‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 102 sur 330 · Préf., p · texte numérisé non relu

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prétentions des amours-propres, ceux de ses concitoyens comme les autres, en dévoilant avec une grande finesse psychologique les raisons cachées de certaines attitudes.

Le fond domine la forme. — Son information est immense, il a tout lu ou pour mieux dire tout étudié, et, si cette érudition rend sa marche un peu lente, jamais elle n'obscurcit son jugement. Les faits l'éclairent, loin de l'accabler. Sa méthode le conduit à étudier les détails, mais sa perspicacité l'élève au-dessus d'eux. 11 voit loin et profond dans l'avenir comme dans le passé.

Son exposition est celle d'un savant. Il estime l'art et le goût, même celui qui n'est pas dans ses moyens, mais n'y prétend point. Aucun souci de l'éclat ni du brillant. Il observe et expose tranquillement, lourdement même, avec plus de souci de l'idée que de la forme. Il était peut-être incapable de faire des effets de style, mais, si son esprit lui en avait fourni les moyens, il se serait de toute sa conscience refusé à les employer.

« On pardonne peut-être à un poète épigrammatique qui, pour ne sacrifier une saillie d'esprit, parle avec mépris de toute nation polie; mais l'Académie royale de Berlin ne demandoit pas des épigrammes, elle desiroit la vérité et des raisons » '.

Sa façon d'amuser son lecteur, c'est de lui donner à lire des notes où quelques digressions entraînent l'esprit à vagabonder -.

En face de Rivarol, type de l'homme du monde, Schwab représente le professeur allemand dont la science s'est acquis un si bon renom dans l'univers.

Erreurs et maladresses. — Ce n'est pas à dire que ce Mémoire soit sans défaut. 11 v a des mots malheureux, ainsi celui de médiocrité d'or. Même entouré de commentaires qui l'accompagnent et le corrigent, en expliquant qu'il faut entendre par là que le goût français est opposé à toutes les outrances, il a déjà amené les protestations du traducteur ', qui ne peut pas le prendre pour un éloge. Ailleurs Schwab commet d'énormes méprises, en voulant expliquer à sa façon des mots de l'ancien français : main (matin) ou il parole* . Mais c'est là une ignorance qu'excuse son temps, et il la rachète, il faut le dire, par une connaissance aussi approfondie qu'elle pouvait

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