Pirenne, IV
place paraît s'être organisé au commencement du xvi* siècle. Nous rencontrons çà et là des écoles, où, à côté d'autres matières, on en iseignait notre langue. A Amsterdam en 1503, 1509, 1533, 1535, 1564, à Termonde en 1516, à Leyde en 1535 et 1556, à Utrechl en 1537, à Gouda dans cette même année, à Delft en 1548 et 1571, à Rotterdam en 1552, à Middelbourg en 1560 et 1584, à Brielle en 1567 '.
Presque partout cet enseignement était donné par des gens des provinces méridionales : le maître qui, en 1503, ouvre une école à Amsterdam, vient de Bruges, de même que celui qui, en 1560, s'établit à Middelbourg; en 1516, Isabelle de Lyons, établie à Bruges, vient de Tournai ; en 1564, on nomme à Amsterdam deux maîtres originaires d'Anvers, dont Tun est appelé « schoolmeester van der Walsche spraecke » ; en 1566, un autre est natif de Lille (un autre est habitant de La Rochelle).
Ainsi les provinces du Midi fournissaient aux provinces du Xord les maîtres ; elles fournissaient aussi les ouvrages destinés à enseigner Tautre langue du pays. Au début, quelques manuels vinrent, il est vrai, de Tétranger ; on se contenta d'abord de la grammaire de Jean Pillot^. Mais de bonne heure il y eut une production indigène dont Anvers fut le centre principal. Dès 1511, Berlemont (m*" d'école) y avait publié un vocabulaire pour apprendre le français et le flamand 3. C'est là que Meurier donna son œuvre, si touffue, et que son célèbre Perroquet mignon vit le jour (1558 et sv.) ^.
1. On n'a sur les écoles, bien entendu, que des indications isolées ; elles sont mentionnées à la date donnée ; mais il n'est pas du tout certain que dans toutes ces villes on ait, dans l'intervalle entre ces différentes dates, régulièrement et continuemenl enseigné le français.
Les renseignements fournis ici au sujet des écoles dans les provinces du Nord sont dus à Tobligcance de M. K. J. Riemens, qui a sous presse une thèse sur renseignement du français en Hollande à partir du xvi* s., dont nous avons pu prendre connaissance.
Les maîtres de français donnaient de temps à autre des représentations théâtrales en français, où leurs élèves figuraient comme acteurs : il y en a eu à Amsterdam en 1533, à Utrecht en 1537, à Gouda également en 1537 et très probablement en 1548 et en 1549, à Termonde en 1564, peut-être à Delft en 1571 et à Brielle en 1578. Ces représentations étaient publiques, mais il ne faudrait pas en conclure que les assistants fussent en état de comprendre la pièce. Leur présence témoigne simplement qu'ils approuvaient, et rexercicc» et d'une façon générale l'étude à laquelle il se rapportait.
Voir sur les représentations des pièces de théâtre dans les écoles, L.-V. Gofflot, Le théâtre au collège, Paris, 1907.
2. Elle est rééditée à Anvers en 1558, 1561, 1563, à Louvain en 1563, a Douai en 1575 (Stengel, n» 11).
3. Stengel, p. 22, n. 1. Cf. Morel-Fatio, Et. s. VEsp., Paris, 1695, p. 247, n. 1.
4. Voir Stengel, n» 19, p. 24 et n. 1. Cf. W. de Vreese, Biographie n&lionale de Belg., XIV, 740, Bruxelles, 1897.