandes Forces Otomanes Consistoient en trente Tartanes Loret. P.» août 1630, 102 ; tavaiolle (Cotgr., H. D.T.); cf. : Le Bedeau de l'œuvre luy avoil rapporté sa tavaiolle (Berg. extr., I, t. I, p. 17 ; veste Oud., 1640, IL D. T. ; cf. Iris. prenant sa riche veste (Dassoucy, Ov . , 1650, 65); se couvrans de superbes vestes (Loret, 9 mars 1658,15); — voit ur in Chapel., Let., I. 723); - volteface : Monseigneur le comte d'Harcour A fait depuis peu volte-face Vers le noble pays d'Alsace (Loret, Pirav. 1656, 199; cf. 18 sept. 1 660, 88) ;— vortice : a cause des grandes ondes el vortices qui font faire des sauts périlleux au basicau .1. .1. Bouch., Conf., 101).
ESPAGNOL. — Deimier est seul à donner une théorie, el fort courte, ;i propos d'un sot jeu de mots bilingue sur nias Acad., 367 . Vau-
gelas n'a pas publié ce qu'il avait écril sur quelques tours tels que
matar a un hombre. Cela ne signifie point assurément qu'on s'est accommodé des hispaniseurs mieux que des italianiseurs, mais on peut conclure tout au contraire que rien n'était plus a craindre
de leur part. Ils ne pouvaient plus gâter la langue. Comme dit Chevreau, « nostre Langue n'a rien a démesler avec les Langues étrangères » {Rem. s. Malh., 60).
alcôve (Trist. l'Herra., 1648, H. D. T.); — alfnnge (Corn., Cid, IV, 3); — arrobe (Cotgr., H. D. T.); — navire d'avis (= aviso) (d'Audig., Six nouv., 1618, p. 19); — baroque (Monet, Abr. du paraît.. 1631, H.D.T.); bigoiere; l'autre se bridoit de la bigoiere (Saras., Œuv., 1656, I, 287 ; cf. Scarr., Œuv., I, 50, 338) ; — chaloupe (Cotgr.. II. D. T.); — disparate (Chapel., Let., I, 468, 532); — duègne : Quelques doë- gnas, branlans la teste Disent que le coup est honneste i Richer, Ov. bouf , 1662, 296); — encaslillé de pointes de cristal (R. Franc, Merv. de Nat., 352) ; — engolfer (d'Audig., Six nouv., 1618, p. 50); — mandille Cotgr., H. D. T.); cf. Infâme porteur de mandille (Loret, 27 août 1651, 171); tel qui porta mainte année La mandille galonnée (Brébeuf, Luc. Irav., 1656, 91); — matamore : le Rodomont pietline encore Comme un capitan matamore (Rich., Ov. bouf., 1662, 520; cf. Scarr. Œuv., I, 241); — sarabande (texte de 1605, H. D. T.); cf. le blond Phœbus porte-carquois, Inventeur de la sarabande (Scarr., Virg.,\, 280, et Chapel. Guzm., d'Alf., II, 59); — séguedille: L'on void de ce temps que les esguidilles ont osté le cours à la sarabande, et d'autres viendront après qui les chasseront encore (Chap., Guzm. d'Alf., II, 59; cf. : Seguidille. C'estoit des airs nouveaux du temps qu'il escrivoit cecy (son roman), ainsi nomme/, pour la façon des paroles qui estoient en coupletes, comme sixains ou quintins, qui se disent seguidilles (Id.. ib., notes sur le IIIe Livre); sergent major : grand prevost et sergent mayeur, concierge de la prison royale (Hist. ndm. d'un favory, 1622, V. H. L., I, 112); il est commun dans les Documents miliaires du Sr de la Vallée, 34 r°, 68 r° et v°,etc.) ; — tabac qui remplace peu à peu petun. Voyez Sorel, Berg.extr., 1627,188-189 ; Martin, Ec. de Salerne, 1650, 29; La Mesnard., Po., 1656, 189; Scarr., Virg.,\, 82; — tabagie est attesté dans H. D. T. en 1612, cf. Gar., Doctr. cur., 1624, 282; — toper (Oud., 1642); Les fameux biberons, a tauper invaincus (St-Am., I, 281, cf. 240) !.
EMPRUNTS AUX A UTRES LANGUES'- — L'anglais donne quelques mots : balasl (= lest, Oud., 1642); contredanse (Bassomp., Mém., III, 274, 1626, H. D. T.); paquebot (1634, ib,), rhum (Léger, Nouv. mais. rust.,ib.).
L'allemand donne calèche (Saras., Œuv., I, 233, 1656; cf.Lor., 14 août 1660, 223; ; daslicotter (= parler allemand Oud., 1642); halte, approuvé par Vaugelas, II, 334 ; il est attesté auxvie s., H. D. T. cf. Montluc, V, 54: la troupe des ennemis fist halton. On trouve halte chez Chapel., 1,698; Loret, 29 sept. 1657, 134, 18 sept. 1660, 89, etc.; — nouille (ail. nudel ??) : on lit dans les Délices de la (Campagne, 1655, p. 182: Nullio a esté l'inventeur de ce mets, dont il porte le nom de Nulle; — sabre, vint le sable à la main comme pour fendre en deux Iphigene (Camus, Iphig., I, 133).
MOTS lï ORIGINE INCONNUE OU INCERTAINE. — bagarre: ce fut un nouveau bagarre (Sorel, Polyand., I, 478); Des le point du jour, j'estois à