‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 347 sur 385 · LES TRAITÉS DE WESTPHALIE · texte numérisé non relu

LES TRAITÉS DE WESTPHALIE

propos de langue ne s'explique par lembarras où auraient été les Français de parler latin.

Il était du reste nécessaire que nos plénipotentiaires fussent bien préparés sous ce rapport, car, si la langue française joua son rôle au Congrès, ce rôle fut extrêmement modeste, et comme en dehors. Elle parut surtout dans les visites et dans les réceptions, où la courtoisie a une grande place, peut et doit même parfois se donner librement carrière, à condition de ne rien engager ni compromettre. Dans cet esprit, on vit certains des envoyés impériaux ne point faire difficulté de parler français à nos ambassadeurs. Le samedi 21 octobre 1645, quand le duc de Longueville eut rejoint Tambassade, les Impériaux lui firent visite. Le duc comprenait le latin, mais ne le parlait pas. Le principal envoyé impérial, comte de Nassau, commença par parler d'abord en français, avant de continuer en latin. Le 24 le duc de Longueville fit la « Revisite » et tint un charmant discours en français ; le comte de Nassau lui répondit, en français aussi, tandis que Tautre envoyé impérial, Volmar, se servit du latin *.

Il est encore plus significatif de voir parfois des étrangers, les plénipotentiaires de l'Empire et celui de TEspagne, Zappada, s*entretenîr dans notre langue ^. Mais il faut se garder d'attribuer à ces faits une signification exagérée. Le 6 novembre 1643, le même ambassadeur espagnol avait une réception : le comte de Nassau, envoyé impérial, lui parla encore français, mais le D' Volmar parla italien et Saavedra espagnol, tant que durèrent les compliments ^. Si on y regarde de près, l'envoyé impérial qui parle et auquel on parle français communément, c'est toujours le comte de Nassau ^. Or nous savons par les Sainte-Marthe que les comtes de Nassau correspondaient avec la France en français. Il y a peut-être là dès lors un fait particulier ^. L'autre plénipotentiaire, le D** Volmar, soit

1. Acta pacia Westphalicœ (II, 61-62). Je citerai dans la suite ce recueil avec Tabréviation A. p. W.

2. CTétait au début des négociations, le 27 novembre 1643, les envoyés impériaux faisaient leur visite à Tenvoyé espagnol Zappada; de ciiaquc côté on parla français (A. p. W.j I, 57). Le 11 mars 1644, l'envoyé français, le comte d'Avaux, reçoit la visite des envoyés impériaux. Volmar le harangue en latin. D'Avaux répond en français (Ib., I, 192).

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