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6. Ermahnung an die Teuische,, ihren verstand und sprache beiser zu ûben.,. publié en 1846 par Grolenfeld à Hanovre, Kiopp, VI, 187 et suîv.
entreprise ne lui échappent pas. Il sait dans quelles conditions la réforme s'est faite en France. Malgré la centralisation et Texistence d'une cour au centre du pays, l'incertitude a duré longtemps. Or en Allemagne la Cour de Vienne est à Textrémité de l'Empire K
Je n'ai pas à indiquer à quels moyens Leibnitz proposait d'avoir recours pour perfectionner l'allemand. Le meilleur lui paraît être la fondation d'une Société Theutophile^ où on éviterait l'erreur des Sociétés académiques antérieures, qui a été de s'occuper de poésie et surtout de poésie légère. Il est facile de voir que Leibnitz pense à une Académie, comme il arriva du reste à en faire créer une en Prusse 2. La Compagnie s'occuperait de recueillir le corps de la langue, en dressant trois recueils : 1® Lcxicon vocabulorum usitatorurriy c'est le Dictionnaire de l'usage ; 2® Cornucopiœ technicoram, on reconnaît là le Dictionnaire des Arts et des Sciences ; 3® Glossarium etymologicam 3. Ce dernier est certainement inspiré par la France. Leibnitz pense au recueil composé par Ménage, et qui a valu à son auteur tant de quolibets, mais le grand philosophe était trop informé pour ne pas apercevoir les services que rend à la connaissance de la langue présente la science de la langue du passé. A la prospérité de la sienne, il voudrait faire collaborer un Vaugelas, un Furetière et un Ménage, de façon sinon à combiner leurs méthodes, du moins à les corriger Tune par l'autre.
Quant à la doctrine à suivre, Leibnitz l'a indiquée plusieurs fois. Elle est toute libérale et fait honneur autant à sa science qu'à sa clairvoyance. Les emprunts ne sont pas tous universellement condamnables. Évidemment, en droit, ne doivent être admis d'autres étrangers que ceux qui sont de nécessité absolue (c à moins qu'on ne veuille plaisanter ^. » Encore faut- il distinguer les genres. Dans les écrits purement littéraires, un mot français fait tache : poésie, romans, panégyriques, discours, certains genres historiques même doivent
1. « On sait combien, depuis longtemps déjà, les doutes sont nombreux dans la langue française, ainsi que le prouvent les Remarques de Vaugelas et celles de Ménage, et les Doutes de Bouhours, pour n'en point citer d'autres; et cependant le français est issu du latin, qui est pour ainsi dire cuirassé de règles, et il a été perfectionné depuis longtemps par nombre de savants; de plus la France n'a qu'une seule cour vers laquelle se tournent tous les regards, et qui sert de centre ; il n'en est pas de même de nous en ce qui concerne Vienne, car l'Autriche est située à l'extrémité de TAIlemagne ; c'est pourquoi les façons de parler de Vienne ne peuvent s'imposer » {Unvorgr. Ged., 47).