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CHAPITRE VI

APRÈS LA MORT DE GUILLAUME II. PENDANT ET APRÈS LA GUERRE AVEC LA FRANCE.

L'éducation de Guillaume III. — Dans la période qui suivit la mort de Guillaume II, quoiqu'il n'y eût plus de cour ni de semblant de cour, les traditions de la capitale se maintinrent. Une troupe de comédiens français continua à jouer à La Haye *. Jean de Witt avait voyagé en France.

Le jeune prince qui devait devenir Guillaume III eut, lui aussi, son précepteur français : Chappuzeau (1659) ^. Il fut polyglotte, mais le français était certainement une des langues dont il se servait le plus facilement 3. La femme qu'il épousa en 1677, fille de Jacques II d'Angleterre, était, plus que lui encore, d'éducation française. Elle se joignait tous les matins aux prières françaises, et, tous les soirs, allait au culte chez des pasteurs français. Son valet de chambre, Marin Geffroy, était Français. Ses lettres sont en français '».

Dans l'aristocratie. — L'aristocratie, qui eût vivement désiré se grouper autour d'une cour, comme en France, continuait à alfecter les manières des Français ^ que les jeunes gens venaient apprendre

1. L'ambassadeur De Thou, dans une dépêche du 28 févr. 1658, demande un passeport pour les comédiens qui ont joué à La Haye et n'ont pu retourner à Bruxelles en raison des glaces [Aff, Etr.^ IIoll., Corr.^ vol. 58, f» 239; dans Journ. du voy. de deux jeunes Holl.,éd. cit., XVI).

2. Le 6 nov. de cette même année, Chappuzeau fut élu membre d'honneur de l'Université de Leyde, et inscrit dans le Album Siudiosorum comme « Samuel Chappuzeau, Parisiensis, Advocatus in Consilio Régis, Pracceptor Principis Arausionensis, aetate 35 (honoris causa) » i Album Siudiosorum Acad. Lugduno-BaUvae^ La Haye, 1875, col. 476).

3. Il savait également bien le hollandais, le français, l'anglais et l'allemand. Il comprenait l'espagnol, l'italien et le latin. A 14 ans, il écrit en français une lettre au baron de Freisheim, enseigne A l'armée (Groen van Prinsterer, V, p. xxxvii ; Lefèvre- Pontalis, Jean de Wili^ II, 71, qui renvoie à Lett. d'Estrades, 18 févr. 1666 et 30 juin 1667 : LeiL de J. de Witt à Van Beuningen, 18 mars 1666). Voir une de ses lettres autographes à Louis XIV, 3 juillet 1670. Aff. Étr., Holl., Corr., 90, f* 246).

i. Aff. Étr., Holl., Corr., 90, f» 77. Cf. Lettres et Mémoires de Marie reine d'An- (jlelerre^ p. p. Doebner, 1880; Memoirs of Mary, 1886.

5. Cestau chevalier Temple, qui a longtemps observe les Provinces, que nous demanderons son témoignage ; Us « voudroient voir une Cour dans le païs, dit-il, afin

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