‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 213 sur 385 · RÉSULTATS I. — EMPRUNTS DE LA LANGUE NÉERLANDAISE AU FRANÇAIS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS I. — EMPRUNTS DE LA LANGUE NÉERLANDAISE AU FRANÇAIS

Il ne sera dans ce qui suit question que du Lexique. Les influences françaises sur la Morphologie néerlandaise paraissent en effet des plus contestables ^ Celles qui concernent la syntaxe ne doivent non plus être acceptées quavec une extrême réserve et après un examen approfondi '-^e

1. Vs du pluriel a été qualifié de fait de morphologie germanique (I, 397), et avec raison. 11 est même plus que douteux que l'imitation du français ait contribué à en étendre remploi. Ce qui a engagé plusieurs germanistes à reconnatlre ici Tinfluence française, c'est que ce s semble ne pouvoir s'expliquer par le néerlandais lui-même et qu'il est inconnu dans le vieux bas-franconien, auquel remonte le néerlandais. En outre, il ne s'ajoute ordinairement qu'à un petit groupe de mots, les noms de personnes en -ère, -aère, puis aux mots masculins en -e/, -en et à des mots français en 'ier. Mais, d'après cette observation même, ce n'est pas à des mots d'origine française que s commence à s'adjoindre. En second lieu, dans l'ancien français, ce s ne se trouvait, au pluriel des masculins, qu'à l'accusatif; et, ce qui est plus grave, les mots féminins, au pluriel, ont également s, au nominatif et à l'accusatif. Enfin, quelle qu'ait pu être à l'époque ancienne la pénétration française aux Pays-Bas, rien absolument ne nous autorise à croire à une diffusion assez grande pour que le français ait pu agir sur le système morphologique. La morphologie est Télément le plus caractéristique d'un idiome, rien ne lui demeure plus propre, il résiste même à de vraies invasions. Les mots étrangers qu'on adopte s y accommodent (Cf. Franse Woorden, 321, et plus haut, I, 397). A notre avis, il ne serait pas impossible d'expliquer ce s du pluriel par le génitif singulier en s des mots dont le radical se terminait anciennement en a. "Voyez Nienwe Ta&lgidSy VIII, 15.

2. Ainsi, on a expliqué par l'exemple du français le remplacement du pronom de la deuxième personne du singulier par le pluriel (J. A. Vor der Hake, De Aanspreekvormen inU Nederlandsch,, I; Thèse de l'Uni v. d'Utrecht, 1908); il est plus probable que ce phénomène s'est produit en hollandais in^lépendamment du français. La difficulté est que nous ne connaissons pas la langue parlée au Moyen-Age, c'està-dire à l'époque où la substitution du pluriel au singulier comme forme de politesse s'est produite. Si, dès les débuts de la littérature néerlandaise, dans les œuvres courtoises traduites en français, le pluriel est plus fréquent que le singulier, cela ne peut pas servir de preuve en faveur de l'origine française de ce phénomène, car, en admettant que l'emploi du pluriel pour le singulier se soit développé en néerlandais, on s'expliquerait très bien que, dans ces romans où l'action se passe dans la haute société, la forme de politesse qu'était ce pluriel remplaçant un singulier ait été plus employée qu'ailleurs. Il y a lieu d'insister sur ce fait que, dans les langues germaniques, on trouve des évolution» parallèles à celles des langues romanes et pourtant indépendantes : les unes comme les autres deviennent de plus en plus analytiques, les cas y sont remplacés par des prépositions, le rôle des auxiliaires devient de plus

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