‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 351 sur 385 · A. p. W.,IV · texte numérisé non relu

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vaient du français, aimant à faire voir qu'ils en « scauoient le subtiP. »

A propos du traité, il y eut un débat très instructif. Wicquefort le raconte ainsi : « Le comte de Pegnarauda insistait pour qu'on fît double rédaction (française et espagnole) ; le duc de Longueville dit qu'en cela ni en des choses semblables la France ne prétendoit point d'avantage sur l'Espagne, mais aussi qu'il ne souiFriroit pas qu'on introduisit de nouveautés, ny qu'il se fît rien contre ce qui avoit été pratiqué dans les traités précédents, qui étoient tous en françois 2. » Ce récit, les pièces d'archives le prouvent 3, est parfaitement exact. Le Roi fut consulté *. Les termes dont se sert Wicquefort sont ceux mêmes de sa réponse. Mazarin félicita M. de Longueville (15 mars) et Brienne dans une dépêche du même jour, qui contient toute une doctrine et équivaut à une déclaration de principes ^. Loin d'élever des prétentions sur le choix de la langue, on convenait qu'il dépendait de la volonté des puissances signataires : « Il demeure en la liberté des contractans de le rédiger en deux langues, et il est asseuré que cela a pour l'ordi-

1. Leit. de d'Av, et Serv., 29 avril 1644, AfT. Ëlr., Allem., vol. 32, ^ 165. De fait, iU avaient avec eux des Français de langue, originaires de Comté (les Brun).

3. Voir un « Instrument ou projet de traité de la paix entre les deux couronnes d'Espagne et de France, présenté par les Plénipotentiaires de S. M. Catholique le 24 février 164 7. » En français (AfT. Etr., Allem., Corr., vol. 98, f» 396 et suiv.).

Le duc de Longueville écrit à Servien (Munster, le !•' mars 1647) : « Les sieurs Paw et Dornin m'ont apporté un project du traicté dressé par les Plénipotentiaires d^Espagnc, duquel ils m*ont donné deux copies. Tune en françois, et l'autre en espagnol, dont celle qui est en françois sera cy-joincte » (/bid., 99, ("* 30).

4. Longueville à Brienne (Munster, 4 mars 1647) : « Les ambassadeurs de Holande m'ont dit que Pennerenda prétend faire un traitté en Espagnol aussy bien qu'en françois ;j'ay répondu que nous ne voulions prendre aucun auantagesureux en cela, mais qu'il ne faloitaussy rien changer en ce qui est acoustumé, que les traitiez pi*ecedens se sont faits en françois seulement, et que les Espagnols mesme en ont fait depuis peu imprimer à Anucrs un volume entier, qui est tout en nostre langue ; ils disent qu'il n'y a que le seul traitté de Veruins qui n'a esté dressé qu'eu françois, parceque le roy d'Espagne ne traittoit pas, mais l'Archiduc sur sa procuration . Je vous suplie. Monsieur, de me faire scauoir ce qui a esté fait cy-deuant en pareille occasion, et de me faire donner un ordre de ce qui sera a faire si cette difficulté se présente » (Id., /i>., ^54).

5. MRzarin à d'Avaiix, 15 mars 1647 : m (M. de Longueville) ne pouvoil mieux repondre qu'il a fait quand on luy a donné en Espagnol le traité que vous aurez veu » (AfT. Etr., Allem., Corr.y 99, f<* 149). L'affaire revint encore un peu plus tard. Vingt articles étaient arrêtés, lorsque, pour empêcher de passer à la suite, les Espagnols s'avisèrent, < après les auoir arrestés en François », de dire qu'ils les vouloient mettre en espagnol. Tout cela « alioit a gagner temps. » La question de langue n'était qu'une échappatoire, un subterfuge diplomatique. Personne ne la tenait pour sérieuse (Voir Longueville à Mazarin, 23 sept. 1647, AfT. Etr., Allem., Corr,, 102, f» 151).

Le 30 sept., on confronte texte et traduction (/cf., //>., f** 177). Le 21 octobre, les quarante-huit premiers articles sont remis aux Médiateurs. Les Espagnols « obmettentdes clauses entiereset mesmesdes articles » (Id., //)., vol. 102, f« 354).

LE ThÀltÉ Dfc WESTPiÏALit: 4oi

haire esté obserué, sy ce n'est que Ton Teusi rédigé en une tierce, ce qui se pratiquoit anciennement, lors on prend soin qu'il soit fidellement expliqué et qu'il n'y ayt point de terme equiuoque, et chacun pour euiter la surprise stipulle que Tintelligence s'en prendra sur la copple qu'il remet. Autrefois, les Anglois qui pour l'ordinaire trait toient en françois, et qui y ont souvent escrit, adjoustoient ce petit mot que les parolles valent ce qu'elles sonnent à l'interprétation ordinaire et commune. » On ne peut rien imaginer de plus net *, et je ne crois pas qu'il soit possible après cela de prétendre que le gouvernement français eût à ce sujet des ambitions secrètes 2. Sinon, c'était le cas de s'en ouvrir à ses agents et de les soutenir. Au contraire, leur chef va plus loin qu'eux dans les concessions de forme, « sy une fois ils sont convenus des conditions du traicté. » On ne s'aventurerait guère, je crois, en affirmant que Mazarin ne s'intéressait nullement à cette question •*. Il le montra à d'autres occasions ^.

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