‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 9 sur 385 · Œav.poslh., 133, Sainte-Beuve. P.-A.,III · texte numérisé non relu

Œav.poslh., 133, Sainte-Beuve. P.-A.,III

3. Cl. Fleury, Traité da choix et de la Mèth. des Élud., éd. 172i, 76-77.

vrer des manuscrits latins ou grecs et augmenter la connaissance qu'on avait de l'antiquité, il se dégoûta de ces poètes « qui ressemblaient aux Anciens, comme les singes ressemblent aux hommes, » suivant le mot cruel de Leclerc K

En vain Santeuil demandait-il à Perrault d'intervenir, lui promettant qu'on le paierait en gloire :

Fors etiam e nostro veniet tibi carminé nomen Qui das praeclaris Artibus unde vigent ^.

En vain penchait-il son urne pour recevoir quelques gouttes au moins de la rosée qui pleuvait sur les rivaux français.

Ille rigat patrias, quas profert Gallia, lauros,

utinam Latias vel levis unda cadat! Aspiceres fados inopino munere Vates,

Eruere e tenebris scripta sepulta suis ^.

Il n'y tomba rien, et la renaissance promise n'eut pas lieu. Dans leur malheur ce qui plus les offense.

Est de voir que Colbert, insensible à leurs vœux

N'a pas assez d*amour pour eux, Et semble à leur travaux refuser Tespérance "•.

Bayle, parlant des poètes de la (in du siècle, disait qu'ils poussaient « les derniers soupirs de la poësie latine » ^. Leurs plaintes se comprennent, on s'occupait encore un peu des vivants, mais les morts étaient oubliés aussitôt. Triste démenti à ceux qui arguaient de l'éternité de la langue latine ^ ! Présage plus triste encore pour les survivants !

Les LATiNEURS ET LES PARTISANS DES ANCIENS. — Quand la querelle des Anciens et des Modernes éclata, les partisans des Anciens euxmêmes étaient à cent lieues de soutenir que pour honorer les Latins et les égaler, il fallait écrire dans leur langue. Il s'agissait de s'inspirer de Virgile ou de Térence, comme de maîtres admirables de la pensée et du style, et non plus de les continuer. Le latin était abandonné comme langue littéraire.

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