Apprentive se retrouve jusque chez Boileau (Snt. X
'i. En 1638, cette dernière phrase sera supprimée, el remplacée ainsi : « Il faut que aprène quelle forme est la plus receue, car en d'aucuns c'est L'une, en d'autres l'autre. » ,
Ifaynard se montre fidèle aux vieilles formes ; ivt/'/i'/ i/erevse II. Iv :
ench.inii-re.sse M., il. p. 102). < X tromperesae Fleurs de Véloqu 36 i" . On le- rencontre communément jusqu'en 1640 : il n'y a persuasion si douce et ch&r- Oar., Doeir. cnr., 163 : la nation adatteretse, ld., lUb. réf., s'». Lei recomnundere*$eê "ni toujours bureau ouvert (V. II. L., III. 101 M Rôle de$ PrisenUtiont fait des réserves sur leur titre : Sans approuver le mol «le nanderêite que L'exposante prend pour qualité Rote des PréientàlioMi 11. I... I. \:r, .
e disparaît devant en* rmeose Corn., II, 478,/tf., III, i : cfu confiné dansla poésie; dêwuMtderêëiê, défenderesse sont relégué! dans le style judiciaire^ • i pourrai! dresser une liste d'analoguei : diaJMesM Aire ri V*ud. de Cour. 1665,
trouve peu d'exemples ailleurs : orfeveresse (Sorel, Polyand., I, 522) ; seul à peu près, tigresse, quoique nouveau, est partout. Les grammairiens de l'époque classique poursuivront ces formes *.
FÉMININS EN EUSE. — Les féminins en euse sont tout à fait communs chez Balzac: il sacqueroit des Parleuses (OEuv., éd. Mor., I, 231) ; les Muses furent ses Basteleuses (Id., ib., I, 229) ; chasseuse est dans YOvide bouffon de Richer, 1662, p. 188 ; discoureuse dans la Sylvie de Mairet (v. 767, p. 63) ; nous avons la Reine pour gouverneuse (Malh., III, 261) ; des dents dévoreuses (Astrée, 16K5,
I, 27 A) ; me croyez-vous quelque devineuse (Ib., 310 B) ? Ces formes en euse font une heureuse concurrence aux formes en ière : parfumeuses bat parfumières (Fr. de Sales, VI, p. 100).
FÉMININS EN TttlCE. — Les féminins en trice sont toujours considérés comme tout latins, ainsi qu'au xvie siècle 2.
Nicot juge encore que « l'analogie n'y est pas » 3. Et Maupas n'attribue ce féminin qu'à des mots pris au latin. Oudin l'admet seulement pour impératrice, electrice, tutrice, inventrice. Il condamne procuratrice au profit de procureuse ^78-79) 4.
II, 131); drolesse (Chapelain, Guzm. cTAlf., III, 61) ; goinfresse (Scarron, Yirg., I, 218); ivrognesse (Richer, Ov. bouf., 384); moinesse (Loret, 6 août 1651,207); seigneur-esse est raillé dans Poisson, Poète Basque, se. ix; aucun, sauf diablesse, n'est ancien.
1. François de Sales en emploie couramment: apostresses (VI, p. 90); la perdrix larronnesse (t. IV, p. 79; Am. de Dieu, I, ch. xvi) ; on trouve prophète au féminin: comme înalheureuse et véritable prophète (Nervèze, Am. div., II, 165 r°). Cf. Tes mots coulent, vieille druide (Espad. sat., p. 23).
2. Ainsi : d'innocents mineurs à qui vos beautés servent de curatrices (Nervèze, Am. div., II, p. 20 r°) ; je fus de ses spectatrices (Camus, Alcime, 183); mais la nécessité inventrice des arts {Ib., 307); un feu qui consommera bientost les adoratrices et le temple ( Cel. et Maril., 299 ); la médiatrice de son bonheur (Id., ib., 68) ; teste mienne servante médiatrice de mes affaires (d'Audig., Six nouv., p. 121); dont elles sont les inventrisses (Somaize, Dict. des Préc, Préface) ; Tromperie, dit une sculptrice de la rue Saint-Martin (Caq. de VAcc, 54) ; Puisque iautrice en a fait don A cet éminent Personnage (Loret, 29 juil. 1656, 264) ; les mesmes coadjutrices {Duh.Mont.,Al.,6).
3. Empereur, imperator « est terminaison françoise dont vient le féminin emperiere, qui est aussi terminaison françoise, car imperatrix ou impératrice dont on use à présent ne viennent point d'empereur ains d'emperateur, duquel le françois n'use pas. Le latin en fait foi disant imper ator-trix, et l'italien imper atore-trice. En cette sorte le françois, depuis quelque temps en ça, combien qu'il retienne sa terminaison naifve (nativa), au masculin empereur, il a prins une terminaison estrangère au féminin : impératrice, là où les anciens disoyent: emperiere. Il estvray toutesfois que de tuteur et curateur, et procurateur, il dit : tutrice, curatrice et procuratrice, mais l'analogie n'y est pas, car en ces trois derniers il retient toutes les syllabes des masculins latins, là ou en ce mot empereur il en laisse une en chemin ».
4. La vieille forme emperiere se rencontre toujours de temps en temps (J. Godard, L. franc., 22; Let. de Phyll., V part., p. 17); Monet l'enregistre encore (Invant aire ; cf. La Com. des com., A. th. fr., IX, 238). Balzac la discute dans son Socrate chrétien (II, 262). Elle est commune chez Ant. Corneille : Puissante Emperiere des deux (Hymne Ave maris stella: cf. Ave Regina et O gloriosa domina).
Toutefois les formes en trice ont trouvé un apologiste. C'est Balzac ; il ne s'est pas borné à proposer judicatrice, qu'il préfère à critique (t. I, 1016) et à le risquer (II, 147, Prince), il nous a donné de nombreux exemples analogues. Il se sert de distributrice (I, 1032) ; divinatrice (II, 489) ; instigatrice (II, 546) ; libératrice (II, 480) ; persécutrice (II, 545).
Au reste, c'est chez lui qu'il faut chercher une théorie générale sur les formes à choisir pour les noms féminins d'agents, qui donnaient lieu sans doute a des plaisanteries, comme aujourd'hui : la lettre qu'il en écrit à M. Girard, le 7 mai 1634, constitue une vraie dissertation sur le sujet *. Elle conclut : « En mon particulier, j'ay jusqu'icy suivy l'usage, et je dis bien qu'une femme a esté conseillère d'une telle action, mais non pas jugesse d'un tel procès ; qu'elle a esté mon advocate, mais non pas qu'elle a esté mon Orateur. Je dis bien qu'un tel soldat est de la Compagnie Colonelle, mais non pas qu'un tel est de la mestresse-de-Camp. Je dis la galère capitainesse, mais je n'appelle pas capitainesse une femme, quoy qu'elle soit femme d'un capitaine... a mon advis, il faut prendre conseil de l'Oreille... Par exemple, je diray plutost que Mademoiselle de Gournay est Poëte que Poétesse, et philosophe que philosophesse. Mais je ne dirai pas si tost qu'elle est Rhetoricien que Rhetoricienne, ni le Traducteur que la Traductrice de Virgile » (I, 256-257).
Parmi les formes féminines désignant des professions, je citerai advocate [Diff. des Coqs, V. H. L., IV, 279) ; tyrane(Nouv. Rec. de Let., 1638, Let. amour., 28); artizane (Cél. et Maril., 155); escrivaine (Chap., Let., I, 504) ; officière (F. de Sales, VI, 10 ); les Agentes de la dissimulation. (Dub. Mont., A., 4); grammairienne (Balz., II, 606); matelotte (Scarr., Dern. OEuv., I, 167).
Il est intéressant de signaler quelques féminins dont on a tiré un effet comique. Th. Corneille dira une face guenonne (Charm. de la voix, I, 4); humeur cameleonne (Am. à la mode, IV, 1). L'exemple avait été donné aux comiques par Scarron : une nature rabageoise (Virg., I, 255); le même avait fait chevale (lb.,l, 341) ; violon ne II>., I, 305 ; piétonne {ib., II, 225; cf. Loret, 24 nov. 1663, 120). Cf.
1. Il se refuse ù trouver une grosse incongruité dans la façon de parler de celui qui a appelé Mlle de Gournay poète el philosophe. Cela n'implique nullement qu'elle ail ixe. El il en appelle aux Anciens.!! cite grammairiens et auteurs, el montre qu'il connaît fœntiiu <Iu.r et millier deffentbr. Le grec de saint A.thanase el d<
«tome y fournil aus>i. afaisBalsaca appris que plus tard d'autres onl «lit eUêntê au lieu deefieiu,el qu'on s'est moqué «l'un qui appelait, des femmei tyrunnus,
donc p. -u ;'i peu l'ordonna:. ; inmairicns latins a été Holée.
guidante (Chapel., Guzm. d'Alf., III, 230, et Oecon., V. H. L., X, 12) ; pigeonne (Chapel., Guzm. d'Alf., 316).
ATTRIBUTION D'UN RÔLE SPÉCIAL AUX VIEILLES FORMES BEL, NOU- VEL, VIEIL. — Les formes bel et nouvel achèvent de prendre une destination particulière. Elles se mettent devantune voyelle, mais seulement quand cette voyelle appartient au substantif, auquel l'adjectif se rapporte ; on dit un bel homme, mais il est beau en tout temps. Cette règle, d'accord avec la phonétique syntaxique, est de Vaugelas (II, 4). L'anonyme de 1657 la reproduit (44). L'analogie eût sans doute arrangé les choses plus simplement : dans un nouveau Empirée (Merv. de Nat., 492) ; cf. un nouveau Annibal aux portes de Rome (ib., p. 128); un nouveau accroissement de joye (Nouv. rec. de let., Let.pol. 84), un nouveau évangile (Théat. d'Eloq., Har. 159).
Le même Vaugelas règle de façon analogue l'usage de vieil et de vieux. On dit un vieil homme, mais un vieux manteau. Toutefois Vaugelas n'ose pas proscrire un vieux homme, un vieux amy, un vieux habit, quoique vieil soit beaucoup meilleur (II, 86). La doctrine ne sera rigide qu'à la fin du siècle (V. l'Académie et Th. Corneille, ib.) l.