‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 334 sur 385 · HISTOIKR DE IJ^ LANGUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

HISTOIKR DE IJ^ LANGUE FRANÇAISE

en être exempts ^ Au contraire, rallemand manque de certainstermes « pour exprimer ce qui se rapporte à la morale, aux passions^ à la vie courante, aux affaires de rEtî<.t, à la vie civile et à la politique,... et comme ces mots sont indispensables dans la conversation, dans le commerce des gens et dans la correspondance,... il faudrait penser sérieusement ^ les rétablir, s'ils ont déjà existéet qu'ils soient oubliés ou inconnus, ou à les emprunter aux étrangers et à leur octroyer droit de cité, s'ils manquent entièrement *. » « II est très difficile de se passer de mots latins et même de motsfrançais et italiens dans des écrits qui ont trait à la politique, aux rapports et droits des princes et souverains ; mais une certaine modération ne nuirait pas dans cet emploi ; et il ne faudrait pas que lefrançais remplaçât Tallemand, lorsque cette dernière langue est tout aussi bonne, sinon meilleure (pour traiter ces sujets) 3. » Oik pourrait au besoin se servir de certains mots étrangers, « en plaçant en même temps le mot allemand à côté, pour les expliquer Tuni par l'autre, et de cette façon donner plus de clarté et d'énergie et l'expression employée ^ ». Quant aux expurgeurs qui ont prétendu « proscrire tous les mots étrangers même ceux qui ont acquis droit de cité », ils n'ont « fait que troubler la nation tout entière... sansatteindre le but qu'on s'était proposé '\ »

Au lieu de leur sévérité générale et intraitable, il faut apportei^ dans ces questions de la modération et du discernement. « Dans leslangues, il ne faut point se montrer puritain, et fuir comme un péché mortel un mot étranger, mais commode : on enlèverait ainsi toute énergie à son discours. Cette pureté apparente pourrait étrcîcomparée à l'œuvre qu'un sculpteur raffinerait et corrigerait, jusqu'à l'aiTaiblir entièrement ; c'est ce qui arrive à ceux qui s'appliquent à ce que les Hollandais appellent la maladie du perfectionnement ^. » « Il me souvient d'avoir entendu dire que detelsraffineursont existeen France et n'ont pas peu contribué à en appauvrir la langue, déserte que la savante Demoiselle de Journay {sic), tîlle adoptive du célèbre Montagne, disait que les écrits de ces gens-là étaient un.

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