‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 138 sur 330 · Id., 96 r»; s, f° 27 r · texte numérisé non relu

Id., 96 r»; s, f° 27 r

Il ne serait pas raisonnable de leur demander de savoir le latin, ce ne sont pas des savants *. « Ils se présentent donc tout uniment avec leur français et quoiqu'ils soient toujours vendeurs, c'est sur eux que le monde dut se régler m^.

B exagère même, en disant que l'antiquité n'a pas connu de pareille langue de commerce international ^

Assurément les commerçants des divers pays n'ont pas pour cela étudié à fond le français, cependant ils en savent ce qu'il en faut pour leur commerce *. Qu'il s'agît ou du marchand ou du client, l'emploi d'une terminologie française s'imposait. Les autres langues, observe Q°, étaient incapables d'exprimer ce qui avait trait à la cuisine, à la garde-robe, aux divertissements. Les mots français voyageaient donc avec les paniers et les perruques''. Comment les traduire ? Comment d'autre part ôter aux objets qu'on vend ou qu'on achète, cette parure d'un nom français qui leur donne du prix ? On en affublait, prétend G, sans doute avec raison, des objets qui n'avaient jamais vu la France. Parmi les nobles et les riches c'était un point d'honneur d'appeler tout dans la maison, même le « pot de chambre », d'un terme français. En Allemagne on poussa les choses assez loin pour faire passer de mode de bons mots indigènes ; on les croyait grossiers et on considérait comme plus convenables et plus nobles les noms français ; les ustensiles de ménage devinrent des « môbel » (meubles) et la « Sanfte » même une « chaise à porteurs » (porte-chaise)'.

Suivant I, le prestige des dénominations françaises était tel que dans certains pavs où l'importation des marchandises étrangères et par conséquent celle des « galanteries » est interdite, on ne manque pas de se servir de la qualification magique à la française pour trouver preneur à ses marchandises ^

Ajoutons qu'on a observé que d'autres techniques françaises qui, , elles aussi, ont passé à l'étranger, particulièrement celles qui concernent les choses de guerre, d'artillerie, ont entraîné leur vocabulaire avec elle ^.

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