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Histoire de la Langue française. V . 22

on rencontrait nécessairement des gens de toutes conditions et de toutes classes, voire des hommes d*étude, des savants et des artistes. L'Electeur sut les distinguer et leur donner, moins par goût peut-être que par un sentiment bien compris de son intérêt, accès à diverses fonctions, dont quelques-unes très élevées .

On nous a conservé une liste fort curieuse des personnages qui assistaient en 1687 aux funérailles solennelles du Margrave Louis, né du mariage du Grand Electeur avec Louise Henriette d'Orange. En bonne place figuraient une foule de Français ^ : » le maréchal de Schomberg, le lieutenant général d'Epenses et les Majors généraux de Schomberg et de Streif. Le Conseiller d'Ambassade de Maxuel suivoit le Prince Albert Frédéric avec le Chambellan d'Anché et le Gentil-homme de la Chambre de Pictet. Le prince Charles Philippe avoii à sa suite le Lieutenant-Colonel de Villarnoul. Le Conseiller d'Ambassade Choudens de Grema accompagnait le prince de Mecklembourg. Le prince de Holstein avoit à sa suite le Lieutenant La Roquier. A la suite de la Margrave douairière étaientM. de Rieutort et le Capitaine du Puis ( de Genestoux). La princesse Marie Amélie étoit suivie du Major-général de Briquemault et d un Cavalier françois nommé Monce. Dans la suite de la Princesse Elisabeth Sophie, se trouvoient les Conseillers d'Ambassade de Marconnay de Blanzai, et de Béville et le Capitaine Rosel de Beaumont. La bannière de Minden étoit portée par le Lieutenant-Colonel de Coiirnuaud, le Capitaine de Rouvillas conduisoit le cheval -. Le Marquis de Montbrun conduisoit le cheval à la suite de la bannière de Pomméranie et le Major de Favolles après celle de Brandebourg 3.»

Les Français dans l'armée. — Dans Tarmée brandebourgeoise^ les Français jouèrent un rôle considérable *. Un des meilleurs officiers était le général Duhamel ; il est vrai que celui-là, Français catholique, établi là depuis plus de vingt ans, n'entre pas en ligne de compte. Il n'y a pas lieu non plus de citer ici le général Rosé, qui avait longtemps servi la France, mais était Suisse d'origine '^. En revanche, il y aurait une foule de noms à énumérer : le capitaine des gardes, M. de l'Eschelle, neveu du comte de Beauvau, sieur

1 . Cf. un extrait d'un Album Amicorum Ecossais, conservé à la bibliothèque du Collège de l'Egalise Presbytérienne, Guilfort Street, Russel Square, à Londres, dont des extraits nous ont été communiqués par M. Weiss.

2. Il devint colonel de dragons en 1690, puis lieutenant général.

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