‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 343 sur 385 · Bib. Nat., ms. fr. 20162, f« 799 et suiv · texte numérisé non relu

Bib. Nat., ms. fr. 20162, f« 799 et suiv

chercher plus loin que leur allemand. Les cantons suisses protestant» font de même K Le roi d'Espagne, Tarchiduc d'Autriche écrivent en espagnol. Presque tous les Italiens emploient l'italien : le neveu du pape, le gouverneur ou général d'Avignon, le vice-légat d'Avignon^ le général des Jésuites, le procureur général des frères Prêcheurs^ le grand-duc de Toscane, les ducs de Mantoue, de Parme, de Modène, de Sforza, la République de Gènes. Dans l'Empire et le& pays du Nord, les chancelleries demeurent fidèles au latin. Sainte- Marthe cite : l'Empereur, l'Electeur de Saxe, la ville impériale d'Augsbourg, les villes Hanséatiques, le roi de Suède, le roi de Danemark, le roi de Pologne. Les autres souverains écrivent en» leur langue ou en latin ^.

La France, elle, dans sa correspondance diplomatique,-* se servait ordinairement du français *. Pourtant on écrivait et on continua longtemps à écrire en latin à la Diète, aux princes ou aux Etats de l'Empire, quand on s'adressaitT à eux collectivement. On faisait de même avec le chancelier de Pologne et avec d'autres

encore

1. Les Suisses « escrivent quelques fois en leur langue, et quelques fois en françois* mais tousjours la suscriplion est en allemand » ; les cinq cantons catholiques écrivent toujours en leur langue, les cantons protestants, en allemand ; les Grisons, en leur langue, Genève, en français.

2. Les observations de Sainte-Marthe sont exactes. Elles concordent soit avec les faitt;^ qu'on peut constater directement par les Archives, soit avec un autre document^ presque identique, et qui est à peu prés de la même époque (vers 1645) : c'est le Recueil des « suscriptions, souscriptions, et inscriptions des lettres qui sont escriptes au Roy par le Pape, l'Empereur, le Roy d'Espagne, et autres Rois, seigneurs,, républicques et princes étrangers. » « D'après Tauteur, écrivent en français : le duc de Savoie, le duc de Lorraine, la duchesse de Brunswick (c'est une française, née d'Olbreuse), les Electeurs de Cologne, de Trêves, du Palatinat, le comte Palatin, la ville de Strasbourg, le duc de Deux-Ponts, le duc de Wurtemberg, le landgrave de liesse, la ville d'Aix-la-Chapelle, les Etats des Pays-Bas, le prince d'Orange, la ville de Genève, le roi d'Angleterre, le grand Maître de Malte, le sultan, le grand Bassa, le premier Bassa et le général de la Mer, l'empereur du Maroc, le roi de Perse, les treize cantons suisses, Fribourg et Berne; le Braudebourg et le margrave de Bade écrivent en allemand mis en françois » (Bib. Nat., ms. fr., 1266, f» 131-1 i2).

3. Voir Dumont et Rousset, Cër. dipl. , 1, 466-9. D'après les Reglemenls faiis dans le cabinet du Roi (Louis XIV] toachanl les formula ires des letlres que le Roi écrit à tons' les Potentats^ Souverains^ princes^ Seigneurs^ tant eccUsiasliques que séculiers.

4. Onsera peut-être curieux d'apprendre quel était le formulaire d'une princesse du sang. Voici celui de M'^' de Montpensier, petite fille de France (f 1693: :

Toutes les lettres de M"* à des personnages de France ou de l'étranger, même au Pape ou à l'Empereur, sont en français. — Le Roi d'Espagne (Charles II), lui écrit en espagnol, la Reine d'Espagne en français (suscription en espagnol), le Roi d'Angleterre en français(suscription en français), la Reine d'Angleterre (Henriette de France*, en français, toigours en billet, la Reine douairière d'Angleterre (Catherine de Portugal) en français. la duchesse de Savoie en français, le Grand-Duc de Toscane. (Ferdinand II) en italien, la Grande Duchesse (Marguerite- Louise d'Orléans) en français, les cardinaux en italien, le landgrave de H esse Cassel (31 mars 1658) en français,, le cardinal Charles Barberini (4 mars 1658) en français (AIT. Etr., vol. 304, 147-197).

Page 1