Reuss, o. c, II
2. V. Reuss, o. c. II, 196, qui cite les procès-verbaux des XXI. L'église française, fondée par Calvin, avait été fermée en 1577. Elle avait été remplacée par une homélie dominicale, qui n'eut plus lieu à partir de 1622, faute d'auditeurs. En 1661, le Magistrat autorisa un ancien augustin converti à prêcher en français une fois par semaine.
LE FRANÇAIS APRÈS l'aNNBXION 131
Cependant, malgré toutes les réserves nécessaires^ un fait apparaît avec certitude. Dans Strasbourg, dès avant Tannexion, le français était étudié par une partie notable de la jeunesse bourgeoise. C*estdonc^ puisque la France n'avait aucune espèce d'action directe là-dessus, que la bourgeoisie de la République voyait un intérêt à cette étude et peut-être y prenait un plaisir.
DiKS LE RESTE i>E LA PROVINCE. — Au rcstc, cc qui vient d'être dit de Strasboui^ pourrait être appliqué à Mulhouse, ville indépendante. Là aussi, Tauteur des Mémoires de deux voyages a rencontré des familles qui échangeaient des enfants avec des familles de Montbéliard ^ Là aussi, dès 1661, on organisait un culte en français ^^. Pour le reste de la province d'Alsace, je ne suis pas en état d*apporter des faits bien précis et de noter, localité par localité, quand le français apparut, quand il y fut enseigné ou connu. Ceux qui s'intéressent à ce sujet trouveront dans Reuss quelques indications : A Bouxviller, il y eut un enseignement dès 1663 ^ ; à Colmar, dès 1665^ (à l'école latine); à Landau, en 1682 '^; à Obernai, en i688^; à RibeauviUé, en 1686^ En 1675, ou signale dans l'obscure bourgade d*Altkirch des gens qui se font acheter, par leurs amis et connaissances, les liyres nouveaux et les estampes qu'on met en vente à Paris et qui ap][>rennent le français « par la seule lecture des livres*. » Le bailli, vieillard studieux, avait travaillé de la sorte, il prononçait mal, mais parlait assez bien. Le comte de Linange, plus jeune, était arrivé à la perfection ^. A Dussemfaach, près RibeauviUé, la prieure et d'autres religieuses avaient aussi appris notre langue, l'une d'entre elles la possédait au point que les visiteurs avaient peine à croire qu'elle fât allemande ^^. A Chatenois (près Schlettstadt), quand le roi arriva en 1674, le bailli de la ville, qui avait été précepteur à Paris, chez le président Tambonneau, vint lui servir de guide, parce qu'il parlait bien français ^^
1. P. 73; dansReuM, o. c, II, 195. Les enfants restaient 6n général trois ans.
2. Cétail dans le chœur d'un ancien cloître. Un gentilhomme huguenot, Constantin de Roquépine, en fut le premier desservant (Mieg, Gesch, von Mulh,, II, p. 31 ; dans Reuss, o. c, II, 196).