RÉSULTATS. HI8T01BE DE LA LANGUE FRANÇAISE
Pour le reste, o^est à peine si on arriva à faire garder dans les attaques un peu plus de prudence et de réserre extérieure.
La police de Louis XIV imagina aussi d'opposer pamphlet à pamphlet K II arriva même que pour assurer du débit à ceux qu'on lançait, et ne pas laisser soupçonner leur provenanoe, on essayât de donner une apparence hollandaise à des impressions qui sortaient d^e presses françaises ^.
Malgré tout, TefFort, comme on pouvait s'y attendre, fut surtout négatif. Il se concentra et s'obstina à obtenir par mesure administrative la disparition des écrits qui gênaient.
Et aiasi seproduisit un paradoxe singulier. Pendant quelegouvernement royal luttait contre elle de toutes ses forces et de toute] son autorité, la libre presse hollandaise, en attaquant la France et son roi en français, étendit par des exercices réguliers danslout le monde civilisé la lecture en langue fran^çaise. Malgré nous, elle obligea toutes les Cours, tous les hommes mêlés aux affaires, à connaître cette langue pour se tenir au courant, et la prépara ainsi à jouer un rôle essentiel dans les discussions internationales. De la sorte d'obscurs gasetiers, devenus souvent, quoique Français, d'implacables ennemis de la France, Grent plus pour elle que de grands auteurs, miéme académiciens.
Ainsi ces Kenaudot étrangers mériteraient que leur nom fût inscrit auprès de celui du maître ; seulement la plaoe de leur monument n'est pas en face du Palais de Justice.
1. Un des journalistes à gages fut Eustache le Noble de Tcnnelières, baron de SamtXîcorges, qui publiait chaque mois La, Pierre de ionche politiqne (1688-1709). Ses dialogues eurent l'honneur de produire aux Pays-Bas un peu du scandale que les libelles hollandais causaient en France (Voir une lettre de Bayle, 3 déc. 1691, Œuv., 1737, IV, 669).
2. Voir une lettre de Verjus, ambassadeur de France an Secrétaire des Aff. Étr., Ratisbonne, 6 juill. 1682. Il parle des traités que M. d'Yéna a écrits pour défendre les droits de la France : h II sera nécessaire d'envoyer ces escrits a quelqn^un a Strasbourg pour les y faire imprimer de quelque caractère qui ressemble a ceux de Hollande ou de Nuremberg ou Francfort. Si vous n*y avez personne pour en prendre soin, M. Guntzer le fera fort bien •» {Aff. Elr., Allem., Corr., 295, f» 128).