‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 302 sur 385 · Ancillon, HUi. de VÉUhU des Fr, réf · texte numérisé non relu

Ancillon, HUi. de VÉUhU des Fr, réf

2. J.-B. Leclercq, Une ég Use réformée au XVII* siècle, Hanau, 1868, 8», 193-6. L'école devenue trop petite, on fonda une école, dite des pauvres, en 1676 (iJb., 194}.

3. Cest pourquoi le consistoire wallon s'opposait de toutes ses forces à ce que les enfants delà communauté fréquentassent l'école hollandaise de l'endroit; il fit prier les parents « de rendre leurs enfants à Técole wallonne, leur donnant pour motif le dan^r que courait l'existence de la langue française... De là vient aussi le soin constant qu'on eut que l'enseignement se donnât en langue française et que l'on ne parut que cette langue. Afin de la sauvegarder contre les envahissements bien naturels de la langue allemande qui menaçait de lui porter atteinte, le règlement des écoles de 1672 stipulait dans son § 16: « Les instituteurs français ne parleront que le français et ne permettront pas que leurs élèves parlent une autre langue. De plus, les pasteurs feront bien dans leurs visites privées et officielles d'entretenir les familles dans cette langue. »

La fermeté de nos pères à faire exécuter cet article, a non seulement maintenu jusqu'ici dans la ville de Hanau une certaine facilité à parler une langue universelle et à ce titre extrêmement utile, mais entretenu l'émulation pour l'étude des langues vivantes (Id., iJb., 193-194).

4. Nous avons des renseignements détaillés sur cette école dans les études de Tollin, Geschichte der Franzôsischen Colonie in Frank fart an der Oder y publiées dans les Mittheilungen der Hislorisch-Slatistischen Vereins zu Frankfurt, a. 0., 8* fascicule, 1868, Fr. a. O., «*», 155-159. Le prince avait chargé son lecteur Girard d'enseigner la jeunesse française (1686-1797). Gcdcon Boulhane professa entre 1686 et 1689, puis entre 169i et 1695. Ensuite vint Paul Naudé (1689-1692), Pierre Robert (1692-1694). Jean Ticquet (1696-1699), Jean Meissonis (1699-1790), Jean Grossejambe (1704-1708), On remarquera combien ces maîtres restent peu de temps en fonctions. La situation était ingrate et le personnel se recrutait difficilement. Seul Daniel Courtois fit une longue carrière (1709-1731).

Au commencement du xvii* siècle les maîtres de langue à Francfort furent Jean Cardel, sieur du Noyer, JosuéBenoist, de Paris (1701), Jacques Liège, du Poitou, (1707) (Tollin, art. cité, 167). Etienne Cardel était juge dans la ville. Ce fut une demoiselle de la famille qui devint l'institutrice de Catherine II.

Quelques chiffres suffisent pour nous avertir. Parmi les 507 réfugiés de Halle en 1698, il y avait un maître d'école, un Méssiu Samuel Fréderich ^, parmi les 763 de Friedrichstadt il n'y avait non plus qu'un maître 2.

Conclusion. — Il demeure donc certain que quinze ans après l'arrivée des Huguenots, leur présence était loin d'avoir fait éclore en Brandebourg cette floraison d'écoles et de cours de français qu'on s'est souvent imaginée. Or, ce que je viens de dire de la Prusse s'applique à plus forte raison au reste de l'Allemagne, car il n'y a aucun autre Etat où on ait enté comme là une forte et vivace greffe française sur le tronc national ^. Seule la Hesse fut aussi hospitalière aux émigrés.

Cela ne signifie pas que le Refuge n a pas joué un rôle et un grand rôle dans l'histoire du développement du français en Allemagne, mais il ne l'a pas joué tout de suite. En ce qui concerne les premières années, on semble s'être représenté sous des couleurs fausses l'action exercée. Les nouveaux-venus me paraissent avoir peu professé leur langue, mais cela ne les a pas empêchés de la répandre par contact, en faisant leurs affaires, en exerçant des métiers et des industries, dont les procédés, l'outillage, les produits portaient des noms français, en apportant des mœurs et des idées auxquelles d'autres noms français paraissaient indissolublement attachés.

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