‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 291 sur 385 · Id., ii).,I · texte numérisé non relu

Id., ii).,I

lement, il n'aimait pas la France, et certains côtés du caractère des Français lui agréaient médiocrement-. En revanche, sa seconde femme, Sophie Charlotte (-J- 1703) était fille de cette Sophie de Hanovre que Leibnitz entretenait en français des plus hautes questions. Jeune fille, elle avait longtemps séjourné à la cour de Louis XIV, près de la Palatine (1683-1684), et avait même failli épouser le duc de Bourgogne ^.

Elle « aimait beaucoup les François » ^, notait un de nos diplomates, et s'en entourait^. L'Electrice, dit le même témoin, « lit plus de trois ou quatre heures par jour, mais ce ne sont pas des romans ni des livres de bagatelles, c'est tout ce qu'il y a de meilleur dans nos plus excellents auteurs françois. Elle sçait aussi fort joliment l'italien. . . elle parle bien, on ne peut s'énoncer avec plus de grâce et de facilité qu'elle. Nos princesses de France ne parlent pas plus purement^. » Un réfugié qui avait eu l'honneur de l'entretenir lui demandait spirituellement: Son Altesse sait-elle aussi l'allemand ?

A son propre fils, le prince électoral Frédéric Guillaume, elle avait donné pour sous-gouvernante, au grand scandale de quelquesuns, une Française, M™* de Montbail. originaire d'Alençon, qui avait épousé M. de Rocoulle, avec qui elle s'était réfugiée à Berlin ^. Sa belle-fille Louise Dorothée Sophie (née en 1680) fut formée aux mêmes goûts. Elle « aime beaucoup la lecture et parle parfaitement le François : on diroit que c*est sa langue naturelle », rapporte l'envoyé cité plus haut ^.

Place faite aux réfugiés dès leur arrivée. — Dans une masse de fugitifs comme celle qui profita de Thospitalité qu'on lui offrait,

1. Voir rii7a/ de la Gourde Brandebourg en 1694, par M. de la Rosière, agent diplomatique français (publ. de la Rev. d'Hist. diplom., 1887, I, p. 271 et suiv. : « L'électeur n'aime pas la France, non seulement par dévouement aux intérests du prince d'Orange, mais encore par tempérament et par le souvenir qui luy reste de l'afTaire de Stettin. La révocation de TEdit de Nantes a aussi beaucoup contribuera hiy aigrir lesprit... les airs brillants et souvent estourdis des François ne luy plaisent pas » (275).

2. Voir Erman, Éloge de Sophie Charlotte d'Hanovre^ reine de Prusse^ lu dans l'Assemblée publique de l'Académie, 29 sept. 1790, Berlin, Fr. de Lagarde, 8*, 12-11 et 25.

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