‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 13 sur 330 · Disc, prélim., éd. Picavet, p · texte numérisé non relu

Disc, prélim., éd. Picavet, p

3. Art. Lamjue de l'éd. originale, t. IX, p. '266. Neufchastcl, 1763. In fol.

plus de facilité, de netteté, de délicatesse tous les objets de la conversation des honnêtes gens ; et par là elle contribue dans toute l'Europe à un des plus grands agréments de la vie » '.

Il y est plusieurs fois revenu dans ses Lettres : « Notre langue se parle à Vienne, à Berlin, à Stockholm, à Copenhague, à Moscou ; elle est la langue de l'Europe » -.

« Le mérite des Français est qu'on célèbre leurs louanges dans leur langue qui est devenue, je ne sais comment, celle de l'Europe ))\ Marmontel, ayant reçu une lettre du fils de la Reine de Suède et <]es compliments de la Cour d'Autriche par le médecin Van Swieten, Diderot remarque : « Il faut que notre langue soit bien commune <ians toutes les contrées du Nord, car ces lettres auraient été écrites par les seigneurs de notre cour les plus polis qu'elles ne seraient pas mieux » ^.

Le Dictionnaire encyclopédique'' est plus explicite encore : « Il me semble que les ouvrages françois faits sous le siècle de Louis XIV, tant en prose qu'en vers, ont contribué autant qu'aucun autre événement, à donner à la langue dans laquelle ils sont écrits, un si grand cours qu'elle partage avec la langue latine, la gloire d'être cette langue que les nations apprennent par une convention tacite pour se pouvoir entendre. Les jeunes gens auxquels on donne en Europe de l'éducation, connoissent autant Despreaux, la Fontaine et Molière, qu'Horace, Phèdre et Térence ».

Ailleurs, c'est Beaumarchais qui écrit dans la Préface de Figaro (1781) : « Notre littérature seule, estimée de toutes les nations, étend l'empire de la langue françoise, et nous obtient de l'Europe entière une prédilection avouée qui justifie, en l'honorant, la protection que le gouvernement lui accorde ».

Nous sommes ici parmi les gens de théâtre. C'est le lieu de rappeler que les auteurs, flattés d'être joués partout, ont fait plusieurs fois allusion dans leurs œuvres même, à ce privilège du français. Dans LY/e des Talents de Fagon (1743), Pasquin disait déjà :

Oui, la langue dont je me sers Est la langue de l'univers.

Qui sait parler français partout se fait entendre ^

i. XXXII, fin.

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