‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 171 sur 385 · Gachard, Corr. de Ph. II, I, GLXVII · texte numérisé non relu

Gachard, Corr. de Ph. II, I, GLXVII

DEPUIS L EXThNCTiON DES DUCS DE BOURGOGNE 205

mais avois tousjours tenu ce respect, de faire les dépesches pour les pays d'embas en langue françoise, et qu*iceulz passassent par la main des mesmes secrétaires d'Estat de S. M. qu'estoient soubz M. le président, afin qu'il vist le tout... ' ». Il y avait là autre chose, on le voit, qu'une tradition de chancellerie. C'était une coutume que certains trouvaient un intérêt d'Etat à maintenir.

La culture française dans le pays. — M. Pirenne a remarqué avec raison qu'à partir de Marie de Hongrie, il n'exista plus de littérature française à proprement parler aux Pays-Bas. Ce fait est exact et il est très important. Mais si on ne produisait plus^ on lisait toujours ; les livres français restaient en faveur. Le succès de Rabelais en est une preuve 2 et Erasme a constaté non sans ironie cette vogue : N'avez-vous jamais vu des livres dans la maison des femmes du monde? dit le Dialogue de labbé et de la Savante, Et labbé répond : Si, j'en ai vu, mais ils étaient écrits en français. Et la conversation continue : Il faut qu'une femme de pays germanique apprenne le français afin qu'elle puisse parler avec celles qui le savent. Un homme comme Marnix de Sainte-Aldegonde sera tout plein de la verve rabelaisienne, et son style fait penser aussi bien à Pantagruel qu'à T Apologie d'Hérodote de Henri Estienne 3.

En Hollande aussi, la littérature française, sans y avoir jamais trouvé une patrie, comme dans les provinces du Sud, gardait un public. Marot et Ronsard exercèrent sur les poètes néerlandais une influence décisive •*. Lucas de Heere (milieu du xvi®) traduit le Temple de Cupido, VÉpître au Roy^ des Pseaumes ; il imite les coq-à-râne et compose des sonnets. Jan van der Noot (1539-1595 ?) — dans son recueil, dont le titre seul Bosken rappelle les Bocages de Ronsard — publie des odes pindariques, des sonnets et des chansons empruntées à Ronsard et à Baïf. Jan Moerman fait une épopée à l'exemple de la Franciade, Jan van Hout (né en 1542)

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