Arch. des Col., B. 1, f 134. Ordres du Hoi
2. Voirld., f 112 v\ Ordres du Roi. Cf. la lettre de Colbert du 15 mai 1669. Id., f' 144 et Clément, o. c, III», 452.
3. Colbert à l'abbé dcQueilus à Montréal, 2 juin 1669 : «(S. M.) a fort approuvé la resolution, que vous avez prise et exécutée de nourrir de jeunes sauvages pour les csleverdans les maximes de notre religion et de la vie civile des François, afin de n'en composer qu'un seul peuple, s'il esl possible » (Arch. des Col. , H. 1, f» 146).
le nombre des petits élèves sauvages très diminué ^ ; les Jésuites ont promis toutefois de rechercher de nouveaux sujets pour les élever dans nos mœurs, notre langue et nos maximes '^. L'abbé de Queylus « se propose de son côté de retirer les enfants tombés en captivité pour mettre les garçons au séminaire, les filles, chez la sœur Bourgeois, à la Congrégation de Montréal », où elles apprendront les lettres et Técriture en même temps que les petits ouvrages de mains 3. On savait à Paris le peu de succès de ces efforts, mais on ne se résignait pas. En 1673, le Roi s'en prenait aux Jésuites et au séminaire de Montréal ^. Et pendant près de dix ans encore, la métropole s'entêtera. Duchesneau écrit au ministre le 19 novembre 1679 : « Les Jésuites, outre la mission des Iroquois retirés à la prairie de la Madeleine, près de Montréal, qui est trés-florissante, trèsnombreuse et où suivant les intentions de Sa Majesté et les ordres que vous m'avez envoyés, ils ont aussi établi ime école pour instruire et franciser les enfants sauvages, ont encore celle des Hurons de Lorette, et une autre commencée à Sillery, pour les Abénaques. »
Fin des tentatives. — Mais en 1685, la politique d'assimilation a définitivement échoué. Colbert est mort. Les agents qui étaient sur place avaient fait nettement entendre qu'ils perdaient leur peine et que le Roi gaspillait son argent ; les fonds employés à doter les filles des sauvages qui sortent de chez les Ursulines, pourraient être mieux placés, car « à peine il s'en marie une ou deux par an^ ». Le roi •consent désormais à appliquer les fonds à doter des Françaises, tout en recommandant encore de préférer les sauvagesses, s'il s'en présentait^. C'était la fin; on avait du reste à ce moment d'autres «conversions à faire. Denouville avoue à Seignelay toute la vérité : « On a cru longtemps qu'il falloit approcher les sauvages de nous pour les franciser ; on a tout lieu de reconnoitre qu'on se trompoit. Ceux qui se sont approchés de nous ne se sont pas rendus François et les François qui les ont hantés sont devenus sauvages^. »
1. Après les six Hurons enregistrés au début du Séminaire, il ne semble pas que <<l*autres aient été inscrits (Paillon, o. c, 278).