Santeuil, ÛBur., H
2. La traduction française de son poème Latin est dans le Mercure d'août 1C89,. p. 55-75.
3. Reg, de V Académie d'Arles^ î* 148 v», dans Rance, o. c, I, 320, n. 1. //)., f» 150 V; //)., I, 325, n. 3.
5. Boileau était « entièrement déclaré pour la lang-ue latine ». (Voir ses raisons dansune Lettre à Brossetlc, du 15 mai 1705 (éd. B.-S.-P., IV, 413-4.)
liATlN ET FRANÇAIS SUR LES MONUMENTS PUBLICS 17
Retentissement de la querelle en province. — Il ne faudrait pas prendre tout ce débat académique trop au sérieux. Néanmoins, il y avait là autre chose que des jeux d'esprit. Colbert Tavait fait naître, nous le savons par Lucas, et il s'étendit à la province. La même question s'agita à Arles à propos du fameux obélisque antique qu'on redressa et qu'on dédia à Louis XIV. L'Académie ^tait désireuse « de faire voir aux ennemis de la langue françoise ^uon s'estoit mespris, lorsqu'on a creu... que cette langue ne pourroit pas fournir d'assez belles paroUes pour louer le roy » ^ Charpentier avait communiqué à TAcadémie sa Deffence, Il envoya «également son Excellence^ et les choses, à Arles comme à Paris, allaient si bon train que le dernier livre arriva encore à temps. Le premier avait du reste suffi à convertir l'Académie qui désirait « plaire à un si grand ami » 2.
A Montpellier, on discuta aussi sur une inscription. Fléchier opinait pour qu'elle fût en vers latins 3. En 1703, Du Tremblay démontrait à TAcadémie d'Angers que le français convient aussi bien au style lapidaire que le latin.
Derniers échos de la bataille. — L'abbé de MaroUes crut i)on d'intervenir '*. Mais les ripostes que les latinistes, de leur côté, préparaient, ne parurent pas. Charpentier, après quelque retard, :se décida à reprendre d'ensemble la question dans un gros livre, qui reste le principal monument de cette querelle : De V excellence de Àa langue françoise, Paris, Cl. Barbin, 1683''. Cet épilogue gagnerait beaucoup à être plus court. On en pourrait retrancher entre autres deux cents pages du second volume relatives à l'inscription égypitienne du roi Rhamsès. En outre, parmi les arguments donnés, il en est, cela va sans dire, de bien mauvais, par exemple celui-ci, -que la prose française est supérieure à la latine, parce qu'il s'y mêle moins souvent des vers (689 etsuiv.). L'auteur soutient de véritables sophismes, ainsi quand il prétend, après Le Laboureur et Bouhours, que la construction directe française est incompara-