ILIADE
CHANT rEBHlKB
Chanle « Tire, ô déesse, d'Achile « fil Pelée, * Grcveuse et qui douloir fit Grèce la louée Et choir * ens en enfer mainte âme ^ desevrée. Baillant le cors as chiens et oiseaus en curée. Ainsi de Jupiter ' s'acomplit la pensée,
ET L'A^GIEHNE POfiSIE FRAUÇAISE. 9;^$'
Du joar où la querelle ^ se leva * primerin D*Atride roi des hommes, d'Achile le dÎYÎn
* La colère. Ire se trouve encore dam les auteurs du dix-septième siècle.
* Fils de Pelée. Le rapport que les Latins rendaient par le génitif s'exprimait dans l'ancienne langue par le cas ^régime sans préposition. Fil au régime, flU au nominatif.
'Qui fait souffrir. Tant fai por lui greveose pénitence, ùmeif xi.
* Ens en, préposition composée qui signifie au sein de, au fond de. ' Séparée du corps. Nous ayons gardé le simple en un sens spécial,
sevrer.
* Li quinze an furent acompU et passé, Raoul de Cambrai, p. 16. ^ S'éleva. Vers Durandal est ii chaples (combat] levés, RtmàivaU,
* En premier. Primerain estuna^jeclif qui s'emploie aussi adverbîalemenf. Il vous convientprimeraindespoiller, Aaoti/(f6Cam^ni<,p.S93. Il est ici écrit primerin, pour rimer à l'œil avec dkHn, les trouvères ayant en cfTet l'habitude d'introduire dans l'orthographe des modifications qui ne changeaient pas le son.
D'entre les immortels qui troubla leur * courage ? • ApoUoDS. > Vers le roi si * eut-il ^mautalent. Que mit la peste en * Fost et perissoit ki gent^ Puisqu'Atride à Chrysés ^ prouvere fit outrage. Ghrysès s'en vint as nefs > qui font lointain voyage. Jeter à raançon sa fille * de servage, Du dieu de longue *• archie entre ses mains portant " Baudel et sceptre d'or, et tous les ** Greux priant. Surtout les deux Atrides, qui tant ont «' seignorage.
* Ce mot, qui a ici le sens que nous donnons au mot coeur» a conservé celte signification jusque dans le dix-septième siècle, et ne Ta pas encore complètement perdue.
* L'« indique ici le nominatif singulier, comme dans beaucoup d autres mots; cette remarque est faite ici une fois pour toutes.
> Envers. Onques vers lui n'oi (je n'eus) faus cuer ne volage, Couci, XIX.
* La forme la plus firéquente est ot ; cependant on trouve auui evi : Car en lui eut des biens planté (abondance), Jehan de ùmdet, p. 94.
S54 U POÉOB HOMtlUQUE
* Colère Hautalont ot U rois, si que tout en roagist, Baiâ, xcl Maniaient est encore dans la première édilion da IHoUonnaîre de TAr
adémie.
* L'armée. L'ost des Grecs, é» dit la Fontaine.
^ Le prêtre. U prettre au nominatif ; U praiwere, au régime. ' Vc&ç Kvn^nàpoçt nef qui chemine en mer.
* Bien savez que tous trois de servage jetai, Berte, ru.
*** La portée d'un are. Quatre arcbies ert loin du manoir et demie, BefUf ai,
" Bandean. Nos noms en eau avaient, dans Tandenne langue, eU on aut au nominatif, et ^ au i^gime.
''Les Grecs. Ou les nommait Greui, Grieiu (monosyllabe], GregeoiSt et même Grifinu.
** Autorité. Jamais n'ert rois de si grant seignorage, Asiictfwif , p? 19. Tant signifie si grand.
* Atride, et tous, portant beaus jambars, Acheoi, Fassent* 11 dieu qui > sus ont manoir olympien,
* Gastiez la * cit Priam et * repairiez à bien ! Hais prenez raançon, rendez ma fille amie, ^Doulant le fil Latone^ Phebus à longue* archie.
* Atride et Achéen sont nominatif pluriel, ce cas au pluriel n'ayant point d'<.
* Les dieui.
s En haut. Grans fu la noise sus au palais plenier, Bmml de Can^
iN,p.l98.
*Que vous ravagiez. Ravager est l'ancienne signification de g&ter. Que est sous-entendu ; voui l'est aussi ; les pronoms qui sont sujets sa suppriment à volonté.
* La cité de Priam. Or s'en va la roîne vers la cit de Paris» bêrte, Lxu.
' Repairer, retourner dans son pays.
'' Craignant. Ce sens est resté dans le composé re<hukr.
* Portée d'aro.
Bien à ce s'assentirent* tait li autre Âchein, Faire honeur au prouyere, et prendre *raineudie Li ' seus Âgamemnon n'i ^ ot le * cuer enclin. Durement * Tarraisonne, et roal le ^ congde: « Vieillars, qu'as creuses nefs je ne te treuve' mie f Ou encore* larjant ou venant autre " fie ; . c *A lâ dieu bandaus ou sceptre ne te seroit ** d*aie. c Ne la rendrai, *' ne Tait vieillesse jà saisie c En ma maison d'Âi^os, ** moût loin de sa patrie, i Et *■ aroiant mon lit et** ouvrant par maistne. € Va-l-en et ne " m'aîre, " s'es doutans pour ta vie.
* Tous. TuH est le nominatif plurieli représentant le latin tott
* Amendiez d'amender : ce qui est donné pour satisfaire.
* Seul. Seui au nominatif singulier.
•But.
* Cœur. Dans Tancienne orthographe, on rendait le son eu^ non comme aujourd'hui, par eu, mais par ue. Cependant on trouve aussi, bien que rarement, l'orthographe eu; c'est celle dont je me sers id le plus souvent, comme étant la plus familière à nos yeux.
* Ce mot, qui, bien que vieilli, e^t encore dans le Diclionnabe de 'Académie, était très^mployé pour dire: adresser la parole.
^ Congédie.
*Jf te renforçait la négation comme pas ou point.
* Tardant.
*<* Fois. Tout ainsi com li rois l'ot dit à celé fie, BertSt ma. On di* sait aussi fois.
'^ Le bandeau du dieu.
" A'de, secours. Là remest toute seule ; Diex li soit en aïe, BerUt eu.
*' Que est sous -entendu: que ne l'ait.
*• Très, beaucoup ; tout le seizième siècle s'est encore servi de ce mot très-commode.
*3 Préparant. Aroier, ou areerj était très-usité, ainsi que les substaniifs aroi, conroi; il ne nous en est resté que le composé désarroi.
<^ Participe du verbe ouvrer, travailler à l'aiguille; par maistrie^ habilement.
" Aîrer, couri oucer, de à et ire,
^* Si tu es. Si se disait te, et Ve s'élidait devant «ne voyelltfi
Si dit. Li TÎeillars.ot' paor et obéit;
Au long la mer *bniiant, taisans ' il se partit;
Mais puis moût réclama, cheminant solilere,
Le seigneur * cui Latone as beaus cfaereus fu mère :
6 ■ Entent-moi, ' tu dont Tares est d*argent, ^emperere
« En Tenedos et Chryse, et sire debonere!
• ^Sminthiens 1 * s'onque mis fleurs de mainte manière
• A ton temple, ou bruslai grasse cuisse ^^ pleniere ff De tauraus ou de dievres, " otroie ma prière :
• Que cestegent mes pleurs par tes flesches<* compère!»
* Peur.
* Bruyant au féminin.
'Même tournure dans rilalien: Tal si parti da cantare aUduia,
* A qui. Citi est régime.
* Les secondes personnes du singulier de l'impéralif ne prenaient point d% attendu qu'elles n'en ont pas en latin.
' Nous dirions ai:gourd*liui /01, moins régulièrement; car f m est no» minatif et toi est régime.
* Empereur. Emperere au nominatif, emperear au régime.
* Un des surnoms d'Apollon.
* Si onque, si jamais je mis.
'0 Dans leur plénitude.
<* Octroie. (Hroie est de trois syllabes, Ve se faisant sentir. ** Camperer signifie payer.
< Si parla il priant. ApoUons bien * Fol,
Des' sommets de TOlympe courroucés descendis
Ayant Tare as espaules et le carquois empli.
* Es-Tous, au dos du dieu le carquois a * tenli
De loin, lui cheminant... Il Tient* semblans la nuit,
8e met "* arrier les nefs, et puis ' trait tire à tire.
ET L'ANCIENNE POÉSIE FRANÇAISE. 9t1
Lî arcs d*argent sona d'un moût horrible bruit. Mulets et chiens* isnels prent premiers à occire; Puis, tournant sur les Grecs flesche aportant ^^ martire. Les frappe... Pour les morts maints buschers tost reluit;
* Si veut dire ainsi. Dans Tancien irançais, on éciit parlé il, aime il; et il est certain, par la mesure des vers, que dans aime U la prononciation n'intercalait pas un I, comme nous l'intercalons aujourd'hui. Cependant il est certain aussi que la prononciali m d'un I remonte fort haut; peut-être même était-elle collatérale, bien que moins usitée.
* Généralement on omettait le / aux troisièmes personnes du prétérit. De cet usage nous n'avons conservé que la suppression du / au prétérit de la première conjugaison, parla, i^ima.
> En sommet celé tomr, sur ce pilier de marbre, TravOê ofCharl.t Y. 607.
* Locution très-usitée qui signifie voilà que.
^ Faire du bruit. Nous n'avons gardé que le composé re-4enfyr.
* Ressemblant à la nuit
^ En arrière, à l'écart des vaisseaux.
' rrotre, lancer des flèches des dards; tire è Ure, sans inierruption.
'/mW, rapide — Premiers, d'abord.
«oTant deroene angoisseus martire Du duel (deuil) et du mevchef qu'elle a, Boman de Coud, v. 8130.
* U dieu carrel volèrent neuf jours sans *arrestée. Achiie ' semont Tost à la ^ disme ajournée ;
Si Tinspiroit Junons, la déesse aus bras blans,
* Pensive des Grégeois qu'ele voyoit mourans. Quant fu ^ Toz assemblée et pleine Tassistance,
* En pieds se dresse Achiie, si sa ^raison commence:
' Les carreaux (flèches) dn dieu, s Sans interruption, ^ans s'arrêter ' Convoque.
«Dixième.
* Tant furent espiré del felon susduiant (par le félon trompeur% ThomaiUMarttfr,iZù
* Songeant i, pensant à. Et je reTÎendrai ci pensis de voatre afeire, Gautier dAvpaU, p. 14.
^ L'orthographe complète de ce mot au nominatif serait oiU; mais, pour éviter l'accumulation de consonnes qui ne se prononçaient pas, on écrivait M ou 02. Ce mot était du féminin.
' U rois se dresse en pies, n'i volt plus demorer, B^<^, xni.
* Raison avait firéquemment le sens de discours: il commence ainsi son discours. L'italien a aussi ce mot : Ed io: maestro, assai dnaro procède La tua ragione, Danie, Infamo, n, 67.
• Je<eroi, *maagré la mer, qu^alons 'tourner arîere, ff Atride, se de mort pouvons jà nous * retrere,
« Nous que dompte à la fois et la peste et la guerre.
• Mais * sus! querons devin, ^songeor ou ^ prouvera
• (Dus songes quelquefois vient du maistre des dieus),
• Dont ApoUons a pris courrons si > merveilleus,
• Se Ta pris pour oubli d'hécatombe ou de veos,
« Et se pour chair bruslée, agneaus, chèvres * eslies ff De nous veut esloigner les flesches ennemies. 1
* La première personne n'a point à's (à moins que r# n'appartienne au radical), ce qui est conforme au latin.
* Avec le mauvais gré, le courroux de la mer. s Nous en retourner.
* Retrere ou retraire, retirer.
* Sus est ici notre particule d'encouragement
* Celui qui a des songes (qui révèlent l'avenir). ^Voy.II, note?.
* Merveilleux est continuellement employé en ce sens: Menreilleas eops se douent ez escus communaus, ïkmdw., p. 16
•Choisi, d'élite.
Ainsi dit et s'assit. * Ore en pieds se dressa Calchas fils de Thestor ; «meilleur devin n'i a ;
Il connoit ce qui est, ce qui fut ou sera, El les nefs des Grégeois devant Troie amena Par son très granl saToir qu'ApoUons lui dona, Et > si,. leur bienvoulant, à parier comença:
'Ore ou or signifiait: maintenant. L'italien Va conservé: Uomin] fnmnio, ed or sem falti sterpi, DantCt Inf, zni, 37 .
* MdUeur au régime, mieudre au nominatif. La locution i aou il i a gouverne le régime : Ja plus gentil de lui un seul n'i a, RoncUvalSf p. 8.
' Ainsi. 8i a toiJ^ours la signiâcation de : ainsi, de telle sorte que
« Tu, cher à Jupiter, Achile, vous *je die
c Le courous d'Apollon, seigneur à longue 'archie.
c Le dirai ; mais > promet' et me fai ^ serrement
c Me défendre de vois et de bras ' ensement.
c Car je faire * douloir ^ cuide un homme puissant
t Entre les Argiens, et a Grèce >en baillie.
c Rois * qu'hom privés courouce, pouvoir a moût trop grant ;
• Auroit-il «ftdévoré <^ s*ire sur le moment,
• Il la tient y'vre au **cuer si que Fait assouvie.
c ^' Voi donc se me ^^donras ^> si faite garantie. •
* Tu veux que je dise. DU est encore dans les auteurs du dii-eeptième siècle.
•Voy.III,note8.
> Impératif; nous écrivons : promets et fais.
* Ce mot était de trois syllabes : Salomon de Rretagne le serrement iicta, hmdtvaU, p. 193.
* Ala fois, également. Henaut ont trespassé, Yermandois ensement B€rte,vL.
* Fmre daiUair, causer de la peine, du courroux.
"^ Je pense. Car tel cuide engeigner autrui, Qui souvent S'engeigne soi-même, la Fontaine, Fabl, iv, il.
* n a la Grèce sous son autorité. Puisque je sai mon cner en sa baiUie, Coud, n. lUlien boHa: Che purgan se sottola tuabalia, Dante, PKT^t.l, 66. . .^ .
* Un homme privé, un particulier. Homme faisait au nommatif smgolier hom.
TsiBb U POÉSIE HOHÊRIQUIb
*^ Dévorer était en usage : Li lions en a tel despit, Que H kenrt soi sans nul respit, Et si Teslranle et le demeure. /«Ad» de Couda, p. 10.
" Sa ire. Nous diiions son ire, sa colère.
«•CcEur.
» Impératif. Vois.
.** Forme oontracle pour donneras.
« Une garantie de celte nature. SI /bt/ àt une locution trës-fr^ quente et qui signifie tel, de telle façon. II y a une locution parallèle dans l'italien, eoH pUto : Intesi di'a cosi fatto tormento.... DanU^ Infn y, 1.
Achile au8 pieds légers lui respondit ainsi:
• *Di de *mout bon courage 'quanque li dieus t'inspire, c r.en attesté Apollon de Jupiter chéri, ^
• A qui tu fais prière pour * droit oracle dire :
• Moi Tivant et voiant sur terre, nuls ici
• Auprès dès creuses neis ne metra main à <^ti,
• Nuls... quant tu * nomeroies Atride enorgueilli
< D^estre ore ^ enmi les Grecs tant le plus ^seigneuri. •
* Di est rimpératif de dire.
*De moût bon courage, qui rend bien le grec, est une expression firéquente dans nos vieux poëmes: Li fils Geoffroi d'Anjou recevra sa vertu, Et de mont bon courage a reclamé Jesu, lUmdtvali, p. 196.
> Tout ce que. C'est une locution courte et commode.
* L'adjectif droit était fréquemment employé. On le trouve aussi chez Dante avec le même sens: Là dove'l purgatorio a dritto Inido, i%rpar.,vn,30.
s He mettra mam sur toi. Tai'toi, vieille, fait ele ; n'en ferci rien pour ti, BeHe, lzxziz.
* La conjugaison du conditionnel est : Je nomeroie, tu nomeroi<!s il nomeroit.
''Panm.
' Qui a l'autorité de seigneur. Ne mais que li sept comte, qui tant sont signori, BonùuvaUip, 191.
ET L'ÂMdENNB POÉSIE FRANÇAISE. SOI
Galchas prit bon courage et si dit sa raison :
« Pour hécatombe ou veus n'est IMre d'Apollon,
c Mais pour Ghrysés prouTere, boni d'Agamemnon,
« Qui ne rendit la fille ^ ne ne prit raançon.*
€ Pour ce nous fait ii dieus et nous *fera douloir ,
« Et la peste greveuse ne voudra 'remouToir,
« Se n'est sans raançon la * puceile à Foeil noir
« Rendue, et n'est conduite hécatombe sacrée
« A Ghryse ; pour ■ itant sera Tire * apaïèe. » y
* Notre ni était jadis ne, comme notre <t était se. > ' Et s'ele me fait doloir, Coud, zv. . .^
> Écarter, éloigner. Certes ce dit Gauthiers, remofoir ne m'c quier, Gauthier d*AupaU, p. 30.
* Pacelle était Panden mot pour dire jeune fille. ^
* Pour autant, à ce prii.
* Apaler, aujourd'hui apaiser.
Si dit, se siet. En pieds se dresse en rassemblée Agamemnons puissans, li héros fils d'Atrée, ^
^Dolens et tout pleins d'ire en la noire * courée, Et les deux ieus semblans à feu vif et charbon ; ' Premiers parle à Galchas ^ o regart de > félon.
* Peiné, courroucé.
* Courée signifiait ce que les Latins nommaieut prâ900n/ia, les viscères de la poitrine. Tout le pourfend de ci qu'en la courée, Boncitvali, pageG6. La noire courée est mot à mot le grec fpivtç àfift/ii-^ Iflccvai. Les anciens plaçaient le siège des passions dans la poitrine- Ce mot est dans l'italien : La corata pareva e'I triste sacco, Dante, in/tm.f xx?m, 26. Il est aussi dans le patois bourguignon : Aujodeû que Noei devro regaudi no corée (Ai;gourd'bui que Noël devrait ré^ jouir notre cœur), LunowMtie, Noelxn. ^
563 U POÉSIE HOHÊRIQUB
* D*abord il parle.
• 0, avec,
■ Félon, méchant. Sorcil ot grant et regart de félon, RondsmU^ p. 20.
c Onoqne * n'oî, ^mauprophete» de toi parole 'lie;
c  prédire le mal toujours ta te complais;
c Aucun bien tu n*as dit, tu n*as fait * oncques mais.
• Et or tu prophétises es fils de TÂchaîe,
i *Pour ce les Tait douloir li dieus de longue archie,
• Que raançon n'ai prise pour la fille Ghrysès. <'0!l, sui desireus Tavoir en ma ^maisnie;
< M'est pius *de Glytemnestre à * cuer et *<^encherîe, « Qu'ai à *' moillier et pair ; et moindre elle n'est mie
c Pour ** l'ouvrer, pour le sens, pour la fiice " escherie.
• Mais qu^ele soit rendue, se mieus est, je ^* Totrie; c Taime mieux soit la gent sauve que ^* maubaillie.
< Ore tost querez moi un lot pour **dmendie :
flCar "uesi droit je demeure seul à main ^'desgamie, c Et tuit m'estes témoin que ma part m^est ravie. »
* Je n'eus. •
* Mauvais prophète. C'est ainsi qu'un certain personnage fut surnommé Mauderc.
' Joyeuse. Nous ne disons plus que faire chère lie.
* Jamais. Que il fasse nul bien ne die, Fabliaux et ùnUOt t. III» p. 17.
' Que pour cela. Le que est sous-entendu. lA dieus, au nominatif, le dieu.
•Oui.
^ Famille, maison, compagnons. Dante s*en est servi : S poi rigîu» gnerè hi mia masnada, Inf.f xv, 41.
^ Plus que Glytemnestre. L*ancien français mettait de après le coni* paratif^ au lieu de (pie, comme l'italien met di,
•Cœur.
*• Ghârie. Et lor enfant tresluit Torent si encherie, Berte, ix
^< Que j'ai à femme et à égale. Car celé vuel avoir & moillier et à pair, Berte, m. On traduit ordinairement xwptil^ii &X6x9\» par jeona épouse; mais Buttmann rejette cette interprétationt et il regarda
ET L'ANCIENNE POfiSlE FRANÇAISE. 363
twptibi comme étant, dans Homère, une épithète de la femme légitime par opposition à la concubine. Si Tinterprétation de BuUmann est juste, rexpression de nos ^eux poètes rend Irës-bien la locution homérique. D'après Tancienne grammaire» pair est du féminin aussi bien que du masculin.
'^Itaiail à Taiguille. Tous les inflnitirs pouvaient se prendre comme des substantifs. '
** Gracieuse, belle.
'^Je roctroie. Les veites ainsi terminés avaient deux formes: olroier et otrier. De cet usage il nous reste ployer et plier.
^ Détruite, perdue. Toute la gent menue et morte et maubaiUie, Rmanetro, p. 12.
** Compensation. Ces peaua de martre tous doin pour amendie, Rmeinaity p. 10.
*^ Car il n'est pas juste que je demeure.
** Hoaumeero, p. 13 : Mais ja ère pour vous de mon cuer desgamie.
Or fat dit par Achile moût * isnel et divain :
• Atrides li loués, convoiteus de*ga»n,
• Goimnent lot te > donrônt li courtois Acheain?
c Plus n*aTons en commun ^quanque prit nostre main;
• Partagée est la proie des *cits qu'avons gastées; 6 Et n'est droit les part soient par la gent raportées. « Rent donc au Dieu la fille; à toi, nous Acheain,
c Rendrons triple et quadruple, *s'à Jupiter agrée
• Qa*à mal soit mise Troie la ville Uen murée. §
* Rapide. L'iUUen a gardé ce mot itnOio* Divain (divin) pour l'œlL
* GaÂin, de deui syllabes.
> Dorénavant.
* Tout ee que.
■Des cités.
* S^R agrée à Jupiter,
964 U POÉSIE HOHÉR10VB
Lores sMparola H rois Agamemnon: -
• Àchile. noble fils * Pelée le > baron,
« Ne « t'engeigne en ton cuer : ne croirai ta raison.
• Tu vens, gardant ton lot, que sans lot * me gesissd» c Et qu'ainsi bonement la fille je ^guerpisse?
• Non pas : à moi donront li Acheen courtois
c Un lot qu'en leur pensée jugeront oôme est drois;
• Ou ^se non, de ma main je me ferai justice, € Prenant le lot de toi, ou d'Ajax ou d'Ulysse;
• > Qui que visiterai, de cuer aura douloir.
« Mais de ce reparler en temps nous doit * chaloir.
• Sus ! en la mer divine melons ^^ navire noir,
c Hécatombe et rameurs, au mieus nostre pouvoir; t Ghryseis au '^ vis clair renvoions au manoir.
• Qu'à home ** de barnage soit remis li ^> oonrois, c Ajax, Idomenée, ou le divin Ulysse ;
« Ou tu *^méisme> Acliile, qui as si grant ^* bufois, c Apaie nous le dieu, faisant droit sacrifice. •
I Parla. Parler est conlracté de paràUr; nous avons paroU.
* Pelée est de trois syllabes; \e muet non élidé comptait.
> Baron, homme de vaillance et de haut rang. Ber au iiomînatiry hanm au régime.
^ Ne t*abuse en ton cœur. Engeigner est rappelé par to Fontaine (Fables^ nr, il), qui le regrette.
* Le verbe gésir, latin jaeer; d'où d-pft...
^ Guerpir, laisser aller, quitter. Nous avons le composé dé^gœrpir.
^ Sinon.
' Quel que soit celui que je visiterai. De la tournure andemie si courte et si élégante, nous avons gardé : qui que vous soyex, quoi que vous fassiez. "
* Nous devons tenir à reparler de cela en temps propice. Vi consens, dit la dame, me plaist et doit chaloir, Berte, lxv. De ce i très-usité, nous avons conservé : il ne m'en chaut
^ Navire était souvent féminin, quelquefois masculin. ** Au beau visage. C'est une locution toute faite de nos poèmes, qui répond à la locution d'Homère, toute faite également.
BT L'ANCaSKNS POÉSIE FRANÇAISE. 365
Noos ayons gardé le mot vie dans Tis-à-Tis, c'est-à-dire visage à ii- ■âge.
. '* Barnage signifiait le corps des barons consultés par les rois. Enseignez-moi un home de barnage {^wXnfàpoi ànip], Qui à Marsile 09 (ose) porter mon message, Handivalêt p. 13.
'' Préparatif, disposition, expédition. De retomer ariere fa tost prit li conrois, BerUy lu.
^ Même, <iui e&t la forme contracte de meisme.
*' Orgueil, arrogance. Gis (celui -d) fu fils Justamon, moult fu de gnmt bufois, BerUf lxi.
Achile Tèsgardant de hautaine manière:
« lié ! tu qui n*as * vergogne et as pensée 'avère!
« Qui de nous à ta voix s*en ira ddx)nere
« Paire aguet ou combatre en bataille * pleniere.
c * Je certes, d ne vin-je aus Troyens courageus
ff Guerroier pour raison qui me fîist encontre eus.
c Jamais 'il ne ravirent mes chevaus et mes beus
« Et jamais dans la Phthie, en nos champs plantureus,
« Ne portèrent degast ; car gisent entre deus
« La mers au flot brûlant et tant de monts ombreus.
« Hout impudens ! d vînmes pour liesse te (aire,
« Conquérant ^ es Troyens honeur à Menelas,
c Et à toi, œil de chien! mais soud tu n'en as,
f Et de ta main menaces le 'guerredon me traire,
f Octroi des fils de Grèce, conquis à grant ^pourchas.
c Je n'ai oncques un lot qui à ton lot <<^ s'afiere,
c Quant de dté troyenne bien '^ garnie est ** eschas.
• Aus travaus de la guerre plus fiiit œuvre *' mes bras;
f Mais ta part, au partage, est moût grant et pleniere ;
« Et je part ai petite, et aus nefs *« m'en repaire,
f Gontens, ** jà soit que j'ai tant *' peiné dans la guerre.
« Or je vai dans la Pbthie; car plus j'aurai '^ soûlas
i '* Atout les creuses nefs m'en aller en ma terre.
c Ci, je croi, grant avoir, moi honni, m'acquerras. »
* Le regardant. Gbascuns i est corus la mervdile esgarder, Berle, 1
366 U POBSIS HOMÉRIQUE
* Tei'gogue éuit, en ce sens, le mol le plus usité; hoote signifiant généralement déshonneur.
' Avare. Berte la debonaire qui n'ol pensée ayere, Berie, nr. Dans l'ancien français, twer était Tonné d'avanu oomine nous formons cher et amer de eanu et d'amams.
^ Complète, rangée. La bataille est pleniere et adurée, hmcUmU^ p. 66.
* Nous dirions 0mI, moins régulièrement, puisque fe est sujet et moi e4 régime.
* Le pronom U n'avait point d'« au pluriel, tenant du latin UU. ^ Chez les Troyens.
> Guerredon, de tr«is syllabes, dont guerdon est la contraction.
' Peine, travail.
^ Qui se compare. N'est Terne qui à des de grant biauté s'afiere, Berte, zii.
" Encor le maintient on à Paris la garnie, BerUt lz. Gela répond asses bien à l'cvvacôfuyov d'Homère.
** Eschas au nominatiT, escbac au régime : butin, prise de guerre.
** Mon bras. Notre pronom mon Taisait me* au nominatif singulier, mon au régime singulier, mi au nominatif pluriel, et me$ au régîma pluriel.
'^ Je m'en retourne, je me retire.
'* Bien que, quoique. On le trouve d'ordinaire avec l'indicatif.
^ De ceste amor qui tant me Tait peiner, Coud^ z.
'^ SatisTaction, aise.
^ Avec. Atout est encore conservé en Bourgogne.
Atride, rois des homes, si lui fit repartie: t * Fui-t-en, *8*ainsi f agrée; ' remaDOtr ne te prie. f ^Ne faudra qui m'honore en ce besoin d^aie, fl Ne surtout Jupiter, qui droit conseil > otrie. fl Des rois issus des dieus lu m'es li plus hais; fl Noise, guerre, bataille, à ce te plais *tous dis. fl Si tant ^par es vassals, d*un Dieu c'est la mercis. fl Retournant au manoir *o tes nefs et maisnie, fl Va loin des champs troyens régner en Thessalie. fl *T'ire ^® me touche ^*peu; de toi ne me soucie, fl Mais entent ma menace : ^'com du dieu m'est ravie fl Chryseis, que rendrai o ma nef et maisnie»
ET L'ANGIBRNB POfiSlE FRANÇAISE. 867
fl rirai prendre en la tente Briseîs au *^ clair vis, fl 14 A main ton guerredon, si que te soit apris f Combien sui plus ^* de toi, et qu'on soit 'Ralentis fl A moi se faire égal et dire contredis. •
* Fuir était, dans Tancieime poésie, tantôt monosyllabe, tantAt dissyllabe. Fui de d, rois, tu aies encombrier, Baaul de Cambrait p. 205.
* S'il t'agrée ainsi.
'Demeurer.
* Il ne manquera pas gens qui m'honorent en ce besoin de secours. Qui lui faudra à ce besoin d'ale, Homaneero^ p. 93.
* Octroie.
* Toujours, tùU» dieg. If ous avons gardé le composé analogue, tandis, tantoi diet.
^ Par-vassal, très-vaillant. Par était une particule qui avait avec les adjectirs le sens superlatif, et qui pouvait se séparer. Nous n'avons gardé de cet usage de par que par trop.
* Avec. 0 est encore usité dans plosieur» provinces.
* Ta ire, ton ire, ta colère.
*^ Toucher était en usage : Et puis (l'amour) le touche de la flame, Dont son cuer esprent et enflamme, Jehan de ùmdei, p. i06.
** La forme la plus commune était poi, et aussi pou et poc; mais on trouve peu: Et un peu vous reposerés, Jehan de CondeC, p. 83.
" Gomme. Corn était aussi usité, au moins, que comme.
»Yoy. XVT, notell.
** kyec la main, de force.
" Que toi.
'• ReUrJé* découragé. Les fenestres ovrirent, ne sont pas alenti, Berte, lxxux. Alentir est dans Molière- Et notre passion alentissant son cours.
Si dit. Tant à ces mots Achile fu dolens, Que dans son sein * velu en balance ot le sens, Se, le * brant 'esmoulu ^lei sa caisse prenans, Iroit enmi les autres '^ tuer le fil d'Atrée, Ou ' freindroit son courage, tiendroit ^ s'ire domptée. Pendant qu'il balançoit ainsi dans sa pensée Ht *traioil le grant glaive, Pallas vint empressée Des deux d'où Tenvoycit la déesse aus bras blans^
Janons, *d'andeus pensive et andeus les aimans. Ariere prit *oia loi chevelure dorée.
Debout/ à lui ^* veûe, à tout autre celée. **£s-vous se tourne Achile ^'esbabis ; et *«à tant ^^ La conut, oui regars flamboioit fièrement; .' Et de sa bouche ainsi vint parole ^^empennée.
' On voit que j'ai consei^vë jusqu'aux plus petites particularités du texte homérique.
.«Épée.
' ' Esmoulu est Tépiihète que les trouvères donnent constanuneni aux brans et aux lances.
^ Sur la cuisse.
* Ocirc ou meurdrir étaient les verbes les plus employés. Cependant op trouve aussi tuer : Et dit Ybers : amis, frère ne tu, Baaul de Cambrai, p 77.
' Ferait violence à sa passion. Damoisele, fait ele, freignez vostre courage, lUmumcero, p. 14.
' Sa ire, son ire, sa colore.
•Tirait.
* Andeus ou ambedeus, au régime, andui ou ambedui, au nomina* tif, rendait ce que nous exprimons aujourd'hui moins correctement par la locution.composée t<nu les deux. Pour pensif, voy. YII, note 6.
*^ Elle prit la chevelure dorée de lui. La lor terre, Chatuon de Ak landf p. S. Doré était usité: Et il ont les deux (coffres) dorés pris» Qui les tiennent de grignour pris, Jelian de Condet, p . 17.
" Veû, contracté en vu.
" Voilà que. Yoy. YI, note 4.
i^ Moult ai esté longuement esbabis, Qu*onques n'osai chanson emprendre à fabe, Couci, v.
<* Et ainsi, cela fait, aussitôt. Ce mot nous manque, il est resté dans Viialien: Tesifone è nel mono; e tacque a tanto, Da$Ue, lnf.,a, 48.
'* Il la reconnut, elle à qui le regard flamboyait. Connaître s'eni— ployait dans cette acception : Lorsque H garçons l'aperçut, Sans doutance bien la connut, Homan de Coud, v. 3011.
'* Quarrel ne saete empennée, BenoU, Chr. des dues de Normandie^ V. 1122. 'Eicca mtpânra, dans Homère les paroles ont des ailes.
c Fille *audieude T^ide, pourquoi *jus es 'saillie? «Viens tu ^veoir combien Atride 'm'humelie?
iMaîs je te di parole qui tost sera * compile: fl Sa grant ^desmesurance Ta lui couster la Yie. i
* Fille à, locuiion usitée. Tous fusles fils au bon conte Reâier, Ameiiw/f. p. 99.
*En bas. Les Italiens ont le mot correspondant, gi$i$o. 'Saillir, sauter. De plaine terre est saillis en l'arçon, BtmeinfaUt p. 52.
* Voir.
■M'humilie. L'ancienne langue n'aimait pas la mèmoToyelle dlans deux syllabes consécutives: Fenir au lieu de finir
* Accomplie.
^ Oubli de toute mesure. Or est mort Pinabel par sa desmesurance, lUmcûvaU, p. 107. Ce mot nous manque, il n'a point d'équivalent exact.
La déesse aus iens bleus ainsi lui va disans « Je sui, pour ton courrous ' freindrè, *s*à moi entens. fl Jus saillie ; or m'envoie la déesse aus bras bians, € Junon, 'd'andeus pensive et andeus vous aimans. n «Coise-toi ; du «fourrel jà ne soit • trais H brans. « Mais ^ laidi, tant que vaille, de langue «enfelonie. c Or entent ma promesse, qui tost sera oomplie ; « Viendra jours où le triple donra qui Thamelie ; «Alais à nous *obei, tien ton cuer en ^^baillie. •
« Voy. XIX.
* Si tu enlcndSi obéis à moi.
» Voy. XIX.
^ Calme-toi. Bossuet se servait encore d'aocoiser.
* A ces grosses vielles as despenez forriax, Chansm de Rolandi pré' Çrcât p. i.nx,
* L'épée ne soit tirée.
' Injurie.
* Devenue felone, Airieuse.
* Obéis, tiens.
*^ Tiens ton cœur aous ton autorité, comm»«*de à ton cœur. Pour baillie, toy. X.
370 U POËSU HOVÈRIQUB
XXIÏ
Achile fils Pelée si lui fit repartie:
fl Bntôidre à tos paroles, tant soit Tire *enalgrie» c 0 déesse, il contient; car ainsi ce vaut mietis ; c Qui aus dieus obéit, est esooutés des dieus. » Sur le * pont en argent sa main pesant apuie Pousse au fourrel Tespée, et ne refuse mie D'obéir à Minerve, qui 'rêva s'en es deus, Au palais Jupiter, ^enmi les autres dieus.
«Aigrie.
* La garde, la poignée : pont, de puffnui. * Sa main pesante
* S'en rera.
^ Parmi.
A* laidanger Atride tost Achile reprent,
Et si ne laisse encore *tençon ne 'mautalent:
i * Sac à vin, œil de chien, mais *cuer de cerf fbiant,
c Oncque prendre à bataille le haubert *o la gent,
fl Oncque o ^barons grégeois faire *aguet * vassaumenti
iTu n'as'*® eu courage, ne t'est mie " à talent.
fl En '* la graul ost grégeoise il t'est plus avenant
flDe son lot «'rober home à toi contredisant.
i Tu es, rois mange-peuple, li rois de gent '^faillie.
fl Ou ci tu *> honiroies pour la dernière '* ûe.
fl Mais je te di parole qu'à " serrement '^j'afie ;
fl J'en jure par ce sceptre qui ne donra scions,
fl Ne feuilles ne racines; car sa tige est aus mons,
fl ** L'airains Ta dépouillé d'escorce et de bourgeons»
i Et ore il est aus mains des fils de TAchaîe
fl Qui **de part Jupiter ont justice et baillie ;
< Grans est li serremens dont *< tu vois je nie lie*
i Un jour ** tuit H Gr^eois d'Achile auront désir, «Un jour... et tu, dolent, ne pourras les servir, « Quant Hector homicide en viendra maint *' meurtrir. ■ Lors, au dedans, ton cuer rongeras à loisir, c Tii à qui **n*a chalu le plus vaillant honir. •
' Laidanger ou dire laid, dire des injures.
* Querelle.
•Voy.II.
* Ces injures ont de la ressemblance avec certaines scènes que Cooper a tracées dans ses romans sur les sauvages de l'Amérique du Iford ; les Grecs d'alors étaient, il est vrai, notablement au-dessus des Mohicans; mais il leur restait encore beaucoup de la sauvagerie; c'est une chose qu'il faut toujours avoir présente à l'esprit en lisant nomëre.
•Cœur.
•Avec.
"* Baron, dans nos vieui poèmes, désigne un homme de grande vaillance et de haut rang; il rend donc exactement &pc9Tf}fc de l'original.
* L'aguet ou l'embikche était, comme chez les sauvages de Cooper, une des grandes épreuves de la vaillance et de la patience du guerrier
*Yassaument ou vassalment, avec vaiUanco, bravement.
'• Eu, de deux syllabes ; nous disons par contraction eu. Le peup de Paris dit évu,
^^ Gela ne te convient pas. TaUnit comme laieiUo dans l'italien, signifie désir» volonté. Quant la vieille l'entend, ne lui vint à talent. Berie,vamL
^ La grant a$t gregeme est mot à mot le grec or/sarôy cùpùv *Axac^5y. C'est aussi une locution de nos vieux poSmcs: Bien a sept ans, vostre grant oz banie (à bannières)... Bùncispaltj p. 10
^ hobet, priver, dépouiller
'^ LAobe, sans énergie. Puis dit : Or sui Urop fols et de cuer trop faillis, Gtmthier tTAupaiM, P. 12. Failli en ce sens est encore ustié en' plusieurs provinces.
'^ Honir, faire injure, outrage
«• Fois.
<f Serrement, atijourd'hui serment, de taeramenium,
«J'afQrme.
^ Les instruments tranchants étaient, du temps de la guerre de Troie, en airain.
^ Ex parte, de la part de; nous écrivons ëepar.
*' Dont tu vois que je me lie. Le que, quand le sens le suppléait sans peine, pouvait se supprimer.
^ Tous* Tuit, du latin toti^ est le nominatif plurieli
37t lA POfiSIE HOMERIQUE
•* Tuer. C'est le sens primitif de ce verbe, comme le prouve le subâ'aniif meurtre. Racine es', je crois, le dernier qui Ta employé avec racccplalion de luer: c Allez, sacrés vengeurs de vos princes meurtris. »
'* Toi à qui il n'a iioaporté d'outrager le plus vaillant. Mal fastes '»)nscillée, tant vous en a cbalu, DerUt u.
Ainsi dit, et le sceptre de clous d'or < reluisant A ses pieds il jeta, s'assit * par maulalent. Atride d'autre part 'esrageoit durement.
Nestor au * doue parler, qui Pyliens bien harangue, Parlers plus dous ■ de miel lui couloit de la langue; Nestor... jà deus «eages se passer a ^ veû Dliommes nourris o lui, qui o lui ont vescu Dans Pylos moût divine, or * au tiers a baillie ; Nestor en pieds se dresse, leur dit parole amie.
' Sur un escu de fin or reluisant, Rmeis»al$, p. 28.
* Avec colère. Par mautaient se levé , qu'ele plus n'atendit, DertetLJOixa,
* ' Tant li douloit licuers qu'à poi qu'ele n'esrage, Berie, lxx
* Doux. Doue au régime» daus au nominatif, dans les textes les plus corrects. A son doue regart et al vis, Jehan de Condef, p. 107
■Que miel.
•Ages.
Ml a vu
' Ore il règne sur le troisième âge. Tiers et quart signifiaient troisième, quatrième; la Fontaine a encore dit: t Un quart larron vient.» - >
6 * Hémi ! grans deuils menace la terre d'Achale! fl Ah ! moût * s'esjouiroient Priam et sa ' mainie, cEt des autres Troyens seroit la chère ^lie, «Se de vos 'contensons nouvele estoit ouie,
ET L*ANCIENNB POÉSIE PRANÇ4ISE. 373
c Vous en gu rre et conseil qui tenez seigneurie, fl Escoutez : estes jeune, et je sui diargés d'ans; f '0 plus taillans de vous ai vescu dans mon tems, f A cui mépriser moi ne fut onque avenans. f Tels homes jà ne vi ne verrai de ma vie, f Gomme Pirithoûs, Dryas pasteur de gens, fl Gênée, et Polypheroe, et le fier Hexadie, <Et^ r^ide Thésée, qui aus dieusfu semblans. fl Trés-vaillant, il faisoient la guerre à très-vaillanSy « Les centaures des monts, occis à grant " baudie. fl Et je fu un des "leur, de loin à leur *<*aïe fl Requis par eus ** meîsrâcs et de Pylos venans. « Des combats " j*oi ma part, et ne combattroit mie fl A ces homes pnssés uns des homes vivans. flMa voix il escoutoient au conseil, sans ''envie; fl '^ A tant escoutez la ; escouter est l' duisans. < Tu, ne reprend la fille, ja soit ce qu'es puissans, fl Mais laisse "ester le don des fils de TAchale. flTu, Achile, le roi en face ne desfie; « Gar 1^ n'ot ja tel honeur rois un sceptre portans, fl A cui par Jupiter fu donés li haus rans. fl '"S'es nés d'une déesse et as force et baudie, fl II qui comande à plus a plus grant seigneurie. « Tu, Atride, croi-moi, soit *' laissés mautalens; fl Et lui, je le suplie que son cuer il *^ maistrie; « Lui en guerre *' felone rempart de TAcbaîe. •
' Exclamalion de surprise et de douleur. Ce n'est mie ma flUe lasse, dolente, ai mi ! Beriff lxxxiy.
* Se réjouiraient. On en fait maint repas Dont maint voism s'éjouit d'être, la Fontaine. Ne vous éjouissez pas de vos miracles, Pascal
* Lamonnoye, Noël v : c Grand seule ne meignie. »
^ Gliëre veut dire visage, et notre expression t faire chère lie > signifie proprement foire visage joyeux.
* Querelles.
* Avee plus vaillants que vous.
' FiU d'Egée.
^Hardiesse. Préface de la Clianam de Bolandy p. lit: tFrançoii chevauchent à joie et à baudie.» Nous avons conservé le composé g'ébaudir.
* Leur, lor, venant d'illorutn^ ne prenait aucune flexion.
374 lA POfiSlE HOMËRIQim
*® Aide, secours. ...
"^ Par eux-mâmes.
"J'eus.
*> Berie, ri: < Qu'il (hrent bon ami sans mal et sans envie. >
** Yoy. XIX. Nous avons gardé le composé analo^e, pourtant.'
** Convenable. Duisant est le participe de l'ancien verbe duirti.
■• Rester, demeurer. Bêle, ce dist 11 rois, Uiaser te duel erter, Berie, xvn.
" N'eut.
"Situesnés.
** Que colère soit abandonnée. Laisser est employé avec cette accep* tion: Prent ceste acorde, si lai la malveullance, Hatuii de Cam^raL p.7i.
^ Maîtriser . Quant porta tel roinequi ainsi nous maistrie, BerU, uzn.
** Mauvaise, funeste. Assembler plus félon ester (combat), Ckrmdqme det dua de Normandie, v. 2704.
Si respondit à lui Atride AgamemnoD :
cBien as parlé, vieillars, à droit et à raison; fl Mais * ds veut * maistrier tous * par o et par non, fl A tous ^estre au-dessus, tous mener *à bandon, fl Sur tous avoir * cornant ; jà n*i aura ' son bon. f Se *preu Font fait li dieu de *pardurable vie, • *^l ont-il ijouté que " laîdange il nous die?
* eu, celui-ci ; eis au nominatif, eesl au régime. «Yoy.XXY.
' Par oui et par non, à tout prix. Quo remanoir i doive ne par o n par non, Gauthier d^Aupait, p. 4.
* Estre au'desnis ou au-deseure, locution fréquente.
> A volonté, sans réserve. Toute sa terre (il) vous matra à bandon, Bxfndiwiê, p. 31. D'où notre mot orlHmdon^
* Commandement.
^ Il n'aura pas ce qu'il désire. Se vous ma volonté et mon bon voulez faire, Homaneero, p. 22.
* Preu ou prod, au régime, preux.
i » les dieux dont la vie dure toujours. Gomeilte se sert souvent de pardurable flans Xlmitation.
^^ 7, c'est-à-dire y.
"Injures. Voy.teWir, XXL
CT L'AIfQENRB P06SI6 PRA!fCAISE. 578
Si li dmns Achîle à parler recpmence :
c Couard me diroit on et * failli sans doutanoe,
■ Se*j'aToie en toute œuvre à tes dits complaisance, fl Comande autres que moi par tel outrecuidance ;
■ Car je ne * cuide plus te rendre obéissance.
fl Je di autre parole, Taie en ta «rememibrance : i Pour la fille» arme en main, ne ferai de défense ; f La donastes, Tostei; ainsi soit, sans balance, f Hais prés les noires nefs ce que j'ai de chevance, « A ce ne toucheras ■ maugré moi par puissance, fl Pourtant essaie, et soit ^Poz tesmoin ^ la cheanoe t fl Tost coulera sans noirs au grant fer de ma > lance. •
••Voy.XXIIl.
* La conjugaison était: J'avoie, tu avoieSiil avoit.
* Tel cidde engeigner autrui. . . a dit la Fontaine, rappelant un Tieax dicton.
* En ton sooYeoir.Les AnglaiSi qui tiennent ce mot de noua, l'ont gardé.
•Malgré.
* Le camp, Tannée.
\Témoia de la chance. Gheance, dissyllabe: Outre, dit-il, cuivert; tels est vostre cheanoe. Chanson des Saxons, cun.
* D'or en ayant an grant fer de ma lance Est vostre mors escrite sans faillanoe, Baoul de Cambrai, p. 71.
XXYIII
S'estant > combatefis de parole •ambedeus, Se leyent, 'dessevrant le épiait en la ^navie. As tentes et vaisaeaua Achilë, fils des dieus, S'en retourne 'o Patrocle et sa ^ franche mainie. Atride met en mer nef * isnele et eslie, Chryseis au vis clair, vingt rameurs vigoureuSf
S7« U POÉSIE HOVÊRIQUB
Hécatombe vouée au dieu de longue archie.
Ulisses i oomande, li * sénés et li preua.
En la nef, ^<^cil voguoient es chemins escumeoa.
Ore Àtrides temont <* la gent se purifie ;
Si font, et "ordes choses en mer jetent loin d'eus.
A Phebtts hécatombes de choix, chèvres et beus»
II offrent sur Ja rive de la mer infinie ;
Toumans 0 la fumée, Todeurs en monte aus cieus.
'Combattus.
•Voy.XIX.
* Séparant, congédiant. Noos avcms le simple dans un sens spédal : sevrer.
* L'assemblée du peuple.
* Flotte. Phis grant na\îe ne Ai appareillées, HoneuMls, p. 118. Les Anglais ont gardé ce mot, qu'ils ont de nous, et que nous avons perdu: Nttwy, flotte, marine.
•Avec.
^ Franche maisnie, savez moi conseiller, Boêul de Cambrai, p. 61 .
* Rapide.
* Qui a du sens. Nous avons gardé forcené, qui serait mieux écrit forsené. Dit Oliviers: Li preus et li sénés, RtmeUvais, p. 46.
• *®Ceux-d.
. M Ordonne que.
** Ord, sale, souillé, est un mot vieilli qui, pourtant, est encore dans le dictionnaire de l'Académie.
Ainsi Toz 'besognoit. Or ne fait longue atente A sa menace Atride, et ne s*en *destnlente. Il apele Eurybate et Talthybie, 'andeus Qui ^erent ■ si héraut et ^sergent moût ^ soigneus: • Ensemble alez vous en vers Achile à sa tente, f Et prenez de vos mains Briseis bole et *gente. « S'il refuse, j'irai la prendre à ban nombreus, fl Je «meisme ; et à lui sera plus douloureus. •
*• L'armée, le camp s'occupait.
* 11 n'en perd pas le désir. Durement lui deplalst, et moult lui fdenle, Berte, cnav.
•Tous deux. Voy. XIX.
* Étaient, du latin erani.
' Ses, au nominatif pluriel.
. ' Serviteurs, otûciers. A coi j'ai esté vrais amans. Et en tout lieu Tostre aergeans, Boman de Coudt v. 7G26.
^ Or soiei bien soigneuse de son respassement, Berte, zltii.
* Espousa rois Pépins Berte la bêle et gente, Beriet i.
* Moi-même. •
Si les envoie et parle à mont grant violence. *Cil à regret aloient au long la mer immense; Tost s en vinrent as tentes et nefs des Myrmidons. Prés tente et noire nef * sis estoit à plaisance Acfaile, qui devint, les voiant, tout 'embrons. Moût troublé et portant au roi grant révérence, Debout il demeuroient devant lui en silence. Ore il, le comprenant, à parler si comence : c Héraut, tous messager Jupiter et les ^ bonis, « Vous sahie, aprochez ; à vous n'est ma raisons, c Mais à qui vous envoie, li rois Agamemnons. fl Amené et •met, Patrode fils de divin lignage, cBriseis en «leur mains... mais ferez ^ tesmoignage, c Vous •dui, devant les dieus *joians en leur ^^ manage, « Devant les homs mortels, devant ce roi sauvage, fl ** S'onque la gent me quierl la sauver de domage fl Car <*cis est emportés d'un malfaisant courage, « Et " ponrpenser ne sait en baron droit et ^* sage € «• Com Grégeois combatront à salut en la plage. §
* Ceax-d.
•Assis.
* Triste, affligé. •
* Messagers de Jupiter et des hommes. Homme fait au régime pluriel honunet; cependant on trouve parfois, bien que rarement, homs * Perdu ai de mes homs la flor et la bonté, Boman de Bou^ v. 4055. Toutefois, ici, cette leçon n'est pas sûre ; car il serait trés-aisé de rem-
acer hmê par fumes, qui satisferait aussi ù la mesure. Nais koms^