‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 265 sur 385 · Grucker, o. c, I · texte numérisé non relu

Grucker, o. c, I

b. La femme de Christian était morte en 1625.

Histoire de la. Langue française. V. 30

de r Académie fructifiante, donne leurs noms ^ Le 1^ mars 1614, rAcadémie se réunit, et adressa ime lettre en français à Honoré f Urfé, toute pleine d'admiration et d'éloges « pour le rare et divin «sprit qui esclatte en chasque fueille, voire mesme en chasque ligne de ses inimitables ouvrages. » On lui annonce que la réimion a adopté les noms de ses personnages, et que c'est la lecture de ÏAstrée qui les a décidés à fonder une société pastorale, à l'imitation de «elle des bords du Lignon, « l'Académie des parfaits amants ». On l'invite à prendre pour lui le nom de Céladon, que nul n'est plus digne de porter. On le conjure aussi de donner enfin la quatrième partie du roman ^. La société des parfaits amants paraît s'être conservée pendant quelque temps encore. On perd ses traces après la Guerre de Trente ans.

On le voit, ce n'est pas seulement de civilité qu'il faut parler. Le vrai mot est galanterie. Ce mot apparaît en 1601 dans la langue allemande, qui l'emprunte au français ^. La chose avait commencé à pénétrer avant lui en Allemagne, et elle j fut importée, non seulement d'Italie, mais de France. Une semblait pas que la galanterie fût possible en allemand ^. Langue et manières allaient ensemble. Qui voulait se faire aux unes devait se mettre à l'autre.

Au reste Tart de se présenter, de saluer une dame avec grâce d'un compliment discret, de l'entretenir de modes, de danses, d'amour, d'éviter dans la conversation non seulement la grossieoeté et l'inconvenance, mais le pédantisme, la lourdeur, le sérieux OÊèiae parfois, était déjà si difficile à acquérir que seuls quelques privilégiés bien doués pouvaient espérer y parvenir après une longue pratique. Si après des années on réussissait à s'en approprier le vocabulaire et les formules au point de les manier avec aisance et à propos, comment edt-on pu espérer les traduire en une langue étrangère encore dépourvue des expressions équivalentes, sans leur faire perdre les nuances délicates qui en faisaient le prix ?

Pour une femme, la nécessité était plus impérieuse encore. S'habiller à la française n'implique aucune obligation de savoir la

f. Voir Grucker, o. c, 1,120-121, et Welti, Die Aslrée ,..und ihre deutschen Vèrehrer, dans la Zeitschrift fûrneùfr. Spr, u. Lilt., 1883, V, 107-111. Les lettres se iroiivent p. 115-117 [VAstrét fat traduite, dès 1619, encore inachevée, pnis en 1634).

3. Cette lettre fut remise à D'Urfé par un gentilbomme d*AnhaU, A. de Borstel, qui habitait Paris depuis 1606, et qui avait publié lui-mftme une traduction et une aorte de continuation de VAstrée. En tête de cette traduction, parue en 1635, on lit la lettre à d*Urfé et la réponse de celui-ci.

3. Le mot g&Uni se trouve pour la première fois en 1601 dans le Schônes Blumenfeldt Th. Hôck. Il ne se répand que plus tard (voir Gebauer, o. c, 115).

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