VALEUR DE LA CIVILISATION FRANÇAISE
quelque chose qu'on appelle le goût et qu'ils excitaient constamment de désir des autres nations par des apparences de nouveauté '.
A plus forte raison juge-t-on sévèrement 1 engouement qui précipite l'Europe à la chasse des plus extravagantes parmi ces inventions.
V s'égaie de la « beauté des bords du Volga », qui veut être « vêtue comme les Nimphes (sic) des bords de la Seine » -.
L'Allemagne est particulièrement atteinte par cette maladie de se grimer et de se dénaturer. « C'est un beau pays qui est trèsfertile en folies et fort propre pour que les voisins en profitent. Le Diable lui a arboré (sic) un autre préjugé qui vaut des millions à la France. Les Allemands achètent le bon goût au poids de l'or, étant persuadés qu'il n'y a rien de joli ni de beau en fait d'habillemens, d'équipages et de meubles hormis ce qui vient de Paris et ils ne sont pas mal les dupes de nos marchands qui connoissent leurs manie. Tous les mauvais lambeaux de modes, qui ne sont plus gôutés, sont bons pour l'Allemagne, pourvuque ce soit extravagant et nouveau. Nous n'aurions pas même tant de nouvelles inventions dans les Fabriques et chez les faiseuses de mode si ce n'étoit pour satisfaire à la folie des Allemands »^
Avantages pour la langue. On l'apprend et on lui emprunte. — Ce goût de l'Europe pour les modes de Paris a fait de la France une grande nation commerciale. « Une infinité de productions naturelles font l'objet de ce Commerce : cependant il paroît que ce sont plutôt les productions de Part de ce peuple industrieux qui lui ont (sic) rendu tributaires toutes les nations de l'Europe... toutes les villes capitales et commerçantes de l'Europe sont remplies de marchands et d'artistes francois que l'intérêt y a établi et qui se relèvent continuellement » '*.
Il devait en résulter que le français, ainsi porté au dehors, devint une grande langue commerciale. <( Quand ils vont vendre, les commerçants de cette nation — et ils sont légion — se présentent sans avoir connaissance des langues étrangères » '. « Manquent-ils de dispositions et de capacités pour les apprendre » ?" En tous cas ils ne s'en soucient pas.