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RÉSULTATS. LA PRESSE PÉRIODIQUK EN FRANÇAIS

même. Le titre seul indique quelle fut Tidée directrice du libraire, De la Font. Avant de s'appeler Nouvelles extraordinaires de divers endroits , sa feuille se nommait : Traduction libre des Gazettes flamandes et autres. Rien de plus significatif. Dans un pays où on parlait flamand, il faut qu'on ait eu des raisons bien particulières pour traduire en français des gazettes, ou en publier dans cette langue. Et ces raisons ne «ont pas à chercher sur place. La vérité est que les Nouvelles devenaient une marchandise sérieuse, à la condition d'être vendues en grand nombre. Or, on ne pouvait trouver aux Pays-Bas la clientèle nécessaire, on se tourna donc vers Tétranger et on rédigea dans la langue où les gazettes avaient chance d'être lues, c'est-à-dire d'être vendues.

La preuve en est que les Hollandais essayèrent aussi de créer des gazettes en italien et en allemand *, qu'ils espéraient débiter là où on parlait ces langues, mais dont la vogue fut infiniment plus restreinte.

Aux gazettes vinrent s'ajouter bientôt les journaux, sorte de revues critiques des nouveautés littéraires et scientifiques, dont le prototype fut le Journal des Savants *. J*ai déjà parlé de ce journal et de son premier directeur, Denis de Sallo. Il faut aussi compter les Mercures^ sortes de répertoires périodiques des faits les plus importants à noter.

Leurs rédacteurs. — A voir la correction dont témoignent ces publications, on se laisserait facilement tromper. Si les gazettes avaient été l'œuvre de Hollandais, c'est que beaucoup d entre eux auraient eu dans le français une seconde langue. Mais il n*en est rien. La plupart des rédacteurs étaient d'origine française, ainsi ce Jean Alexandre De la Font, cité plus haut, fondateur de la Gazette ordinaire d" Amsterdam ^^ le plus estimé par Bayle de tous les gaze-

1. Jonsz Zwol, éditeur de la Gase^^e d'Amsterdam (en fr.), publie aussi, à partir du 2 mars 1668, une (çazcttc en italien, hebdomadaire « pour le même prix que la française » (Hatin, o. c, 12). En 1694, Gaspard Commelin, à Amsterdam, a privilèjce du Magistrat de la ville pour publier les gazettes hollandaises, allemandes et françaises (J. VVagenaar, Description d'Amst., Hatin, o. c, 162).

2. Bayle, dans la Préface des Nouvelles de la République des Lettres, dit : « On a trouvé si commode et si agréable le dessein de faire sçavoir au Public par une espèce de Journal, ce qui se passe de curieux dans la République des Lettres, qu'aussi-tôt que M. Sallo, Conseiller au Parlement de Paris, eût fait paroître les premiers essais de ce Projet au commencement de Tannée 1665, plusieurs Nations en témoignèrent leur joye, soit en traduisant le Journal qu'il faisoit imprimer tous les huit jours, soit en publiant quelque chose de semblable » {Œuv., I, 1).

3. En 1667. En 1678, il est à Leyde ; c'est là qu'en 1680, il publie la Gazette de Leyde qu'il cède en 1689 à son fils. Le 16 janvier 1670, Pomponne le mentionne dans son Mémoire de quelques particuliers françois habitués en Hollande, qui demandent

tiers français ^, Cl. Jordan, éditeur des Nouvelles extraordinaires 2, Saint-Guislain, alias Saint-Glain, rédacteur des Nouvelles solides et choisies ^, dont héritèrent successivement sa veuve et son fils '*. Quand, à La Haye, en 1690, Jean-François du Four obtint la permission nécessaire, et qu'il entreprit son Histoire joarnalicre de ce qui se passe de plus considérable en Europe (bi-hebdomadaire), il s'attacha un autre Français, un réfugié, Paul Acéré, S' des Forges ■">.

A Utrecht, la Gazette française qui parut en 1710, était l'œuvre de Nicolas Chevalier, encore un Français, que remplaça du reste en 1720, un Parisien, Nicole Janiçon. Et ainsi de suite. U Histoire abrégée de l'Europe, connue sous le nom de Journal de Leyde (1686-1688), publiée chez le même Cl. Jordan, dont nous venons de parler, est de Jacques Bernard, un pasteur émigré, qui donna aussi, en 1692, les Lettres historiques^ . La Gazette burlesque d'Amsterdam, sorte de continuation de Loret, fut fondée par Grosnier et Lucas, le même Lucas qui créa à La Haye la Quintessence des Nouvelles historiques, Véron, Gueudeville ^, puis M™® du Noyer, et ensuite Rousset de Missy et Guyot lui succédèrent.

Michel de la Roche qui fit paraître la Bibliothèque anglaise en 1710, sortait également de France. Il avait d'abord passé en Angleterre. Gabriel d'Artis, qui resta quelque temps à la tête du Journal sur toutes sortes de sujets, est également Français. Si leurs noms sont peu connus, en revanche d'autres sont restés célèbres.

très humblement au Roy la permissiou d'y continuer leur séjour (16 janv. 1670). Il est alors correcteur d'imprimerie et habite Amsterdam [A/f. Elr., HoU., Corr., 90,

1. M Oa croit que celles (les Gazettes) du S' La Fon, que je n'ai jamais vues, sont les meilleures » (Bayle, Œav., IV, 620).

2. D'abord à Leyde, 1680, il passe en 1689 k Amsterdam. Sa feuille porte alors le titre de Xouveaa Journal Universel. Les magistrats lui ayant accordé un monopole il annonce qu'il lui donnera le titre de Gazette dWinsterdam (Ilatin, o. c, 159î. Après 1690, il quitte le journal, où on trouve en 1692 un nommé Maussy ; il reparaît en 1718 dans la Quintessence des nouvelles historiques et la Clef du cabinet des Princes Il est alors libraire (Id., ib., 160, n. et 161).

a. B:iyle en a parlé plusieurs fois {Let. à son fr., Rotterdam, 10 avr. 1684, JVonrletl., II, 222).

4. Ilatin, o. c, 163. Ils employaient à la confection des articles tantôt un sieur de Versé, tantôt un sieur Fleurnois (Bayle, Œuv.y IV, 620).

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