Honegger, o. c
2. 10 nov. 1660, leil. 93* de la coll. Bromley, dans Tétudede G.Depping, citée plus haut, p. 68 et n.
3. La Palatine qui ne se fit jamais à nos mœurs et dont les lettres renferment tant de mots haineux, écrit: « Je ne conseillerais à personne d'envoyer ici ses
mode était la plus forte, et entraînait peu à peu des familles dont les chefs avaient vécu jusque là comme de grands propriétaires terriens. En Saxe, où la maison régnante avait été longtemps rebelle, le désir d'imiter Louis XIV amena la ruine de Jean George II. Un besoin universel de faste, de luxe, et aussi d'étiquette et de tenue séduisait jusqu'à ces princes que Hoffmann a plaisamment qualifiés de princes in-12 (Duodezfûrsten). Un moment vint où on vit l'empereur coiffé lui aussi de la perruque poudrée ^ Suivant le mot d'Opitz, désormais et pour assez longtemps, la capitale de l'Allemagne était Paris.
Les manuels de langue et la bonne éducation. — Il arrive souvent que les mêmes livres, c'est là une chose digne de remarque, enseignent à la fois la langue française et la politesse. Un des plus anciens est le Tableau des actions du jeune gentilhomme, qui est à la fois un cours de morale, de français et de bonnes manières ^. Mais le type du genre est Touvrage de Rayot de Saint-Julien, Le souliaii des Alemans (1643) ; il est dédié à quatorze demoiselles des familles Steincken (2) Fattin (3), Wolters (2), Herling, Derschmitten (2), Poppen, von der Meulen, Rulffs et Gramers. C'est une véritable encyclopédie des usages. A partir delà page 209, commence le troisième livre. Il contient: les Compliments de la langue françoise. On y trouve un manuel complet de civilité. Un des chapitres est intitulé : Pour asseoir les hôtes (253). Suivent des modèles de lettres, non point seulement de billets-doux, comme on pourrait croire, mais des formules pour lettres d'ambassadeurs, et même pour lettres d'affaires. A côté d'un billet de félicitations, une demande pour avoir un bon cheval ^. Et combien pourrait-on rapporter d'exemples semblables, où un traité de grammaire française est accompagné de ces indispensables accessoires ^.
Menudier, qui fut célèbre, a publié l'art de faire des lettres, des billets, et des compliments (léna, 1677), et même un livre spécial
enfants, cap, au Ifeu d'apprendre quelque chose de bien, ils ne recevraient que des leçons d'inconduile : vous avez donc bien raison de blâmer les Allemands qui envoient leurs enfants en France » (Corr. de Lx duch. d'Orl., éd. Brunel, Paris, Charpentier, s. d., Lett. à la comtesse Louise, du 22 juill. 1702, t. I, 67).