‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 169 sur 385 · W-, iJb · texte numérisé non relu

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fié non plus qui pût déranger sur ce point les usages du pays. A partir de Charles-Quint, les Édits généraux, applicables à toutes les provinces des Pays-Bas, avaient été rédigés en langue vulgaire et expédiés dans les différentes localités en la langue qui y était usitée *. On garda cette habitude ^.

Toutefois il semble que les écrivains belges, préoccupés de montrer qu'on avait laissé certains droits et une bonne place au flamand, n'aient pas assez mis en lumière ce qui me parait avoir été une règle et une doctrine, à savoir que le français était considéré comme la langue de l'Union dans les relations avec les maîtres espagnols.

Les Etats, quand ils furent réunis, continuèrent à délibérer suivant les usages anciens. On verra même les Etats de 1600 ordonner à leur greffier de répondre à l'ambassadeur espagnol en langue française, « pour estre l'ordinaire de la maison de Bourgogne ^ ».

De leur côté les gouverneurs espagnols reconnaissaient, dans une certaine mesure au moins, cet état de choses. Ainsi Marguerite de Parme, dont les lettres autographes et confidentielles sont en italien, qui signe même ses lettres françaises « Margarita », écrivait aux conseils et aux villes en français.

Mais il y a mieux. Granvelle, à qui Tespagnol était tout aussi familier que le français *, et qui eût pu par conséquent se servir de cette langue, a marqué un jour l'importance qu'il attribuait au maintien du français comme langue officielle dans les rapports avec Madrid. 11 écrivait au garde des sceaux Hopperus, le 16 décembre i 569 : <( Quant aux termes que vous debvez tenir à Tendroict de ceulx d'Espaigne, comme jà vous avez prins cognoissance de l'humeur du pays, vous pouvez de vous-mesmes mieulx considérer ce qui convient, que l'on ne vous sçauroit dire... Us ont mis bien avant la main aux affaires des pays d*embas ; et certes, comme je Tay dict quelquefois, la faulte est des seigneurs, qui, pour exclure desdites affaires, et monsieur le président et vous, despuis mon parlement, escripvoient eulx-mesmes et faisoient escripre en espaignol par Armenteros ; ce que, de ma part, ne s'estoit jamais faict.

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