‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 5)Chapitre 83 sur 134 · Sorel applique cet hispanisme à la musique · texte numérisé non relu

Sorel applique cet hispanisme à la musique

quelque pecque qui imitait les illustres, il ne reste guère dans son Dictionnaire qu'une ou deux phrases comme celle-ci : mitonner les plaisirs (Som., I, 110). Ce qui est vrai, et Sorel l'a déjà remarqué, c'est que les périphrases des élégants ressemblaient souvent aux quolibets populaires. Ainsi, on ne sait trop si une nymphe potagère (une servante de cuisine) appartient à lune ou l'autre classe (Roy, o. c, 323).

Quelques images, malgré le discrédit de la mythologie, sont empruntées à la fable : les bras de Vulcan (= les chenets, Som., XLV) ; une dedalle (= un peigne, Id., LUI).

La médecine en a donné aussi. Somaize a rapporté faire l'anatomie d'un cœur. En voici d'autres analogues : c'est une pierre d achoppement et une taye et glaucome d'aveuglement, voire une grande stupidité, de chercher des raisons... es choses de la foy (AU. sur le corps de J.-C, 1649, V. H. L., III, 15); les plus judi deux qui fondent (lire : sondent) toutes les considérations qui peuvent eschoir sur ce sujet avec le dioptre de la raison (Ih., 14).

On a de même puisé dans la philosophie naturelle et morale : avoir la forme enfoncée dans la matière (Som., XLII, cf. Préc. rid., se. a), le troisième élément tombe (Id., LUI), les antipodes d'un logis (Balz., II, 324), rendre son sensible spirituel (Som., XL VII). L' Almahide de Scudéry parle de cœurs dabeste (amiante), de bithume et de naphte, qui prennent si aisément feu (V, 1496), de personne évaporée (Ib., 917).

Mais, bien entendu, les plus nombreuses de ces figures rappellent les objets familiers à la société qui les crée.

Au premier rang, figurent les termes de guerre, dont les « cavaliers » ont eu de tout temps l'habitude d'entretenir leurs « belles guerrières >). Les vrais hommes de guerre, les faux surtout, ont alors envahi les salons. Dès le début du siècle, c'est une habileté que de parfumer ses poulets de l'odeur des mousquetades. Les « Marguerites françoises » , qui donnent un « Thresor du bien dire » , n'ont eu garde de négliger cette élégance : même ceux qui ne « faisoient que faire marcher leurs actions soubs l'estendart de chasteté, et ne combattoyent en la guerre amoureuse, que sous la charge de modestie » (78) « prenoient les armes de la nécessité pour combatre cest infini nombre de regrets qui les assailloient pour l'absence de leurs belles » (Ih., 7 et 8) ; ce n'étaient qu'assauts, défenses, victoires, gens qui rendoient les armes, et perdoient leur franchise.

C'est que les dames élèvent devant elles le rempart de leur chasteté [Chasteté violée , f° 42 A). On se lance une artillerie d'oeillades i Bouq. de la Feint., 61). Et voici comment les lecteurs du Courtisan parfait (1640, 167) apprenaient à tourner une plainte : « Les Escopettes de vostre beauté bruslent assez le propoint de mon Ame, sans que le Canon de vostre rigueur brise les os de mes prétentions. Vous avez assez fourragé le plat Pays de mon cœur, sans que d'abondant vous y logiez le régiment du desespoir. »

Mascarille et Jodelet n'avaient donc pas à écouter long-temps aux portes pour prendre le style de leurs maîtres. Aussi ontils profité de la leçon, et le vicomte se présente comme un « brave à trois poils ». Ils se sont vus tous deux dans « l'occasion », et dans des lieux où il faisait « fort chaud ». Mais la Cour récompense mal les « gens de service », et Mascarille veut « pendre l'épée au croc ». Evidemment les deux chercheurs d'aventures ne se souviennent plus très bien si c'est une demi-lune ou une lune qu'ils emportèrent, mais ils ont bien pris le genre, et s'ils n'étaient pas dérangés, ils sauraient assez bien « faire jouer la mine de leurs malheureuses intentions » (Des Font., Cel. et Maril., 68). Même ailleurs que devant des pecques provinciales, ils auraient du succès, puisque c'est là un des moyens sûrs de plaire. Le Dorante de Corneille en a fait la théorie (cf. p. 25-26) :

On s'introduit bien mieux à titre de vaillant :

Tout le secret ne gît qu'en un peu de grimace,

A mentir à propos, jurer de bonne grâce,

Etaler force mots qu'elles n'entendent pas,

Faire sonner Lamboy, Jean de Vert, et Galas,

Nommer quelques châteaux de qui les noms barbares

Plus ils blessent l'oreille, et plus leur semblent rares,

Avoir toujours en bouche angles, lignes, fossés,

Vedette, contrescarpe, et travaux avancés :

Sans ordre et sans raison, n'importe, on les étonne ;

On leur fait admirer les bayes qu'on leur donne,

Et tel, à la faveur d'un semblable débit,

Passe pour homme illustre, et se met en crédit.

(Corn., Le Ment., a. I, se. 6.)

A dire vrai, il y a dans Les textes peu d'expressions de cette £orie, dont od ne pût trouver un exemple antérieur. Mais beaucoup n'ont jamais eu pareille vogue :

rendre les armes : ma raison va — (Mayn., 1646, 36); Leur haine à nos douleurs auroit — (Corn., Rod., 1100); arsenal : mes yeux étoient F — d'amour (Sorel, Francion, éd. Golombey, 63) ; assaut : Ce n'est qu'en ces — qu'éclate la vertu (Corn., PoL, 167) ; brèche: S'il fait la moindre — à la foi conjugale (Corn., Illus., 1433) ; conquête : De voir sous les lauriers qui vous couvrent la tête, Un si grand conquérant estre encor ma — (Id., Nicom., 4) ; retranchement : la chaise est un merveilleux — contre les insultes de la boue (Mol., Préc. rid., se. 9) ; arborer des broderies I ; ne faire que blanchir : J'ay envoyé complimenter M. de Rochefort. Gela n'a — ; à nôtre tour, nous lui tiendrons rigueur (Scarr., Dern. OEuv., I, 52; cf. Virg., II, 282); leurs pleurs ne — (Loret, 9 août 1653, etc) 2 ; donner dans : — le vray de la chose (Mol., Préc. rid., se. 4) ; au lieu de — le dous et dans le majestueus où ils visent (Let. de Phyll., II, 198) 3 ; faire bannière d'une chose, « métaphore commune à la Cour pour : s'en orner et s'en glorifier » (de Gourn., 0., 597, Adv., 385) ; de but en blanc : en venir — à l'union conjugale (Mol., Préc. rie/., se. 4) ; j'estois le but et le blanc des traicts du malheur (Secret, de la Cour, 400) ; Le but et le blanc de mes pensées estoit de faire naistre une occasion plausible, pour conduire à chef mon dessein ; et sur tout fav ois la mire à bien prendre mon temps (Ghapel., Guzm. d'Alf., III, 239).

Ce vocabulaire se retrouve jusque chez Gorneille : Un damnable escadron de sentiments honteux (VIII, 500, Imit., 4935) ; Mon génie au théâtre a voulu m'attacher ; Il en a fait mon fort, il sait m'y retrancher (X, 177, Po. div., 32) ; Etcet heureux hymen, qui les charmoit si fort, Devient souvent pour eux un fourrier an la mort (II, 144, Suiv., 348); Dis que sans cet hymen ta puissance t'échappe, Qu'un vieil amour des rois la détruit et la sape (VI, 34, Perthar., 360).

On sait quelle fut alors la fréquence des duels, qui amena Richelieu à prendre et à appliquer des mesures rigoureuses. Tous les termes de l'escrime à peu près ont été transportés à l'amour, je ne puis les suivre ici dans leurs sens réalistes 4. L'assaut n'est quelque

1. Mlle de Gournay croit l'expression nouvelle (0., 597, Adv., 385). Littré en cite des exemples anciens. Cf. Espad. sat., 11 : arboriser des panaches. L'expression arborer des lauriers a été discutée dans Corneille (Voir Sent, de VA., Corn., XII, 490. Mén., O., 1675, 473 et Alemand, G. ci»., 150-154).

2. Sorel a expliqué l'expression (Conn. des b. liv., 1671, 412, cf. Roy, Sorel, 292).

3. L'expression devient très commune, et elle est reçue par les théoriciens, non seulement par Sorel, mais par Bouhours.

4. Je renvoie au Cabinet satirique (88-9). Une métaphore y est filée trois strophes durant ; cf . 115, 170, etc. Voir aussi Régnier, Macette, et Sat. XVI.

fois donné qu'à l'insensibilité de la belle, et cela prête déjà à dé belles figures : « Quoi, s'écrie Mascarille, toutes deux contre mon cœur, en même temps ? M'attaquer à droite et à gauche ! Ah ! c'est contre le droit des gens, la partie n'est pas égale, et, je m'en vais crier au meurtre » (Préc. rid., se. 9). On s'escrime de tout. Malherbe accusait déjà du Bellay de s'être fort escrimé du mot ores (IV, 463) ; d'autres s'escriment maintenant du style pointu (Berg. extrav., Rem. sur le IXe 1., III, 311), les amants de Gathos et de Madelon s'escriment de vers (Préc. rid., se. 9). Et ces dames se mettent sur leur garde meurtrière (ib.), il faut bien « garder ses mesures^ ».

Un homme d'épée se passionne presque obligatoirement pour les chevaux, et par suite emprunte les images aux termes techniques du manège. Bride, frein, dix autres, entraient depuis longtemps dans des expressions métaphoriques 2, mais je ne sais si on trouverait avant notreépoque : faire perdre les estriers à ma patience (St.- Am., II, 154 . ni le terme de ramingue (rétif) appliqué à une personne (Almah., I, 604); ces images me paraissent du temps où l'éloquence du barreau pouvait être appelée « une milice de robe longue » (Disc, à Bar y par Legrand, dans la Rhétorique de Bary).

L'histoire du mot cavalier à elle seule est instructive3. Ce n'est plus le Gid seulement qui est un cavalier, mais Polyeucte et Néarque (Abrégé du mart. de Pol., Corn., III, 476), et bientôt la tyrannie de la mode décidera Corneille à substituer partout cavalier à chevalier 4. On ne s'étonne plus si l'un des galants des Précieuses déclare: Tout ce que je fais a l'air cavalier (se. 9). La danse, comme l'équipage d'un homme, devra être cavalière, puisque cavalier veut dire u aisé, libre, galand, honnête, noble, qui nest point assujetti aux règles » (Richelet). Les vers aussi ont la mine cavalière (Loret, Muse hist., 20 sept. 166L), c'est à ce prix qu'ils sentent leur monde. Molière avait beau se moquer, il n'importe, tout est à la cavalière. En

1. Tu vas sortir de garde et perdre les mesures (Corn., Ment., 901). On avait mis à la mode : prendre ses mesures, nepoint garder de mesures (Sorel, Conn.des l>ons lie. 401). Cf. Merv. de Mature XVIII : le tirage des armes) : 77 faut estre en mesure pour donner, ou recevoir le coup, e'esi à dire il fnnt planter le pied droit devant, bien ferme, et en posture nsseurée mais isnelle. Estre hors de mesure, c'est quand on est ou trop adranec en danger de tomber, on pancher et donner prise i nemy, ou trop reculé, ou le pied en l'air cl le corps en balance et peu affermi/.

2. Voir les termes usités chez Les poètes de la Pléiade dans !>• Lex.de M.uty Laveaux, I. - 1 * » « » .

:i. H. Estienne le discutait déjà Dial. du fr.ital., 1. Mo. Liseux . 11 apparaît* \e. Dictionnaire de C. < >udin en i<;ot, ci . en l'il i . < lotgrave signale <l<'',jà l'emploi ;

also aip-tllanl. a noble or irorlhic felloir. ». III, MM. 130, I7K. 179.

1660, la fortune du mot ne fait que commencer, elle grandira encore « furieusement »*.

Une des distractions favorites de ces gens de « haute volée » avait été longtemps la fauconnerie et la vénerie. Mais Tune et l'autre avaient tant fourni déjà à la langue qu'elles semblaient ne pouvoir rien donner de plus. On se rappelle le catalogue que Henri Estienne dresse fièrement de ces ornements de notre langage (Précel., éd. Hug., 117-135): rendre les abois, mettre aux abois, retourner sur ses brisées, aller sur les brisées d'aulrui, prendre le change, dessiller les yeux, prendre V essor, se leurrer, être à V affût.

Le Bouquet de la Feintise (85) admire les amants, comparés aux chasseurs, qui savent tenir en lesse leurs passions attachées au collier de leur attente, pour les lascher à point, et il compare en une page la poursuite amoureuse à une chasse à courre (p. 86) 2.

Assurément en « se mettant en chasse » bien longtemps, et en « battant beaucoup de buissons», on trouverait pas mal de phrases dans ce goût. On emploie à de nouveaux usages des expressions anciennes : Il n'y a empeschement qui puisse mettre du plomb aux aisles d'un bon courage (Marg. fr., 224) ; le sommeil s'enfuit de mes paupières, quoy que par leur langage, en se sillant et en se desillant, elles l'appellent sans cesse (Le Secret, de la Cour, 139). Et il y a au moins une expression de métier qui semble nouvellement entrée dans le langage de la conversation galante, c'est fauxfuyant. Avant d'être employé chez Molière (Tart., V, l ; Fem. sav., I, 4), elle a dû avoir cours dans les cercles, elle est chez Sarasin : Je ne scay pas mesme si vous ne trouverez point encore quelque f au fuyant pour cacher le dernier dérèglement où Aristote tomba, lors qu'il sacrifia à la concubine de l'Eunuque Hermias (OEuv., I, 170).

Mais en réalité, dans cette société qui se concentre à Paris, et ne vit plus au milieu de la nature, l'image qui se présente spontanément n'est plus celle-là, on garde le matériel acquis, onne l'augmente guère ; quand Bouhours écrira sur cette matière, il ne fera que copier Henri Estienne (Entret., 74-76).

Les jeux praticables en ville, dans les hôtels, les paumes et les mails, les jeux de cartes, d'échecs, les divertissements de

1 . Voirdans le Roman bourgeois de Furetière,Bibl. elzév., 288-289, la satire des vers la cavalière.

2. Cf. : Ses blonds cheveux estoient les rets où toutes les plus belles libertés venoient se rendre captives (Vivante Filonie, 1605, f° 3 et suiv.).

Histoire de la Langue française. III. 17

salon, voilà la source où un esprit ingénieux trouve de temps en temps l'image destinée à sortir du vocabulaire technique.

Gathos et Madelon parlent de faire pic, repic et capot, tout ce qu'il y a de plus galant dans Paris (Préc, rie/., se. 9) ; le Berger extravagant se vantait de donner esc hec et mat à tous les amants de l'Europe (I, 51). Bary écrit : mon Supplice seroit bien moins Cruel qu'il n'est, si mon Corps estoit le seul Tablier de la Guerre, qu'on me livre [Rhet. /'/•., 295). Il y a plus ridicule que cela. Un théologien ne parle-t-il pas de personnes qui sont pires que diables, et qui se jouent à laplotte de l'immortalité de Vâme (Effr. pact.,V . H. L., IX, 306, 1G23). Donner son reste1, être en passe1 devaient faire fortune.

On organise aussi des parties. Les amoureux donnent aux dames des cadeaux 3, c'est-à-dïre des fêtes galantes, ce qui est une obligation, si Ton veut se mettre sur le pied d'amant*.

Une des principales élégances de ces gens qui n'avaient rien à faire, était de se poser en connaisseurs de tout. Mais les arts plastiques, et en particulier la peinture ne paraissent pas avoir eu la vogue parmi eux. Les images empruntées au vocabulaire des arts du dessin ne sont pas fréquentes : Il prit une plume pour crayonner sur l' innocence du papier la cruauté de son ame (Espincs d'amour, 1604, p. 98). Votre sexe sait colorer une infidélité et représenter sur la toile de la trahison une conscience nette (Portrait de la Vrat/e amante, p. 20).

Dans les fêtes, c'est la musique qui joue avec la littérature le rôle principal. Aussi c'est de musique que se piquent surtout Cathos et Madelon. Notons toutefois qu'il y a des expressions empruntées au vocabulaire musical qui appartiennent au burlesque, telles chanter sa gamme. En revanche d'autres sont en pleine faveur, comme pr élude , qui vadonnerp/'e/i/c/e/'. Deux me paraissent avoir com-

1. Donner son reste, c'est ce qu'on doit pour les cartes qui restenl en main : « Lorsqu'il vous reste dix caries en mains, vous payez vingt jetions, à onze, vingt deux, à douze, vingt-quatre. » (Mais, académique des Jeux, p. 30.) Cf. Mal.imag., II. •'».

•j. Nous oe sommes pas encore connus, mais nous sommes a} passe de l'être Prie.

ri<l.. se. !» . Au mail, au billard, un homme était en pusse, quand sa bille était assez proche de la passe ou petit arc de fer. pour pouvoir la traverser du premier coup

Voir Sorel, Nouv. lang.fr. dans Conn. des b. ltt>., 1671, 108; cf. Almahide, III. 1478 . est proprement le trait de plume que les maîtres à écrire font autour des

exemples. Puis c'est un repas, une f'éle : Tue marquise de la Place Royale donnoil un

cadeau aux dames de son quartier, où les marys et les galands n'étoient point

ille, (.unies, II. :>: . Vous trouverez un hadaut... qui constituera sa souveraine galanterie à donner des cadeaux à Saint Clou Sarasin, I. I

i. Cf. Sorel, Conn. desbons lit*., 1071,403, 104,372. [1 me semble que le grand développement de cette expression est postérieur à notre époque.

mencé alors à se répandre, d'abord pousser1, dont Molière s'est moqué, ensuite à la sourdine2, dont il n'a rien dit, sans doute parce que cette phrase n'appartenait guère qu'au style comique. C'était une nouveauté, ce n'était pas un mot à la mode.

Je ne pousserai pas plus loin cette revue. A dire vrai, le reste des expressions qu'on pourrait cataloguer n'est point aisé à classer, tout y fournit, les choses et les personnes, les êtres de chair et les êtres d'imagination.

La coiffure à la cadenetle3, le vert Céladon'1 sont le type des expressions faites sur des noms propres. Il y en a beaucoup d'autres. A l'époque de Louis XIII, Guéridon a un tel succès que son nom, qui prête au refrain : don, don, don, daine, devient synonyme de chanson et de vaudeville, en même temps qu'il sert à désigner un meuble 5. Péronnelle, sans avoir cette vogue, est aussi très répandu, autour de 1650 6. Chez les Précieux, un homme enjoué est un Hamilcar 7. Madelon, à la vue d'un ruban, s'écrie : « c'est Perdrigeon tout pur » (Préc., se. 9). Nous savons par Scarron qu'on disait aussi : « Ah! ma chère, Bastonneau tout pur8. »

1. «Il faut qu'un amant, pour être agréable, sache débiter les beaux sentiments, pousser le doux, le tendre et le passionné » (Mol., Préc. rid., se. 4). L'expression est partout: pousser des soupirs (Corn., III, 283, Hor., v. 9). Elle est prise à la musique : Après les avoir veus (les martyrs) d'un visage serain Pousser des chants aux cieux dans des taureaux d'airain (Rotrou, S. Gen., III, 5); des flûtes, des hautbois Qui tour à tour dans l' air poussoient des harmonies (Çorn., IV, 155, Ment., 269). Comparez les railleries de Scarron :Mon chien de destin m'emmeinedans un mois aux Indes Occidentales, ou plûtost j'y suis poussé par une sorte de gens fâcheux, qui se sont depuis peu élevez dans Paris, et qui se font appeller pousseurs de beaux sentimens. On ne demande plus parmy eux si on est honeste homme, on demande si on pousse les beaux senlimens. Quantité de personnes de bon sensentreprendroient de les pousser ; mais on leur a dit que les plus pointus d'entre eux se vantent d'estre approuvez d'une grande Princesse... et qu'ils sont assez vains pour s'autoriser de son nom à chaque beau sentiment quils poussent; ce qui empêche, sans doute, qu'il ne se forme un party contre eux [Dern. OEuv., I, p. 9-10).

2. A la sourdine est déjà dansNicot. On le retrouve dans St.-Amant, II, 414, et dans Scarron [Virg., I, 122).

On pourrait ajouter la chromatique, dont il est question dans les Précieuses. L'expression est dans Almahide, V, 1307.

3. Du sr de Gadenet (époque de Louis XIII) : Et si le vent n'eut fait voler Ses cadenettes parmy l'air (Rich., Ov. bouf., 488) ; cf. St.-Amant, I, 174, Rrébeuf, 1658, p. 2C6, etc.

4. « Puisque l'on dit bien des jarretières de Céladon et des roses à la Parthenice •> (Sorel, Franc, éd. Golombey, 196). Inutile de rappeler que Céladon est un personnage de YAstrèe.

5. Voir Conf. d'Antitus Panurge et Guéridon, V. H. L., VIII, 279, note 1.

6. Depuis le chat de Péronnelle Jusqu'au chien de Jean de Nivelle (D'Ass., Ov. en b. hum., 11) ; cf. : Jusqu'au chasteau des Peronelles (au château de Peronne, (Sarazin, I, 295) ; N'as-tu point veu la Péronnelle (Richer, Ov. bouf., 269); Qui me chantez la péronnelle (Id., ib., 468) ; la Perronelle Luy dit : Vous me la baillez belle (Scarr., Virg. II, 167). IL D. T. cite Mol., Fem. Savantes.

7. « Je vois bien que c'est un Amilcar » (Mol., Préc. rid., 9).

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