‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 5)Chapitre 98 sur 134 · Montreuilen fit une épigramme · texte numérisé non relu

Montreuilen fit une épigramme

Philis, voulant se corriger De mille mots bretons qui me font enrager,

Et dont elle enrage elle-mesme, Me demandoit tantôt s'il faut dire en françois

Je vous haïs ou je vous hays.

— Evitez l'un et l'autre avec un soin extrême...

Dites seulement « je vous aime ».

(Montreuil, OEuv., 1666, 550, pagination intervertie.)

2. Vermoulu avait fait naître antérieurement vermoulir : les murs poussent et font ventre, les bois se fendent et vermoulissent (R. Franc., Merv. de Nat., 439).

3. Enfin, leur charbon de terre Put bien moins qu'elles ne font (St-Am., II, 466) ; put : rut (Richer, Ov. bouf., 264); put : reput (Bensserade, OEuv., 1697, I,' 204) : fut: put (Scarr., Virg., I, 254; cf. II, 116).

abus on l'emploie ( Gr. , 1 63) . Vaugelas s'imagine que cette confusion est récente, et voudrait bien la faire disparaître. Mais elle est si bien établie par l'usage de la Cour qu'il ne peut se résoudre à la condamner, et, si dans une lettre ou une petite pièce, il met recouvert, dans une œuvre de longue haleine il mettrait tantôt l'un, tantôt l'autre. Pour recouvrir, qui n'est pas encore aussi répandu, il vaut mieux l'écarter tout de suite (I, 69-71). Patru, qui sait que les anciens en usaient de la sorte, admet indifféremment recouvert et recouvré, recouvrerai recouvrir \.

Despenser remplace despendre. Malherbe disait que pendre, despendre étaient bons pour les Gascons (Doctr., 260) 2.

CONJUGAISON INTERROGATIVK

Le sourd final de j'aime était devenu é devant le pronom je : aimé- je ? et non plus aime-je ? Vaugelas tient a le marquer, dans l'intérêt des Provinces de « de là Loire » (I, 343). C'est chose incontestable, et le résultat en était que bien souvent Yai remplaçait c dans l'orthographe. Vaugelas prémunit ses lecteurs contre cet abus. 11 est commun dans les textes: Aussi m asseuray-je que tu ne manqueras pas d estre puni de ton costé (Fleurs de Veloq.fr., 36 v°) ; Que dis-jc, et pourquoi) ni efforçai/ -je inutilement? (Théâtre dyEloq.< Har., 111); cf. : Resvez-je point ici/? Suis-je bien éveillée? (Coif. a la mode, 64) ; A quoy songé-je insensé? (Sorel, Berg. e.rtr., 1. I, t. I, 38) ; gardé-je les meilleurs pour la fin ? (Id., ih., 1. I, t. I, 55).

Un second résultat fut que les verbes des autres conjugaisons, terminés en consonnes, tendirent plus ou moins à prendre par analogie une désinence en e. Oudin constate que cette inclination ('tait fort répandue, et dans le vulgaire et chez des personnes d'esprit. Au lieu de pers-je, on entendait dire perdez-jc, au lieu de dors-jc, dormez-jc, au lieu de vay-ie, allez-je. Oudin, voyant ces fautes échapper à de « bous discoureurs », conseille d'user de circonlocutions pour éviter cours-je (courge) ou vends-je (venge) (Gr., 203). Vaugelas met aussi en garde ses lecteurs contre cette << grande cireur » (1,343-344).

i. Kst-ce en raison de cette confusion ou à cause de l'incertitude sur l'inflexion du lonl j'ai parlé Voir mou t. Il, 338) qu'on trouve découvre : et lui avec quelques un*, §e decouvra du chaperon, et montra son oUage encore avec la mesme misérable gravité aeigneurialle Ri$t. ;><h>i. d'un Favory, 1622, V, II. I>.. I. 109 .

■ i.i quelques exemples, parmi les derniers: /•-'/ cen.r i(ui ont despendu $a

nrhes.se l'urtf. des l'rison., V. II. L., VIII, 203 : Si ton mur;/ r;i ton argent

despendre à lu taverne, il a quelques raiions Fant, repentir des Mal Variez, V. II.

i. . IV

Il est bien exact que les écrivains évitent ces barbarismes. Sosie s'interroge correctement : Rêvé-je ? est-ce que je sommeille ?. . . Ne sens-je pas bien que je veille?... Ne tiens-je pas une lanterne en mains?... Ne te trouvé-je pas devant notre demeure? Ne Cy parlé-je pas d un esprit tout humain ? (Amphytr., I, 2). Mais déjà, dans l'usage général, pour tourner la difficulté, on se servait des particules est-ce que, où est-ce que, etc. (Voir p. 295.)

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