Balden., ib., p
4. 43 avril. Voir en tête do ses Œuvres de Théâtre, p. 17, et cf. Balden., Univ., p. 13. .'). Théor. nouv. de la Parole, p. 92.
idiome, mérite qui l'a rendu en quelque manière la « langue universelle de l'Europe » '.
« Toutes les nations, estime-t-il, doivent avoir part à leurs découvertes [des sciences] et il faut les leur communiquer dans la langue universelle. Or, personne, je crois, ne refusera cet avantage à la nôtre, qui semble aujourd'hui plutôt la langue de l'Europe entière que la langue des François. Si quelque autre pouvait lui disputer cette universalité, ce serait la latine ».
D'Alembert, qui, au fond, regrettait le latin comme langue scientifique (il le marque dans le passage même que nous citons), ne manqua pas d'expliquer que c'était l'universalité du français qui avait décidé à donner V Encyclopédie en français : « Notre langue étant répandue par toute l'Europe, nous avons cru qu'il était temps de la substituer à la langue latine, qui depuis la renaissance des lettres était celle des savants » ^
Il faut rapprocher de ce passage ce que dit V Encyclopédie ellemême : « Si quelqu'autre langue que la latine devient jamais l'idiome commun des savans de l'Europe, la langue françoise doit avoir l'honneur de cette préférence : elle a déjà les sulïVages de toutes les cours où on la parle presque comme à Versailles : et il ne faut pas douter que ce goût universel ne soit dû autant aux richesses de notre littérature, qu'à l'influence de notre gouvernement sur la politique générale de l'Europe » ^
Voltaire n'a pas manqué d'étudier le fait dans son Siècle de Louis V/F. (( La nation française est de toutes les nations celle qui a produit le plus de ces ouvrages. Sa langue est devenue la langue de l'Europe : tout y a contribué ; les grands auteurs du siècle de Louis XIV, ceux qui les ont suivis ; les pasteurs calvinistes réfugiés, qui ont porté l'éloquence, la méthode dans les pays étrangers; un Bayle surtout qui, écrivant en Hollande, s'est fait lire de toutes les nations; un Rapin de Thoyras, qui a donné en français la seule bonne histoire d'Angleterre ; un St. Evremond, dont toute la cour de Londres recherchait le commerce ; la duchesse de Mazarin, à qui l'on ambitionnait de plaire. M'"® d'Olbreuse, devenue duchesse de Zell, qui porta en Allemagne toutes les grâces de sa patrie.
« L'esprit de société est le partage naturel des Français ; c'est un mérite et un plaisir dont les autres peuples ont senti le besoin. La langue française est de toutes les langues celle qui exprime avec le
i. Maupert., Disc. s. les Devoirs de l'Académicien, lect. à l'Académie de Prusse. Cf. Merc.de France, janv. 1731, p. 62.