‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 111 sur 330 · F»^ 89-107 vo · texte numérisé non relu

F»^ 89-107 vo

Devise : Sublatâ causa tollitur effectus '.

L'auteur est-il un Français ? Il dit « notre » langue -, u notre » nation, « nos » voisins^.

Mais c'est peut-être quelque Réfugié établi en Prusse, à en juger d'après la prière en faveur de Frédéric II qui termine le Mémoire, ce qui expliquerait la faute signalée plus haut. En faveur de cette hypothèse, j'ajouterai qu'il connaît le progrès des sciences et des lettres en Danemark, en Russie, à Baireuth et en Saxe-Gotha.

Loin de s'en tenir à son sujet, l'auteur s'égare dans toutes sortes de considérations politiques. Il parle de la grandeur des victoires de Fleurus, Fontenoy..., rappelle dans le passé les batailles des journées d'Azincourt, de Crécy, où « les Légions Angloises composées de Normands, de Bretons, de Gascons, ne purent être couronnées que par le génie de la France » ^.

Il fait l'éloge de Sully, de Colbert, des Ministres actuels qui vont couronner la France des fleurs de sa prospérité ! '"

Il est vrai qu'en manière de pendant, il fait aussi l'éloge des Ministres de Frédéric. Il s'extasie sur la Prusse nouvelle : « Je me trompe, M. M., c'est à Berlin c'est au château de Podzdam (sic) qu'il faut venir, autre Versailles ». Suit une apologie de Frédéric, dont le règne seul renferme tout ce que contient l'histoire des Peuples les plus fameux*. Les maisons, les promenades, tout a été transformé ^.

Suivent des phrases sur la critique qu'Anglais et Français ont faite de leur gouvernement^

Assurément les intentions sont excellentes. L'auteur arrive à proclamer que les guerres entre nations européennes sont des guerres civiles ''.

Mais, naturellement, au milieu de ces divagations, il oublie son sujet. Sa pensée intime, c'est que ce ne sont pas des qualités supérieures qui peuvent valoir au français la faveur. Seulement il n'essaie pas de démontrer sa thèse. Sans suite dans les idées, il . pose une question, par exemple sur l'influence des sciences, puis une autre sur le rôle du commerce, et tourne court chaque fois.

3. F" 78 v". Il écrit en latin l'ablatif avec un circonflexe : causa.

Cf. ne préféreront-ils pas toujours le leur [idiome], à cause de son intimité la plus étroite (sic) avec les mœurs nationales? (F" 73 r°).

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