LE FRANÇAIS DANS LA RÉGION DU RHIN
vinistes farent bannis en 1592. Au reste, Bockenheim, à la porte même de Francfort, appartenait aussi aux comtes de Hanau, et quelques-uns n'allèrent pas plus loin que ce village. D autres, satisfaits de pouvoir venir entendre l'office à Bockenheim, restèrent à Francfort. Mais il est évident que Tin tolérance luthérienne, qui faisait aux réfugiés une situation si précaire, ne permit guère à leur influence de s'exercera On veillait sur cette langue par laquelle s'introduisait un « maudit poison » ^.
Néanmoins, vers 1600, Helfenstein a compté six maîtres de langue française, orthodoxes sans doute : Jacques de Voss, Laurent AUeintz, Georges de Lauen, Cornélius de Rame, et la femme du brasseur Servatius Lewart. Le grand commerce de livres dont les foires étaient l'occasion devait se faire encore la plupart du temps en latin. C'est certainement en cette langue qu'un Henri Estienne y faisait ses affaires. Il n'est que de consulter les catalogues.
Bade. — En Baden Dourlach les princes avaient également étudié le français. C'est à Frédéric, Charles, et Christophe, fils de George Frédéric, qu'est dédiée la grammaire de de Serres, imprimée à Strasbourg 3, en tête de laquelle on lit la célèbre lettre apologétique de Havenreuther. Samuel Bernhardt était devenu, avant 1616, conseiller de son Altesse ^.
Wurtemberg. — L'infiltration française était très ancienne dans le Wurtemberg. Elle remontait au temps où, en l'absence de toute descendance mâle du duc de Montfaucon, une partie du duché de Montbéliard passa par mariage dans la famille du duc Eberhard IV. Au xv^ siècle, deux fils du duc Ulrich V, Eberhard et Henri, avaient été élevés en Franche-Comté ; Eberhard fut même sacré chevalier au moment du couronnement de Louis XI '^.
Christophe, qui régna entre 1550 et 1568, fut par la volonté d'un père méfiant, tenu pendant huit ans loin du Wiirtemberg. Or, il passa tout ce temps à la cour de François I®^ et y prit du service ^, si bien qu'il obtint une pension atinuelle du roi de France. Une fois rentré dans son pays, il garda des relations régulières avec ses amis