‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 269 sur 385 · Gebauer, o. c · texte numérisé non relu

Gebauer, o. c

3. Cf. Kluge, Von Luther bis Lessing, 4* éd., Strasbourg, 190-i, 138 et suiv.

de guerre et de marine figurent dans la liste en nombre très respectable : admirai, arsenal, artillerie, bataille, corneit, corporal, fïamberge, flotte, fortifikation, fregatte, golf, havarie, kalm^ kapUulation, kapitulieren^ kommandieren, lavieren (louvoyer), lerm (alarme), leutnant (lieutenant), inanition, muskete, pilot, postieren, ranzion (rançon), ranzionieren, rapier (rapière), sergeant^ on a parfois attribué au contact des armées françaises et des populations ailemandes^ une partie des résultats que nous avons constatés. C'est une idée enfantine. La guerre de Trente ans n a pas empêché la diffusion du français en Allemagne, c'est tout ce qu'on peut dire. Vérification faite, la plupart des mots de guerre avaient passé antérieurement à cette époque. Pour regarder les choses d'un peu plus haut, cette longue suite de calamités qui transforma en désert des contrées jusqu'alors cultivées, vida les villes, rejeta les paysans à la vie nomade, pêle-mêle avec des brigands et des filles, et en fit des bandes de maraudeurs, fut un obstacle invincible à toutes les formes de la civilisation. Les églises wallonnes du Palatinat avaient été presque anéanties à la suite de l'invasion des troupes impériales. Mannhein rasé, Heidelbei^ pillé, le culte interdit et les pasteurs en fuite, il ne restait à peu près rien des communautés de langue française. Ailleurs les dommages, quoique différents, n'étaient pas moindres. Quand les porcs se promenaient dans les rues de Cologne transformées en cloaques^ que les loups pullulaient dans les campagnes vides de leurs laboureurs, que le commerce des grandes villes était tombé à rien, que les énergies étaient abattues par les malheurs et dépravées par les excès d'une soldatesque déchaînée, si certains princes et le petit clan qui les entourait, pouvaient encore s'intéresser à des études de luxe, la partie cultivée de la nation qui eût pu les suivre, découragée et ruinée, n'avait guère le goût à l'étude de la langue française. Et qu'on ne parle pas d'utilité. L'Allemagne s'est-elle mise au suédois, alors que les bandes suédoises contribuaient avec les nôtres à la fouler et à la ravager?

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