Le portugais donne mandarin, mousson
2. De ces autres langues on ne parle qu'avec mépris : un discours de renégat..., qui fait leçon publique en anglois, afin, par le barbarisme d'une langue bal tique, de profaner la pureté de la nostre (Ménip. de Franc. 1627, V. H. L., X, 271).
un coing de rue... pour assister à la bagarre (Chap., Guzm. d'Alfa/-., III, if..: : —bariolé texte de 1617 dans Delb., Rec, H. D. T.); cf. La belle Iris bariolée, Et riolée et piolée comme la Chandelle des Rois (Richer, Ov. bouf., 1662, 32); — blesche (argot? Cf. Sainéan, A. anc, 5, 53, 35, 185, 189. Cotgr. 1611, hypocrite: ainsi, si nous croyons à ces blesches, V. II. L., I, I 19, 1624 ; — bourriche (Voit.,Let, II. D. T.) ; — cuistre (Sorel, Francion, II. 1). T. ; cf. Voulez-vous sçauoir pourquoy et à quoy tous ces larcins s'employent ? Mon amv, à l'entretien de monsieur leur Quistre bien aymé (Chapel., Guzm. d'Alf., III, 398 ; — dadais (Oud., 1642, H. D. T.);— dégringoler: on pourroit bien dégringoler (Rich., Ov. bouf., 1662, 115 ; — dodu (Cotgr., H. D. T.) ; — frisquette : outre la Frisquette qu'on rabat dessus (R. Franc, Merv. de Nat., 306, H. D. T. cite Richelet) ; — gredin (Oud., 1642; cf. Scarr., Virg., II, 7, 228); — guymbarbe : accoururent après lui en chantant la guymbarbe (Sorel, Berg. extr.. 1. IV, t. I, 240); la mode en 1624 exigeait un colet à la guimbarde comme nous l'apprend le Pasquil de la Court (1624, 29, V. H. L., I, 217); — hardos : Les Suisses, ces vaillants hardos (Loret, 20 mai 1650, 35, cf. 19 mai H.52. 23, 28 déc. 1658, 157);— lubie (Rich., Ov. bouf.. 1662, 147 ; —matou 'Cotgr., 1611, cf. : Vous devez bien mourir de honte De faire si long-temps le fou, ht de passer pour le matou D'une chatte de Barbarie (Scarr., Virg., I, 307-8) ; cf. Saras., OEuv., 1656, II, 28> ; — mazette (texte de Courval 1626, dans Delb., Rec. ; cf : Mainte mazette en bannissant Repond au bouveau mugissant (Saint- Ain., II, 403, cf. 1,324, 355, 365); — micmac : Grands sont les dons de la cerise
Premièrement, de l'estomac, Elle chasse le micquemac (Martin. Écol. de Sal., 1650, 39, 1660, 06-67; cf. Brébeuf, Luc. trav., 1656, 25); — mijaurée Oud., 1642, H. D. T. ; — mitonner ïlb., cf. : Bref, Amour dans ce Logement Peut se mitonner joliment (La Mesnard., Po., 210); niche (d'Aub., II. D. T.) ; cf. : Tout le monde m'en monstroit au doigt et m'en faisoit des niches Chapel., Guzm. d\\lf., III, 459); les forçats vous font mille niches (J. J. Bouch., Gonf.. 152 : Si mes vers t'ont fait quelque niche, Fortune, tu me l'as rendu (Gomb., Epigr., 1657, 142) ; — nippe (Cotgr., II. D. T.); cf. je pers tout en Angleterre, Poil. nippe* et liberté Saint-Am., I, 469 et 306, II, 402, cf. Scan., OEuv., I. Virg., 1,74, etc.) ; — pecquei'û vid bien queje disois vray, comme celuy qui sçavoitassez pour l'avoir desjà veu, ce que la pecque pouvoit faire (Chapel., Guzm. <I'Alf., III, 321; cf. Scarr., Virg., II, 244); —prétantaine (Saint-Am., I, 365 ; cf. Collet., Juven. burl., 1657, 7, Scarr., QEuv., I, 283, Dassoucy, Ov. en b. hum., 1650, 24. Innombrables exemples dans Loret, toujours avec le verbe courir. Le sens n'est pas grivois, courir la — est à peu près courir les aventures et cela se dit des vers, des vents, etc.) ; — ratatiner (Cotgr., 11. D. I . cf . Leur corps se change et ratatine (Richer, Ov. bouf., 445); — ratine Oud., 1642); cf. La morl estant à l'affust, Luy coule sous sa ratine Le fer de sa javeline (Brébeuf, Luc. trav., 1656, 63) ; Un gros serpent, qui se cacha suis une Juppé de ratine Scan., Virg., II, 233); — roquentin : Tu cognois bien celte rieuse? Son roquentin n'est pas mal faicl Promen. du Cours, 1630, V, 11. I... IX, 129 : Pour te Louer, ma petite Catin, Je voudrois bien le faire un Roquentin, Une Elégie, un Sonnet ou une Ode (Rec. de Rond '. (639, 51 :ri'. Scarr.. Virg., I, 313 et Loret, 2i- décembre 1651,41 ; — sabrenaud savetier. Cf. Sainéan, A. anc.
(lier dit au gentilhomme : « quand ce seroil Monsieur, Le frère du Roy,
qui voudroit être de mon métier, il l'audroil qu'il fût obligé cinq ans. Ce qui
lit rire le gentilhomme, ci conclud !<■ marché ;i\ ec le nabrenaut <l'< )u\.. Contes,
II, 71); on en tirera plus tard sabernauderie; — salope (Cotgr., H. D. T.); cf. Nostre Mégère d'autre part. Vilaine, Salope et Teigneuse (Richer, Ov. bouf., 1662, 456);— soudrille (1615, H.D.T.) ; cf. Scarr., OEuv., I, 256,196, 173, 88, Virg., II, 229, 227, 234, etc. Innombr. ex. dans Loret, 28 mai 1651, 137, 13 août. 113, 12 mai 1652, 142, 28 juin 1653, 182. Partout le sens est soudard ; — sournois (Oud., 1642, 11. D. T.); — tarare pompon (Montluc, Com. des prov., IIV16, H. D. T.) ; cf. Champmeslé, Parisien, V, 3 : Oiiy, malgré vos « bons, bons, » vos « zestes » vos « tarares» ; — timbale (Cotgr. : attabale cf. un texte de 1646, dans Delb., Bec, H. D. T.).
Il faudrait ajouter qu'on trouve attestés alors quelques mots issus d'onomatopées, ou de déformations. Sont-ils nouveaux ?
dada (Cotgr., H. D. T.);patati et patata : Bref tous palatin patatac, Font un si furieux vacarme, Qu'enfin... Jupin leur dit (Dassoucy, Ov., 1650, 61); — patatras : on a mis le grand corps par terre, Qui, trébuchant par gros plâtrats, Fit horriblement patatras (Loret, 22 octobre 1651, 22); — toutou :vous m'avez promis un Toutou (Scan., OEuv., I, 207); — trelantantan : ayant faict trelantantan avec une certaine brunette (Pont Breton des procur., 1624, V. H. L., VI, 2Vk); — turlututu : Le choc faizoit un bruyant son, Les tambours, pata, pata-pon, Les clairons, fanfare, fanfare, Les trompettes, taran-tarare, Et les flûtes, tur-lu-tu-tu (Loret, 18 av. 1654, 183), de ce dernier est né turlutaine.
fanfan : Son noble Père Luy dit par-fois : Fille tres-chere, Daphné, mt? petite fanfan (Dassoucy, Ov., 1650, 99); cf. Scarr., Virg., II, 212, 85, etc.; nanan (Richer, Ov. bouf., 447); — pignocher (de epinocher) :je n'ayme pas tant pour aymer,que pour frigoler, comme on fait en nostre pays, je pignoche par
tout, et suis une pierre mouvante qui n'accueille point de mousse je ne me
tourmente de rien et ne m'acoquine à rien (Chapel., Guzm. d'Alf., III, 72).
En somme c'est, comme on en a pu juger, par les procédés appelés procédés de dérivation impropre que la génération dont nous étudions la création verbale s'est permis d'introduire quelques nouvelles façons de parler. Il est difficile d'en mesurer la richesse, on s'aperçoit du moins que la répugnance est moins grande à innover de cette façon. Là du moins, on risque de timides audaces. La raison en est que, malgré tout, détourner un mot de sa fonction usuelle, ce n'est pas à proprement parler faire un mot nouveau, la surprise n'existe pas, au moins pour l'oreille.
Mais qu'on Fasse, en tenant compte des observations que j'ai mises en tête de ce chapitre, la somme des néologismes proprement dits introduits dans la langue littéraire, ou pour être plus exact encore, de ceux que les écrivains ont créés avec l'intention de les répandre, on arrivera à un nombre singulièrement restreint. Il faut ajouter toutefois qu'un très grand nombre de nouveautés moins apparentes s'introduisent dans le vocabulaire. Beaucoup des mots qui restent changent plus ou moins complètement de sens. Histoire de la Langue française. III. 15
Se captiver (= se renfermer). Je vouldrois bien que M* de Saulmaise se voulust captiver dans les termes de modestie que Ton a stipulez de M. Godefroy (Peir., Let. à Dup., I, 350) ; — colle (= mensonge, tromperie) : Belle Iris, qu'il seroit doux De ficher une colle (Airs et Vaudev. de Cour, II, 102) ; vous les aurez, ce n'est point colle, je vous en donne ma parole (Richer, Ov. bouf., 234) ; - coqueluche (le mot avait désigné au xvie siècle, la grippe épidémique que nous nommons influenza). Il prend le sens de passion, béguin : Il y eut durant l'hiver... une maladie qui donna des atteintes presque à un chascun, elle s'appelloit la coqueluche, et parce qu'il se voyoit peu de Dames à la Cour qui n'eussent rauissemens pour Iphigene, et qui n'en parlassent en termes d'admiration, un bel Esprit le nomma la coqueluche de la Cour Camus, Iphigene, I, 68) ; cf. Mais quand Belide s'apperceut que son frère avoit pris la coqueluche pour Almerie <Ib., I, 27o ; — féliciter avait le sens de rendre heureux, il commence à signifier faire des compliments : je vous félicite la jouyssance de ce bel ouvrage (Peir., Let. à Dup., I, 31). Balzac est favorable à cette nouveauté (Let. chois., 1647, 146), et Vaugelas, qui le lui avait promis, l'approuva (I, 346) l ; — gringalet (Cotgr., H. D. T.) ; — meurtrir (= gâter par un coup, une tache) : Au lieu que la couleur m'en semble un peu meurtrie (Rotrou, St. Gen., II, i, Théât. chois., I, 181); — mortifier, mortification : de longtemps il ne m'arriva une plus grande mortification (Peir., Let. à Dup.. 1. 428; cf. Bouh. Ar., et Eug., 98, Suite des Rem., 233) ; opinion ( = volonté) : « on trouve j'eus opinion de faire pour j'eus volonté, chez les bourreaux à gages qu'ils sont de leur langue maternelle » (de Gourn., 0., 604); cf. il eut opinion de les sauver (Malh., I, 409) ; Tullius Marcellinus prit opinion de se l'aire mourir (Id., II, 596; ; — peigner (= laver la tête) : il avoil mérité d*estre bien plus rudement peigné (Peir., Let. à Dup., 1,704) ; — parens (== aïeux) Chapelain ne croit pas qu'il puisse se dire (Let. du 12 sept. 1638 ; cf. 26 sept.) ; — proches (— parents) Coeffeteau ne pouvait le souffrir, Vaugelas est indécis I. 171» . Des exemples nombreux sont donnés par L. et H. D. T. ; — rabinag<> lambinerie, perte de temps): mais ce rabinage ne lui empescha pas de dire ses heures (Chapel., Let., 1,717) ; — religion: La religion de n'employer que le pur texte fPeir., Let. à Dup., I, 447).
D'autres exemples pourraient facilement être fournis. Mais nous allons avoir à reparler du sens des mots.
1. Cf. ensuite Mén.. O., 1675, 438, Bouhours, D., 59, Ar. et Entj.. 1671, 84 : Sorel, Conn. des bons liv., 1672, 421, etc.